Lundi 18 novembre 2019 | Dernière mise à jour 06:27

Procédure de destitution Trump évoque un «lynchage»: tollé à Washington

Le président américain a suscité de vives critiques mardi pour avoir désigné l'enquête des démocrates en des termes qui renvoient à l'esclavage et la ségrégation raciale.

«Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici: un lynchage», a tweeté Donald Trump.

«Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici: un lynchage», a tweeté Donald Trump. Image: AFP

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Furieux et visiblement inquiet, Donald Trump a comparé mardi la procédure de destitution le visant à un «lynchage», mot lourd de sens aux Etats-Unis, au moment même où l'enquête du Congrès pourrait progresser de manière significative avec l'audition d'un témoin-clé.

Evocation de l'esclavage

Le président américain avait parlé de «chasse aux sorcières» et de «harcèlement», mais l'utilisation de ce terme, qui renvoie à l'histoire de l'esclavage et à la ségrégation raciale, est une première depuis son arrivée à la Maison Blanche.

«Un jour, si un démocrate devient président et que les républicains remportent la Chambre des représentants, même avec une toute petite marge, ils peuvent lancer une procédure de mise en accusation du président, même sans respect des procédures, sans équité ou sans droits», a tweeté le milliardaire républicain.

«Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici: un lynchage». Le tweet matinal a suscité de très vives réactions dans la capitale fédérale américaine pourtant habituée aux déclarations volontairement provocatrices de l'ancien homme d'affaires de New York.

«Jamais rien vu de tel»

«C'est un mot qu'aucun président ne devrait utiliser pour lui-même», a réagi le démocrate James Clyburn sur CNN. «Je viens du Sud. Je connais l'histoire de ce mot. C'est un mot qu'il faut utiliser avec beaucoup, beaucoup de prudence», a ajouté l'élu Afro-Américain.

«J'ai étudié avec attention l'histoire présidentielle, nous n'avons jamais rien vu de tel», a-t-il encore dit, soulignant que les trois autres présidents américains ayant été visés par une procédure de mise en accusation - Andrew Johnson, Richard Nixon et Bill Clinton - n'avaient jamais fait de telles références.

«Un choix fâcheux de mots»

Même le chef de la majorité républicaine au Sénat américain a estimé mardi, dans une rare critique publique, que Donald Trump n'aurait pas dû utiliser le mot «lynchage», lourd de sens aux Etats-Unis, pour décrire la procédure de destitution qui le menace.

«Compte tenu de l'histoire de notre pays, je ne le comparerais pas à un lynchage, c'était un choix fâcheux de mots», a déclaré Mitch McConnell à des journalistes.

L'influent élu républicain a toutefois qualifié «d'extrêmement injuste» l'enquête ouverte par les démocrates au Congrès en vue de destituer Donald Trump: «Je pense que le président peut légitimement se plaindre de cette procédure».

Poursuite de l'enquête

En dépit de la décision de l'exécutif américain de ne pas répondre à leurs demandes, les élus démocrates de la Chambre des représentants poursuivent de leur côté leurs investigations.

Mardi, c'est Bill Taylor, chargé d'affaires américain en Ukraine, qui devait témoigner à huis clos.

Il pourrait apporter de nouveaux éléments sur la question centrale de la procédure en cours: Donald Trump a-t-il utilisé l'arme diplomatique à des fins politiques ? A-t-il fait directement pression, chantage économique à l'appui, sur son homologue ukrainien pour tenter de nuire à son rival démocrate Joe Biden ?

(afp/nxp)

Créé: 22.10.2019, 21h40

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