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Séries Quand le tourisme profite de «Game of Thrones»

L'Irlande du Nord attire de plus en plus de touristes qui désirent voir où a été tournée la série. L'île abrite notamment les lieux fictifs de Winterfell ou Castle Black.

Les participants peuvent apprendre le lancer de hache.

Les participants peuvent apprendre le lancer de hache. Image: AFP

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Le succès de «Game of Thrones» a fait celui de l'Irlande du Nord, province britannique où la série a largement été tournée, attirant des hordes de touristes du monde entier depuis son lancement en 2011.

Brandissant une épée réplique de la série, Akshay Mannur, un touriste indien, se bat en duel avec des amis, reproduisant des scènes de «Game of Thrones», sur le parcours permettant aux fans de découvrir les lieux du tournage de la saga d'heroic fantasy tirée des romans de George R. R. Martin.

«Chaque pas apporte quelque chose de nouveau, c'est plus que je n'espérais!», s'enthousiasme cet étudiant de 23 ans. «Quel beau pays, l'Irlande du Nord est fantastique!.»

La série, dont la huitième et dernière saison est diffusée depuis le 14 avril dans 186 pays, a attiré 120'000 visiteurs dans la province en 2016, générant 30 millions de livres (35 millions d'euros) de revenus, selon l'office du tourisme. Un touriste sur six se rend en Irlande du Nord pour visiter les lieux de tournage, d'après les estimations de l'office du tourisme.

D'autres sites européens où ont été tournées des scènes de «Game of Thrones», comme la faille de l'Almannagja, un désert de glace et de roche dans le sud de l'Islande, ou d'autres décors naturels en Croatie, en Espagne ou encore à Malte ont également connu ces dernières années un afflux de touristes fans de la série.

Lancer de hache

En Irlande du Nord, le long d'un sentier largement côtier arpenté par les aficionados, une noria de bus se déverse sur les parkings proches de la capitale, Belfast. «La semaine passée, nous avions un bus avec 24 nationalités différentes à bord», souligne le guide Patrick Rogan devant l'entrée des grottes de Cushendun, décor d'une scène cruciale de la série.

«Il y avait des gens de Patagonie, de Nouvelle-Zélande, du Japon, de Russie, de Corée du Sud et de pays européens... ça en dit long», ajoute-t-il. Depuis 2012, son employeur, le tour-opérateur «Stones and Thrones» («Pierres et Trônes»), propose des excursions quotidiennes hors de Belfast avec des accompagnateurs qui ont pour la plupart été figurants dans la série.

Aujourd'hui, ils opèrent au moins deux bus pleins chaque jour, à l'instar d'au moins quatre autres sociétés offrant des services comparables. D'autres offrent des parcours plus immersifs incluant du lancer de hache, du tir à l'arc et des photos avec deux loups qui ont joué dans la série.

«Sombre histoire»

«Game of Thrones» est ainsi devenu pour l'Irlande du Nord ce qu'a été le «Seigneur des Anneaux» pour la Nouvelle-Zélande.

Cette manne est particulièrement bienvenue pour cette province meurtrie par trente années d'un conflit sanglant entre protestants partisans de l'union avec la Grande-Bretagne et catholiques républicains, qui a fait quelque 3'500 morts.

«Ça aide à sortir du côté sombre de notre histoire», estime l'acteur irlandais Liam Cunningham, qui joue Sir Davos. «Avoir cette série et faire partie de cette transition, c'est réjouissant», souligne-t-il.

Il s'exprimait au lancement d'une exposition itinérante de costumes et décors à Belfast alors que sortait la dernière saison. Crânes de dragons, armes ciselées et photos des principaux lieux de tournage avec expérience interactive sont les clous de l'exposition.

La légende d'une des photos proclame: «Paysage pour lequel on meurt dans des conditions atroces» ou encore: «Soleil, mer et sauvagerie», en allusion à la propension de la série à tuer ses personnages principaux.

L'office du tourisme fait de son mieux pour lier son sort à celui de la série. «Notre association avec un succès mondial contribue à changer l'image de l'Irlande du Nord dans le monde», veut croire John McGrillen, responsable de l'office. «C'est une publicité que nous n'aurions pas pu nous payer!».

Mais la dernière saison pourrait aussi signifier la fin de l'engouement. Pour y parer, la province a déjà prévu plusieurs projets dérivés pour l'année prochaine, avec visite de studios, et espère ainsi continuer à engranger des revenus. «Nous croyons à la longévité», lance John McGrillen. (afp/nxp)

Créé: 20.04.2019, 07h59

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