Mardi 2 juin 2020 | Dernière mise à jour 16:45

France - Afrique Bolloré et un dirigeant d'Havas en garde à vue

Vincent Bolloré, le directeur de son groupe Gilles Alix et un dirigeant d'Havas ont été placés en garde à vue ce mardi dans une enquête sur des soupçons de corruption en Afrique.

Vincent Bolloré.

Vincent Bolloré. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le directeur général du groupe français Bolloré, Gilles Alix, et le responsable international du groupe de publicité Havas, Jean-Philippe Dorent, ont également été placés en garde à vue mardi aux côtés de leur patron Vincent Bolloré, a appris l'AFP de source judiciaire.

Tous trois sont interrogés par la police anti-corruption dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris qui vise à déterminer si le groupe Bolloré a utilisé ses activités de conseil politique pour obtenir la gestion des ports de Lomé (Togo) et Conakry (Guinée), en 2010-2011, a-t-on précisé de même source, confirmant une information du Monde.

L'industriel français Vincent Bolloré a été la première personne à être placée en garde à vue, en banlieue parisienne, dans le cadre de cette enquête sur des soupçons de corruption autour de l'attribution de concessions portuaires en Afrique de l'Ouest, a appris l'AFP de sources proches du dossier.

L'homme d'affaires est entendu dans le cadre d'une information judiciaire ouverte à Paris qui vise à déterminer si le groupe Bolloré a utilisé ses activités de conseil politique pour obtenir la gestion des ports de Lomé au Togo et de Conakry en Guinée, selon ces sources, confirmant une information du journal Le Monde.

Cette information judiciaire, portant sur des soupçons de «corruption d'agent public étranger», a pris la suite d'une enquête préliminaire ouverte en juillet 2012 par le parquet de Paris, puis transférée au parquet national financier.

Démenti formel

Dans un communiqué, le groupe Bolloré a «formellement» démenti toute irrégularité liée à ses activités africaines. «Les prestations relatives à ces facturations ont été réalisées en toute transparence», a indiqué le groupe.

Mais l'action du groupe Bolloré a aussitôt perdu plus de 4% mardi à la Bourse de Paris. Une perquisition avait déjà eu lieu en avril 2016 à la tour Bolloré de Puteaux, près de Paris, siège notamment du groupe Bolloré Africa Logistics, en particulier dans les bureaux de Vincent Bolloré.

Présidentielle guinéenne de Alpha Condé

C'est en enquêtant sur les relations de Francis Perez, président du groupe Pefaco, une société spécialisée dans l'hôtellerie et les jeux et très implantée en Afrique, que les enquêteurs ont été amenés à se pencher sur les activités africaines de Vincent Bolloré.

Francis Perez comptait parmi ses relations Jean-Philippe Dorent, salarié de la société de communication Havas, qui s'est notamment occupé en 2010 de la campagne présidentielle guinéenne du candidat Alpha Condé.

Elu président en novembre 2010, M. Condé avait résilié le 8 mars 2011, par décret, la convention de concession du terminal à conteneurs du port de Conakry octroyée en 2008 pour une durée de 25 ans à Getma, une filiale de l'armateur français NCT Necotrans.

Gestion du port au groupe Bolloré

Le gouvernement guinéen avait confié quelques jours plus tard la gestion du port au groupe Bolloré, déclenchant une bataille judiciaire entre les deux rivaux. Le groupe Bolloré avait été condamné en 2013 à verser plus de 2 millions d'euros à NCT Necotrans pour solder ce litige.

Jean-Philippe Dorent s'était également chargé d'une partie de la communication du jeune président togolais Faure Gnassingbé, qui avait succédé à son père Gnassingbé Eyadema à la tête du pays.

En 2010, année de la réélection de M. Gnassingbé, le groupe Bolloré remportait la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé pour une durée de 35 ans. Une décision elle aussi contestée par un concurrent. (afp/nxp)

Créé: 24.04.2018, 13h04

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.