Mercredi 13 novembre 2019 | Dernière mise à jour 22:51

France Vincent Lambert repose en paix, loin de tout conflit

La famille du patient tétraplégique V. Lambert, qui s'affrontait de son vivant, l'a inhumé dans l'intimité, samedi.

Vincent Lambert est décédé le 11 juillet dernier, après avoir été maintenu dans un état végétatif pendant près de 11 ans.

Vincent Lambert est décédé le 11 juillet dernier, après avoir été maintenu dans un état végétatif pendant près de 11 ans. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les obsèques de Vincent Lambert ont eu lieu samedi matin à Longwy (Meurthe-et-Moselle) dans l'intimité familiale, a indiqué à l'AFP sa famille. Ce Français tétraplégique, en état végétatif pendant près de onze ans, est décédé jeudi à Reims après une semaine d'arrêt des traitements.

La cérémonie religieuse s'est déroulée en l'église Saint-Dagobert dans la matinée, suivie de l'inhumation. Tous les membres de cette famille profondément divisée sur le sort de Vincent Lambert étaient présents aux funérailles, a-t-on précisé.

Son corps avait été restitué discrètement vendredi en fin d'après-midi dans cette ville de l'est de la France à sa veuve et tutrice, Rachel Lambert, et le permis d'inhumer délivré.

C'est à l'hôpital de Longwy que Vincent et Rachel Lambert, tous deux infirmiers, s'étaient rencontrés, Rachel étant originaire de cette ville proche de la frontière belge.

Jeudi, le procureur de la République de Reims Matthieu Bourrette avait indiqué avoir ouvert une enquête en «recherche des causes de la mort» pour vérifier que l'arrêt des traitements de cet ancien infirmier de 42 ans, victime d'un accident de la route en 2008, était conforme à la loi. Dans ce cadre, son corps a été autopsié vendredi à Paris avant d'être remis à Rachel Lambert.

Les résultats de l'enquête seront connus et communiqués ultérieurement. Le procureur Bourrette entend avec cette enquête «fournir à tous les membres de la famille les éléments médicaux et judiciaires leur permettant de connaître les causes exactes de la mort» pour qu'ainsi, «chacun puisse prendre ensuite ses dispositions et responsabilités, y compris sur le plan judiciaire».

Le 2 juillet, le docteur Vincent Sanchez, chef de service de soins palliatifs du centre hospitalier universitaire de Reims, avait engagé un nouvel arrêt des traitements, effectif depuis le 3 au soir, processus rendu possible le 28 juin par la Cour de cassation. Outre l'arrêt de l'hydratation et de l'alimentation par sonde, le protocole incluait notamment une «sédation profonde et continue».

Symbole

Le décès de Vincent Lambert, devenu bien malgré lui le symbole du débat sur la fin de vie en France, met un terme à un long feuilleton judiciaire et médiatique, qui a vu sa famille se déchirer.

D'un côté, les parents, fervents catholiques hostiles à un arrêt des traitements, soutenus par leurs avocats, plusieurs associations et deux frères et soeurs. Ils estimaient que Vincent était handicapé et non «pas en fin de vie» et demandaient son transfert dans un établissement spécialisé.

De l'autre, son épouse, son neveu François et six frères et soeurs dénonçaient un «acharnement thérapeutique». Vincent leur avait, selon eux, confié oralement préférer mourir que de vivre «comme un légume» mais il n'avait pas rédigé de directives anticipées. (ATS/nxp)

Créé: 13.07.2019, 14h40

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.