Lundi 20 janvier 2020 | Dernière mise à jour 04:34

Cameroun Trois villageois décapités par Boko Haram

Le groupe djihadiste avait kidnappé plusieurs civils du village de Tolkomari, proche de la frontière avec le Nigeria. Ils ont été retrouvés décapités.

Des soldats nigériens traquent les membres de Boko Haram.

Des soldats nigériens traquent les membres de Boko Haram. Image: AFP

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Les corps de trois villageois kidnappés avec une femme vendredi dans l'extrême-nord du Cameroun par le groupe djihadiste nigérian Boko Haram ont été retrouvés décapités, ont indiqué dimanche des responsables de l'administration locale.

Les victimes étaient des habitants du village de Tolkomari, situé dans l'arrondissement de Kolofata, à environ 10 km de la frontière avec le Nigeria et son Etat de Borno, le fief historique de Boko Haram.

Les membres de Boko Haram multiplient les attaques meurtrières et enlèvements dans cette région située aux confins de quatre pays -Nigeria, Niger, Cameroun et Tchad- où ils sont très actifs.

«Les dépouilles de trois hommes, décapités, appartenant à un groupe de personnes kidnappées vendredi à Tolkomari, ont été retrouvées samedi dans la brousse, aux environs de ce village», a déclaré dimanche un haut responsable camerounais de l'administration locale, qui a requis l'anonymat et attribue ces meurtres au groupe djihadiste nigérian.

Découverte macabre

C'est au cours d'une battue organisée par la Force Multinationale Mixte (FMM) de lutte contre Boko Haram, une force composée de militaires du Bénin, du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, que les victimes ont été retrouvées selon lui.

«La FMM a été aidée dans ses recherches par des villageois qui font face aux attaques régulières de Boko Haram et connaissent mieux les lieux» où le groupe opère, a assuré un autre responsable local, confirmant la découverte macabre. La villageoise enlevée vendredi en même temps que les trois hommes est toujours recherchée.

Le village, comme cette partie de l'extrême-nord camerounais, est peuplé à 90% de musulmans, de l'ethnie Bornoua comme leurs voisins immédiats du Borno au Nigeria, selon les responsables locaux.

Des milliers d'attaques

Dans cette région, Boko Haram se livre souvent à des enlèvements contre rançon dans les quatre pays de ces régions frontalières entre Nigeria, Niger, Cameroun et au Tchad, ou bien pour enrôler des jeunes.

Mercredi soir, 17 jeunes camerounais, garçons et filles de 11 à 20 ans, ont été kidnappés par Boko Haram à une soixantaine de km au sud de là, à Mbreche, près de Maroua, le chef-lieu de la région camerounaise de l'Extrême-Nord. L'armée camerounaise s'est lancée, depuis, dans des recherches restées vaines à ce jour. Depuis 2014, le Cameroun a dénombré près de 13'000 attaques de Boko Haram sur son territoire qui ont fait «plusieurs milliers» de morts, selon Yaoundé. Ces violences ont forcé plus de 250'000 personnes à fuir leur domicile, et provoqué un afflux de 60'000 réfugiés nigérians. jbk-gir/sba (afp/nxp)

Créé: 08.12.2019, 16h01

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