Mercredi 27 mai 2020 | Dernière mise à jour 09:48

Massacre en Crimée Le tueur était victime d'«humiliations»

L'ex-petite amie de l'auteur de la tuerie au lycée polytechnique de Kertch a expliqué qu'il avait agi par «vengeance».

La faute à la «mondialisation»

Le président russe Vladimir Poutine a mis en cause jeudi la «mondialisation», selon lui responsable de la tuerie dans un lycée en Crimée, où un élève a tué 20 personnes avant de se donner la mort.

«C'est le résultat de la mondialisation. Sur les réseaux sociaux, sur internet. Nous voyons qu'il y a toute une communauté qui a été créée. Tout a commencé avec les événements tragiques dans les écoles aux Etats-Unis», a-t-il déclaré.

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L'auteur de la tuerie qui a fait 20 morts dans un lycée de Crimée souhaitait se venger d'élèves qui l'humiliaient et «ne voulait plus vivre», selon son ex-petite amie, citée jeudi par la chaîne de télévision russe RT.

Son ex-petite amie, interrogée par la chaîne de télévision RT, a expliqué sous couvert d'anonymat que le jeune homme racontait «ne plus faire confiance aux gens depuis que des personnes dans sa classe avaient commencé à l'humilier parce qu'il n'était pas comme les autres».

«Vladislav me disait tout le temps qu'il se disputait souvent avec son entourage», a-t-elle dit, affirmant qu'il «ne voulait plus vivre» et entendait se venger des humiliations subies.

«Lorsque nous étions ensemble, tout allait bien. Il était gentil et sensible. Il m'aidait lorsque ça n'allait pas», a ajouté la jeune fille. Selon elle, Vladislav Rosliakov était passionné de tir et «aimait différent type d'armes».

«Passion pour les armes»

Selon le quotidien Kommersant, le jeune homme a «grandi dans une famille assez pauvre» : son père, handicapé, ne vivait pas avec sa mère, qui travaille dans une clinique médicale et est membre des Témoins de Jéhovah, une organisation considérée comme «extrémiste» et interdite en Russie.

Plusieurs médias ont fait le rapprochement avec la tuerie dans un lycée aux Etats-Unis qui avait fait 13 morts en 1999, tandis que des photos présumées du tueur de Kertch diffusées mercredi sur internet le montrent portant une tenue similaire à celle d'Eric Harris, l'un des deux auteurs du massacre de Columbine.

Selon les enquêteurs, le tueur, qui était armé d'un fusil et avait apporté avec lui deux bombes artisanales, fabriquait chez lui des engins explosifs et s'en vantait auprès de son entourage.

«Dès l'enfance, il avait une passion pour les armes et le tir. Il y a même eu un incident une fois quand il m'a tiré dans le pied», a raconté à RT l'une de ses voisines. Le mobile de cette tuerie est pour le moment inconnu. Selon le dirigeant de la Crimée, Sergueï Aksionov, l'assaillant, qui recevait une bourse pour ses études, n'avait jamais fait preuve d'agressivité dans son établissement scolaire.

Le corps du jeune homme a été découvert dans la bibliothèque du lycée, où il s'est donné la mort, ont annoncé les autorités. Il avait obtenu légalement un permis de port d'arme en passant avec succès tous les tests psychologiques, d'après une source des services de sécurité citée par l'agence de presse RIA Novosti.

«Tendance dangereuse»

Selon M. Aksionov, le tueur pourrait «ne pas avoir agi seul». «Un tel événement préparé à l'avance, à mon avis et de l'avis de mes collègues, ne pouvait être réalisé en solitaire», a-t-il déclaré.

Le dernier bilan du massacre diffusé par les autorités fait état de 20 morts, dont neuf mineurs, et d'une quarantaine de blessés, en majorité des élèves de ce lycée de Kertch, qui accueille des adolescents suivant des cursus techniques.

Des soldats de la Garde nationale ont été déployés dans tous les établissements scolaires de la péninsule, annexée par la Russie en 2014, où un deuil de trois jours a été décrété.

Alors que certaines voix se sont élevées en Russie pour appeler à durcir la législation sur le port d'arme, le porte-parole du Kremlin a souligné que des «décisions impulsives» étaient à éviter, disant vouloir privilégier «une approche sérieuse et systémique» du problème des tueries dans les écoles.

«C'est une tendance très dangereuse qui demande une analyse profonde. Il faudra prendre des mesures pour minimiser ou exclure totalement de tels risques à l'avenir», a poursuivi Dmitri Peskov.

«Personne ne peut garantir que cela ne se reproduira plus», relève pour sa part le journal Izvestia, relevant qu'«il n'existe toujours pas en Russie de service de psychologie de qualité en milieu scolaire, ni de système de centres d'aide aux familles en cas de crise ou d'organisme fédéral chargé de la sécurité des établissements scolaires. (afp/nxp)

Créé: 18.10.2018, 15h00

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