Mardi 19 novembre 2019 | Dernière mise à jour 00:36

Kaboul Un petit Afghan fête sa prothèse en dansant

Un petit garçon de 5 ans, que l'on voit danser pour fêter sa prothèse, a ému l'Afghanistan et la Toile. La vidéo mise sur Twitter, a été vue plus de 500'000 fois en 24 heures.

Ahmad Sayed Rahman est si heureux d'avoir une prothèse, qu'il danse.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le petit garçon, sourire jusqu'aux oreilles, lève les bras en l'air et virevolte au son de la musique sous les applaudissements: une vidéo le montrant fêter la prothèse remplaçant sa jambe droite dans un centre médical de Kaboul émeut l'Afghanistan et au-delà.

Mis en ligne lundi sur Twitter, ce film d'une vingtaine de secondes avait été vu plus de 500.000 fois en 24 heures.

On y voit Ahmad Sayed Rahman, âgé de cinq ans, danser, très à l'aise et l'air épanoui, dans un centre orthopédique de la Croix-Rouge de la capitale afghane, sous les encouragements ravis du personnel médical et d'autres patients.

«Il est toujours en train de danser et de montrer son bonheur d'avoir une prothèse pour sa jambe», amputée juste sous le genou, souligne la mère de l'enfant, Rayeesa, rencontrée mardi par l'AFP au même centre médical.

«Je suis très heureuse pour lui qu'il ait reçu cette jambe artificielle et qu'à présent il puisse être autonome», ajoute-t-elle alors que l'enfant se trémousse en cadence au son d'une mélodie locale s'élevant d'un téléphone portable.

Ahmad est un «patient de longue date», explique sa physiothérapeute, Semeen Sarwari, qui travaille depuis 18 ans dans ce centre fréquenté par de nombreux amputés de guerre. «Il est venu changer (de prothèse) parce qu'il a grandi».

Celle qu'il vient de recevoir est sa quatrième.

«Parce que c'est un enfant et qu'il veut jouer, il veut avoir une jambe et s'adapte donc plus vite» que les amputés adultes, sourit-elle. «Il ne veut pas juste rester assis à l'intérieur».

Enthousiasme contagieux

Ahmad et ses parents, des ouvriers agricoles, sont originaires de la province de Logar, au sud de Kaboul, où les combats entre forces gouvernementales et insurgés talibans sont fréquents.

«Ma fille était dehors avec lui alors qu'il n'avait que huit mois et ils ont été atteints par des balles» dans des échanges de tirs entre belligérants, raconte la mère.

Les deux enfants sont restés handicapés. Mais Ahmad, dès sa première prothèse reçue à l'âge d'un an, a appris à danser et s'est montré joyeux et démonstratif, poursuit sa mère. L'enthousiasme du garçonnet est contagieux.

La vidéo a attiré des centaines de commentaires saluant son courage ou offrant de l'aide.

«Ceci est le sourire de la victoire sur toutes les difficultés de la vie», a réagi l'un des internautes. «Extrêmement surpris par le paradoxe entre joie et chagrin dans cette vidéo», souligne un autre.

Durant la seule année 2018, 3804 civils ont été tués, dont plus de 900 enfants, et plus de 7000 blessés en Afghanistan, selon l'ONU. Il s'agit de l'année la plus meurtrière jamais enregistrée pour les civils victimes du conflit afghan.

De tels chiffres sont «choquants», a récemment déclaré le chef de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA), Tadamichi Yamamoto, qui appelle «toutes les parties (à) faire davantage pour protéger les civils».

Des pourparlers de paix sont en cours depuis des mois entre Washington et les talibans mais ils semblent encore loin d'aboutir, ajoutant à l'angoisse des Afghans qui ignorent ce que l'avenir leur réserve.

Mulkara Rahimi, également physiothérapeute au centre de la Croix-Rouge, est l'auteure de la vidéo à succès. En dix ans d'activité professionnelle, elle dit avoir «vu beaucoup de patients» comme Ahmad.

«Mais parce qu'il était si heureux de sa nouvelle prothèse, (je voulais juste) avoir un souvenir de ce bonheur. C'est pour cela que j'ai posté cette vidéo», explique-t-elle. De tels moments constituent une vraie récompense: «J'adore mon métier», sourit-elle.

(afp/nxp)

Créé: 07.05.2019, 18h34

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.