Samedi 25 janvier 2020 | Dernière mise à jour 13:09

Etats-Unis Trump prend des mesures de rétorsions massives

Le président américain compte frapper de fortes taxes les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis.

Donald Trump a évoqué des tarifs douaniers de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium.

Donald Trump a évoqué des tarifs douaniers de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Donald Trump a annoncé jeudi qu'il allait frapper de fortes taxes les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, au risque de provoquer une guerre commerciale avec ses principaux partenaires commerciaux dont la Chine. «Je les promulguerai la semaine prochaine», a affirmé le président américain lors d'une rencontre à la Maison-Blanche avec des producteurs d'acier et d'aluminium américains. «Et elles seront appliquées pour longtemps», a-t-il souligné.

Le président américain a évoqué des tarifs douaniers de 25% pour l'acier et de 10% pour l'aluminium sans toutefois spécifier quels pays ils viseront. «Vous devrez reconstruire vos industries», a-t-il indiqué à l'intention des industriels qu'il recevait, ajoutant que les importations à bas prix aux Etats-Unis «détruisent nos entreprises et nos emplois».

Ces déclarations interviennent alors que Liu He, conseiller économique du président chinois, est en visite à Washington. Il devait rencontrer des responsables de la Maison-Blanche, mais pas Donald Trump, ont indiqué des responsables américains.

Donald Trump a en principe jusqu'au 11 avril dans le cas de l'acier et jusqu'au 19 avril dans celui de l'aluminium pour se prononcer sur des mesures visant les importations aux Etats-Unis qu'il accuse d'être subventionnées et écoulées à des prix inférieurs à leurs coûts de production (dumping).

Le Washington Post faisait état jeudi d'intenses et difficiles discussions avec ses conseillers «sur la nature et la forme» de ces sanctions. «L'administration Trump a convoqué à la dernière minute les responsables du secteur de l'acier et de l'aluminium pour une réunion à la Maison Blanche jeudi, leur disant qu'une annonce pourrait être faite sur les mesures destinées à réduire les importations d'acier et d'aluminium au nom de la protection de la sécurité nationale», avait indiqué plus tôt le WSJ, citant des sources proches du dossier.

Donald Trump n'en aura finalement que dévoilé les grandes lignes dans de brèves déclarations.

Trois scénarios

Son administration avait dévoilé mi-février trois scénarios pour taxer les importations d'aluminium et d'acier, mettant en avant la nécessité de préserver la sécurité nationale et les emplois aux Etats-Unis.

La première option consisterait à taxer l'ensemble des importations de ces deux secteurs jugés stratégiques, la deuxième propose une taxation encore plus lourde envers certains pays et la troisième verrait la mise en place de quotas, avait expliqué le ministre du Commerce Wilbur Ross.

Dans le détail, une taxe d'au moins 24% est envisagée sur toutes les importations d'acier quel que soit le pays d'origine; ou une taxe d'au moins 53% sur celles provenant de douze pays dont la Chine, la Russie, le Brésil, la Corée du Sud et la Turquie; ou un quota équivalent à 63% des importations provenant de chaque pays sur la base des quantités de 2017.

Les propositions pour l'aluminium sont similaires avec une taxation générale d'au moins 7,7%, ou d'au moins 23,6% sur celles provenant de Chine, Hong-Kong, Russie, Venezuela et Vietnam. L'option du quota serait de 86,7% des importations sur la base de celles de 2017.

Chine et UE prêts à riposter

Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs d'acier au monde. Leurs importations sont près de quatre fois supérieures à leurs exportations, a déploré Wilbur Ross, accusant aussi la Chine de produire «chaque mois en moyenne la quasi-totalité des besoins annuels des Etats-Unis».

Toute décision, en particulier à l'encontre de la Chine, pourrait être perçue comme une déclaration de guerre commerciale. La Chine, deuxième partenaire commercial des Etats-Unis, a maintes fois prévenu qu'elle ne resterait pas les bras croisés. Ce pays est loin d'être le principal fournisseur d'acier des Etats-Unis, comptant pour moins de 2% des importations totales. Celles-ci proviennent principalement du Canada (16%), du Brésil (13%) et de la Corée du Sud (10%).

De leur côté, les 28 pays de l'Union européenne (UE) sont prêts à riposter si les Etats-Unis décidaient de les frapper par des mesures commerciales restrictives. «Si le président américain Donald Trump frappe dur, nous allons prendre des contre-mesures», a prévenu mardi la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström.

Enfin, Paris comme Berlin ont retoqué l'argument avancé par les Américains de défense de leur sécurité nationale, l'industrie de défense américaine utilisant des «proportions marginales d'acier et d'aluminium» importés.

(ats/nxp)

Créé: 01.03.2018, 20h35

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.