Mardi 2 juin 2020 | Dernière mise à jour 23:59

Brexit Pour l'UE, Londres doit être «créatif»

Alors que les négociations sur le Brexit sont dans une «impasse», l'UE a mis la pression sur Londres et Theresa May.

Un Brexit désordonné pourrait avoir un impact négatif sur l'économie américaine

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell s'est inquiété mardi d'un «Brexit désordonné» qui pourrait avoir un impact négatif sur l'économie américaine. Le patron de la Fed a averti que si les banques américaines avaient «peu d'exposition» auprès des banques britanniques au regard de leurs fonds propres, leur exposition dans les banques européennes était «plus significative». Cela suggère qu'«en cas de ralentissement de l'économie européenne», à la suite du Brexit, «les banques (américaines) pourraient être affectées indirectement», a prévenu M. Powell.

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L'Union européenne a réclamé mardi des «propositions concrètes» et «créatives» à Londres. Les négociations sur le Brexit sont dans une «impasse», à la veille d'un sommet entre les dirigeants européens et à moins de six mois du divorce.

«La Première ministre (britannique Theresa May) est impatiente d'avoir une discussion en face à face avec (Donald Tusk) à Bruxelles demain», a déclaré son porte-parole en réponse aux déclarations du responsable polonais. Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, la situation n'incite pas à l'optimisme, malgré «la détermination» observée dans les deux camps.

«Pour qu'une percée ait lieu, en plus de la bonne volonté, il faut des faits nouveaux. Demain, je vais demander à la Première ministre Theresa May si elle a des propositions concrètes pour pouvoir sortir de l'impasse», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

«Une nouvelle méthode de penser»

Theresa May devra se montrer «créative», a souhaité M. Tusk. Elle est attendue avant le dîner des 27 mercredi soir, pour une courte intervention, avant que ses collègues ne se retrouvent entre eux.

«Nous avons besoin de quelque chose de frais», «une nouvelle méthode de penser», a asséné Donald Tusk. Une solution qui protègera les «valeurs» de l'UE et le marché unique d'un côté, et «le Royaume-Uni et sa souveraineté» de l'autre.

Mme May aura l'opportunité, face aux 27, d'affirmer l'engagement britannique pour arriver à un accord «aussi rapidement que possible», selon le porte-parole de Downing Street.

«Nous pouvons y arriver»

Dimanche, malgré une visite surprise du ministre du Brexit Dominic Raab à Bruxelles, les discussions se sont heurtées à un mur. Principal écueil: la question d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, dont les deux camps veulent éviter le retour pour sauvegarder les Accords de paix de 1998.

A Londres, la réunion mardi du conseil des ministres britannique, annoncée comme explosive par les médias qui pronostiquaient des démissions, s'est achevée sans drame. Face aux divisions sur le Brexit, la Première ministre Theresa May, a de nouveau appelé son équipe à faire bloc, a déclaré son porte-parole.

«Je suis convaincue qu'en tant que gouvernement, si nous sommes solidaires et fermes, nous pouvons y arriver», a-t-elle déclaré, selon cette même source. A Bruxelles, l'espoir d'un dénouement lors du sommet, initialement présenté comme un «moment de vérité» à moins de six mois de la sortie du Royaume-Uni prévue le 29 mars 2019, s'est évanoui.

«Il faut plus de temps»

Dans son invitation aux chefs d'Etat et de gouvernement publiée lundi soir, Donald Tusk estimait le scénario d'une absence d'accord «plus probable que jamais». Il appelait à accélérer les préparatifs pour faire face à cette éventualité, tout en exhortant à ne pas se laisser distraire dans les efforts pour obtenir un accord.

«Il faut plus de temps pour trouver un accord global (...) Nous allons prendre ce temps calmement, sérieusement, pour trouver cet accord global dans les prochaines semaines», a expliqué le négociateur en chef européen Michel Barnier.

Pour résoudre la question irlandaise, le Royaume-Uni propose de rester aligné sur les règles douanières de l'Union jusqu'à la signature d'un accord de libre-échange plus large, afin d'éviter le contrôle de marchandises aux frontières. Mais le parti conservateur de Theresa May exige que cet arrangement soit limité dans le temps, ce que l'UE ne peut accepter sans qu'il soit accompagné d'une solution permanente.

Michel Barnier s'est par ailleurs dit ouvert à une prolongation d'un an de la période de transition qui débutera à compter du Brexit, le 29 mars prochain, rapporte le Financial Times, citant des diplomates européens. En contre-partie, Londres accepterait une solution à deux vitesses pour régler la question irlandaise et éviter le rétablissement d'une frontière «dure» à travers l'île d'Irlande.

«Pause» dans les négociations

La tenue d'un sommet extraordinaire en novembre, plusieurs fois évoquée, n'est pas confirmée à ce stade, selon un haut responsable européen. «Nous n'allons pas avoir un sommet pour le plaisir. Si nous avons un sommet en novembre, ce sera pour conclure un accord de retrait, qui inclut un filet de sécurité sur l'Irlande», a affirmé le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Pour un diplomate européen s'exprimant sous couvert d'anonymat, le début de la semaine marquait davantage «une pause» dans les négociations qu'une vraie rupture. La France a réclamé d'urgence la reprise des discussions entre Londres et l'UE «dès le lendemain du sommet». (ats/nxp)

Créé: 16.10.2018, 23h50

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