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Corée du Sud Trois soeurs demandent l'exécution de leur père

La mère a été poignardée par son ex-époux. Ses filles ont lancé une pétition demandant l'exécution de leur père, auteur d'actes de violence depuis des années.

Les condamnations à mort en Corée du Sud se font par pendaison. Mais le pays n'a plus appliqué cette peine depuis 1997.

Les condamnations à mort en Corée du Sud se font par pendaison. Mais le pays n'a plus appliqué cette peine depuis 1997. Image: DR

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Près de 150'000 Sud-Coréens ont signé une pétition lancée par trois soeurs demandant l'exécution de leur père. Il avait tué leur mère. L'affaire alimente le débat sur la répression des violences conjugales dans le pays.

Après avoir subi pendant des années les violences de son ex-époux, leur mère est morte poignardée la semaine dernière dans le parking de sa résidence. «Notre père est un odieux criminel qui doit à tout jamais être isolé de la société», affirment les trois filles dans une pétition envoyée sur le site de la présidence sud-coréenne. «Nous demandons qu'il soit condamné à mort pour empêcher qu'il y ait d'autres victimes.»

Peine de mort pas appliquée

La peine de mort est toujours prévue par la loi, mais elle n'a plus été appliquée en Corée du Sud depuis 1997. Ce meurtre a de nouveau mis en lumière le laxisme de la justice sud-coréenne vis-à-vis des violences conjugales. Les auteurs de violences s'en tirent souvent avec des ordonnances restrictives ou une obligation de consulter un psychologue.

A en croire la Commission des Nations unies pour l'élimination de la discrimination contre les femmes, près de la moitié des plaintes pour violences conjugales déposées en 2015 ont été classées.

Les organisations de défense des droits expliquent que les lois actuelles visent davantage à assurer la protection de la structure familiale qu'à punir les auteurs de violence. Cela ne règle en rien le problème.

«Les auteurs doivent être punis, et non conseillés», a estimé lundi Kim Myung-jin, membre d'une association, lors d'une manifestation à Séoul. «L'obligation de consulter ne peut être la punition.»

Vivre dans la peur

Le père des trois filles, qui a été identifié sous le nom de «Kim», a été arrêté. Certains médias rapportent qu'il aurait reconnu le meurtre, en citant son avocat selon lequel le père, désormais, «regretterait» son geste. Mais ses filles affirment que leur mère a subi pendant 20 ans les violences de leur père et ses menaces de mort.

«Même après leur divorce, notre père venait à la maison avec un couteau», a déclaré une des filles au journal Chosun Ilbo. «A chaque fois que cela se produisait, nous devions partir.»

Leur mère a vécu traquée, se cachant dans des foyers pour femmes ou à la campagne pendant des mois. Mais, chaque fois, leur père parvenait à la retrouver et la battait, selon les filles.

«Un jour, mon père a suivi ma soeur et a pu découvrir où nous vivions», a raconté une fille. «Il avait un couteau, du scotch et des cordes et a menacé de nous tuer.» «Nous avons toujours vécu dans la peur. Nous avons déménagé six fois en quatre ans.» (ats/nxp)

Créé: 29.10.2018, 11h32

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