Lundi 14 octobre 2019 | Dernière mise à jour 22:08

France Vincent Lambert: une famille déchirée depuis dix ans

Qui est qui et qui veut quoi dans la famille du Français dont la fin pourrait être proche? Notre décodage.

Vincent Lambert est tétraplégique et en état de conscience minimale depuis septembre 2008. Profondément divisée sur son sort, sa famille est coupée en deux.

Vincent Lambert est tétraplégique et en état de conscience minimale depuis septembre 2008. Profondément divisée sur son sort, sa famille est coupée en deux. Image: AFP

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Est-ce cette fois la fin d’un insoutenable feuilleton? Ou va-t-on assister à un énième rebondissement? Ce mardi en tout cas, le médecin de Vincent Lambert a décidé de stopper les soins prodigués au Français de 42 ans, comme l’a permis le dernier arrêt de la Cour de cassation française. Concrètement, ça signifie que celui qui est tétraplégique et en état de conscience minimale depuis plus de dix ans n’est plus hydraté ni alimenté. Et qu'une «sédation profonde et continue» est mise en œuvre .

Pour les parents de Vincent Lambert et d’autres proches, farouchement opposés à cette décision, c’est un «meurtre» et une défaite. Pour son épouse et ceux qui la soutiennent, la décision n’est probablement pas vécue comme une victoire. Mais certainement comme un soulagement.

Qui est qui et qui veut quoi, dans cette famille Lambert qui se déchire depuis le tragique accident de la route de Vincent, en septembre 2008? Comme ses parents ont eu chacun des enfants d’une première union, on peut peiner à situer les protagonistes de la terrible affaire. Les voici.

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Ceux qui refusent l’arrêt des soins

Au premier plan de ceux qui se battent pour que Vincent Lambert vive, ses parents Pierre Lambert et Viviane Lambert, née Cassier, 90 et 73 ans. Ce couple décrit comme catholique traditionaliste, proche de la fraternité Saint Pie X et soutenus par des milieux antiavortement et antieuthanasie, a multiplié les recours devant toutes les instances juridiques possibles. Ils mènent aussi un intense combat médiatique. Viviane Lambert était encore ce lundi à Genève, en marge d’une session du Conseil des droits de l’homme. «Je crie tout haut que Vincent, on veut l’assassiner. C’est le vrai mot», a-t-elle lancé. Soulignant: «Vincent n’est pas en fin de vie, Vincent n’est pas un légume.» Viviane et Pierre Lambert sont convaincus que leur enfant est conscient de son environnement, réagit à des sollicitations et suit parfois son entourage des yeux.

Demi-frère de Vincent Lambert, David Philippon est également aux premières loges dans ce combat, avec une forte présence médiatique. «Il faut que nous ayons tous un projet de vie pour Vincent et l’entourer et prendre soin de lui», martelait-il encore par exemple en mai dernier sur RTL.

Également fervente catholique, la sœur de Vincent, Anne Lambert, complète ce «camp». Mais elle est plus en retrait. Elle a cependant cosigné avec son demi-frère David Philippon une tribune en 2015 dans laquelle elle affirme que son frère a la «volonté de vivre». «Une société qui met à mort ceux qui ne peuvent pas se défendre renie tous ses principes et est appelée à sombrer dans la barbarie», y plaidait-elle.

Ceux qui veulent l’arrêt des soins

Rachel Lambert, 38 ans, mène le combat pour que cesse l’«acharnement thérapeutique» pratiqué sur son mari. Conformément à ses souhaits, jure-t-elle, même s’il ne les a pas couchés sur des directives anticipées. Rachel Lambert n’apparaît cependant plus que très rarement publiquement et laisse ses avocats porter sa parole. «Ma position est de le voir enfin en homme libre. Qu’il trouve sa liberté et qu’il soit respecté dans ses convictions et dans l’homme qu’il nous a montré qu’il était», a-t-elle souligné lundi sur BFMTV. Rachel Lambert s’est «réfugiée» en Belgique, principalement pour protéger sa fille des médias. Née deux mois avant l’accident de Vincent Lambert, la fillette a aujourd’hui 10 ans.

François Lambert est le fils d’une des demi-sœurs de Vincent Lambert, donc son neveu. Lui aussi est pleinement dans le combat. Son engagement médiatique et surtout judiciaire total l’ont même mené à devenir avocat. «On nous refait le coup tout le temps. Il y a une jouissance de la part de ceux qui font tous ces recours. C’est du sadisme pur de la part du système médico-judiciaire», lâchait-il en mai dernier lors de la décision de la reprise des traitements.

Marie et Joseph Lambert, sœur et frère de Vincent. Marie-Geneviève et Dominique Lambert, Guy-Noël et Frédéric Philippon, demi-sœur et demi-frères de Vincent. Ces six proches veulent aussi l’arrêt des soins mais ne mènent pas le combat. Ils sont restés discrets. Mais ils se sont parfois exprimés dans des lettres ouvertes. Collectivement, comme en juin 2018, lorsqu’ils écrivaient que «Depuis longtemps le corps de Vincent exprime par un «inconfort chronique» son refus d’endurer des soins devenus de jour en jour plus intrusifs et insupportables.» Ou individuellement, par exemple en 2015, lorsque Marie-Geneviève Lambert jugeait que «Le combat pour la vie à tout prix que mènent mon père et ma belle-mère m’apparaît complètement mortifère.»

Quel que soit le sort de Vincent Lambert, on imagine mal cette famille coupée en deux depuis si longtemps puisse un jour se retrouver.

Créé: 03.07.2019, 08h23

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