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Montagne Il veut interdire l'accès du Mont-Blanc aux inconscients

Alors que le plus haut sommet d'Europe occidentale a fait deux nouvelles victimes, Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais, pointe du doigt l’État français, complice de par sa passivité, selon lui.

Certains touristes oublient qu’atteindre le sommet à 4810 mètres n’est pas une simple promenade et nécessite la maîtrise des techniques d’assurage ou l’encadrement d’un guide.

Certains touristes oublient qu’atteindre le sommet à 4810 mètres n’est pas une simple promenade et nécessite la maîtrise des techniques d’assurage ou l’encadrement d’un guide. Image: Getty Images

(Image: Gregory Yetchmeniza/Le Dauphine/MaxPPP)

«Il faut empêcher les gens qui n’ont ni le niveau ni l’équipement de mettre en danger leur vie»

Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais

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Mercredi dernier, une ressortissante tchèque de 27 ans est morte après avoir chuté en tentant l’ascension du Mont-Blanc. La veille, un autre Tchèque de 30 ans est également décédé dans le couloir du Goûter. Dans les deux cas, c’est un défaut de maîtrise technique qui leur a coûté la vie, selon la préfecture de Haute-Savoie. Le jeune homme décédé mardi soir avait, par exemple, décidé de continuer de nuit, malgré sa fatigue, une météo défavorable et une méconnaissance de l’itinéraire. Deux nouveaux drames qui portent à quinze le nombre de victimes de la saison sur la voie dite normale qui mène au point culminant de la chaîne des Alpes. Le bilan de l’an dernier affichait, lui, trois morts.

La préfecture souligne qu’aucun décès, en 2017, ne concerne des pratiquants accompagnés de guides de haute montagne – excepté une personne morte suite à un arrêt cardiaque. Face à cette liste de victimes qui s’allonge, Jean-Marc Peillex, maire de la commune de Saint-Gervais, sur laquelle passe l’itinéraire, est furieux. «L’État reste les bras croisés. Il ne fait rien et regarde des gens mal équipés se lancer. C’est comme laisser quelqu’un se jeter sous un train. Il s’agit là de complicité.» Les mots sont forts. À la hauteur de son indignation. Jean-Marc Peillex plaide pour une réglementation de l’accès.

«Aujourd’hui, tout le monde veut faire le Mont-Blanc. Nous sommes passés d’une génération d’alpinistes à une génération de touristes. Il faut empêcher les gens qui n’ont ni le niveau ni l’équipement de mettre en danger leur vie et celle des secouristes.» Il souhaite aussi que les secours «abusifs», aujourd’hui gratuits, soient facturés. Face à ceux qui veulent que la montagne reste un espace de liberté, il répond préservation de la vie d’abord et prend l’exemple d’autres activités qui sont encadrées, comme la plongée et la navigation.

«Suffisamment de réflexion»

Contrairement aux affirmations de Jean-Marc Peillex, la préfecture ne reste pas inactive. Elle réfléchit à alléger le dispositif d’aide à la progression sur l’arête du Goûter, de manière que «les alpinistes expérimentés ou accompagnés d’un guide puissent franchir ce passage en sécurité, mais que les personnes dont le niveau technique n’est pas suffisant ne puissent s’engager seules sur l’itinéraire». La facturation des secours ou l’obligation de recourir à un guide nécessitent une analyse juridique plus poussée, selon elle. «Nous avons suffisamment réfléchi. L’État endort les gens. Il faut agir», lance Jean-Marc Peillex, peu convaincu par les démarches entreprises.

Créé: 09.10.2017, 12h34

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