Lundi 14 octobre 2019 | Dernière mise à jour 00:12

Etats-Unis Trump envisage une courte guerre avec l'Iran

Le président américain a avoué qu'il considérait un court conflit avec l'Iran si aucun accord n'est trouvé.

Le président américain a assuré ne pas espérer un tel conflit.

Le président américain a assuré ne pas espérer un tel conflit. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Donald Trump a évoqué mercredi la possibilité d'une guerre contre Téhéran «qui ne durerait pas très longtemps». Il a pris le contre-pied de son homologue iranien, qui semblait jouer l'apaisement.

Le président américain a assuré ne pas espérer un tel conflit. Ces déclarations sonnent toutefois comme un nouvel avertissement à l'Iran.

«Nous sommes dans une position très forte, et ça ne durerait pas très longtemps, je peux vous le dire. (...) Et je ne parle pas de troupes au sol», a déclaré M. Trump sur la chaîne Fox Business Network.

Un peu plus tard, il a estimé que les dirigeants iraniens seraient «stupides» et «égoïstes» de ne pas chercher un accord pour se délester des sanctions américaines. «L'Iran peut faire ce qu'il veut, cela m'est égal, j'ai tout le temps qu'il faut. Mais leur pays est en détresse économique (...) Leurs dirigeants devraient prendre soin de la population», a-t-il lancé.

«Mauvais chemin»

Le président iranien Hassan Rohani a assuré au téléphone à son homologue français Emmanuel Macron que son pays ne cherchait «la guerre avec aucun pays», pas même les Etats-Unis, selon l'agence officielle Irna. M. Rohani a évoqué en Conseil des ministres l'accord sur le nucléaire iranien, conclu avec six grandes puissances en 2015 à Vienne et menacé depuis que les Etats-Unis en sont sortis unilatéralement en mai 2018.

«Je le dis aux Américains: vous avez choisi le mauvais chemin. Je le dis aux Européens: vous faites fausse route avec votre inaction», a-t-il déclaré, «et je leur dis (à tous) de revenir à leur serment et à leurs engagements».

Les membres européens du Conseil de sécurité de l'ONU ont publié mercredi une déclaration commune critiquant le comportement des Etats-Unis mais aussi de l'Iran concernant l'accord de 2015.

Campagne de «pression maximale»

Selon Irna, M. Rohani a aussi prévenu M. Macron que son pays pourrait s'affranchir encore davantage des engagements pris à Vienne si les Européens ne s'acquittaient pas de leurs «promesses (...) visant à garantir les intérêts économiques de l'Iran».

En d'autres termes, l'Iran recommencerait à enrichir de l'uranium à un degré prohibé par l'accord de Vienne (la limite est fixée à 3,67%) et relancerait son projet de construction d'un réacteur à eau lourde à Arak (centre), mis en sommeil.

Par cet accord, l'Iran s'est engagé à ne jamais chercher à se doter de l'arme atomique et à limiter fortement son programme nucléaire en échange d'une levée de sanctions internationales asphyxiant son économie.

Mais Donald Trump, qui accuse Téhéran de chercher à obtenir l'arme atomique et d'être responsable de tous les maux du Moyen-Orient, a engagé son pays dans une campagne de «pression maximale» sur l'Iran. Il a notamment réimposé depuis août 2018 des sanctions extraterritoriales.

Ultimatum

En réaction, Téhéran a annoncé le 8 mai qu'il cessait de se sentir tenu par les limites fixées en 2015 concernant ses réserves d'uranium enrichi et d'eau lourde. Téhéran a également donné aux autres Etats du pacte (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) jusqu'au 7 juillet pour l'aider à contourner les sanctions américaines, faute de quoi l'Iran passerait à la deuxième phase de son «plan de réduction» de ses engagements.

Téhéran a déjà indiqué que ses réserves d'uranium (faiblement) enrichi devraient dépasser la limite des 300 kg jeudi. Cela risque d'amener l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à constater, pour la première fois depuis l'entrée en vigueur de l'accord, un manquement de l'Iran à ses engagements.

Extrême tension

Ces incertitudes sur l'avenir de cet accord interviennent dans un contexte d'extrême tension entre Téhéran et Washington. L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir «fermé de façon permanente la voie de la diplomatie», au lendemain de l'annonce de nouvelles sanctions américaines.

Ces sanctions, d'une portée essentiellement symbolique, visent le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs généraux des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne.

Ces nouvelles sanctions ont été dénoncées par Moscou comme étant «déstabilisatrices». Le président Vladimir Poutine s'entretiendra avec M. Trump de la guerre en Syrie et des tensions autour de l'Iran en marge du sommet du G20 qui s'ouvre vendredi au Japon. (ats/nxp)

Créé: 26.06.2019, 21h46

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.