Mercredi 19 février 2020 | Dernière mise à jour 17:38

Brexit L'UE ne négociera pas à n'importe quel prix

Bruxelles a bien accueilli la victoire de Boris Johnson au Royaume-Uni mais prévient déjà qu'elle n'acceptera pas une «concurrence» déloyale à ses portes.

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L'UE est prête à négocier dès le lendemain du Brexit un accord sur sa future relation avec le Royaume-Uni, qu'elle met en garde contre toute «concurrence» déloyale, après la victoire écrasante de Boris Johnson aux élections.

«Il n'est pas question de conclure les négociations quel qu'en soit le prix. On peut conclure une négociation quand on considère que les résultats sont équilibrés», a insisté le président du Conseil européen, Charles Michel, à l'issue d'un sommet de deux jours à Bruxelles.

La large victoire de Boris Johnson aux législatives britanniques a été accueillie comme un soulagement par les Européens, car il signifie que le Brexit aura (très probablement) bien lieu le 31 janvier.

Mais le temps presse déjà pour Londres et Bruxelles, qui n'ont, selon les dispositions qu'ils ont négociées, que quelques mois, d'ici à la fin de 2020, pour parvenir à cet accord à l'importance pourtant considérable, tant leur proximité économique est grande.

Équilibre des droits et obligations

Le délai de négociation est «très ambitieux», a concédé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. «Onze mois» entre le 1er février et le 31 décembre 2020, «c'est très court», a-t-elle insisté.

«Il y aura un concurrent à notre porte» après le Brexit, a averti la chancelière allemande Angela Merkel, ce qui peut selon elle «inciter» les Européens «à être plus rapides dans [leurs] décisions». Le Royaume-Uni ne doit pas devenir «un concurrent déloyal», a surenchéri le président français Emmanuel Macron.

Dans les négociations, les Européens veilleront donc tout particulièrement à ce que la future relation garantisse des règles du jeu équitables («level playing field») entre les deux parties.

C'est précisément ce qu'ont rappelé les 27 dirigeants de l'UE vendredi dans leurs conclusions sur le Brexit: cette relation, qui sera négociée par l'actuel négociateur de la Commission européenne sur le Brexit, Michel Barnier, devra être «fondée sur un équilibre des droits et obligations».

Ils réaffirment aussi leur soutien à un «retrait ordonné» du Royaume-Uni, «sur la base de l'accord» signé par Boris Johnson lors du précédent sommet, en octobre.

Crispations

M. Johnson s'est imposé vendredi comme l'homme fort du Royaume-Uni après son triomphe aux législatives, ce qui devrait lui permettre d'honorer sa promesse de sortir son pays de l'UE le 31 janvier.

Les résultats publiés jusqu'à vendredi matin ont confirmé la tendance donnée par les premières estimations: une majorité écrasante pour les conservateurs, qui n'avaient plus exercé un tel contrôle sur le parlement britannique depuis Margaret Thatcher (première ministre de 1979 à 1990).

Après des mois d'atermoiement sur le Brexit, depuis le référendum britannique de juin 2016, «le temps de la clarté est venu», s'est réjoui Emmanuel Macron. «Je souhaite que l'accord sur le Brexit soit ratifié au plus vite» par le parlement britannique, a-t-il ajouté.

Le traité sur le retrait du Royaume-Uni négocié avec l'UE prévoit une période de transition jusqu'au 31 décembre 2020, pendant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier.

C'est durant cette période que les négociations devront être menées. Mais la plupart des experts doutent que ce délai soit suffisant: il faut en général plusieurs années pour négocier un accord commercial bilatéral.

Le gouvernement britannique a jusqu'au 1er juillet pour demander une extension de cette période de transition. À cette date, il ne pourra présenter qu'une demande unique: un ou deux ans supplémentaires.

Boris Johnson a cependant affirmé qu'il ne comptait pas user de cette possibilité, ce qui laisse planer une incertitude sur la capacité des deux parties à s'entendre sur leur future relation.

Le risque est d'autant plus grand qu'outre les échanges commerciaux, d'autres domaines devraient crisper les discussions, comme la pêche, qui préoccupe par exemple le Danemark, la France et l'Espagne.

«Nous devrons avoir des priorités» dans la négociation, a prévenu Mme von der Leyen, dont les services préparent déjà un «mandat de négociation», qui devra être prêt le 1er février prochain. (afp/nxp)

Créé: 13.12.2019, 15h56

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