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Epidémie Le virus Ebola n'a jamais disparu

Le virus fauche des vies en République démocratique du Congo depuis avril. Un expert explique la situation.

Les employés de l’Hôpital de Bikoro s’équipent en vue d’accueillir des malades atteints d’Ebola.

Les employés de l’Hôpital de Bikoro s’équipent en vue d’accueillir des malades atteints d’Ebola. Image: AFP

Vaccins testés en Suisse romande

Sous la houlette de l’OMS, les premiers essais cliniques avaient été réalisés en 2015 aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG) avec un vaccin canadien: le VSV-EBOV, dont la licence est détenue par le laboratoire américain Merck. Testé à grande échelle, sur des milliers de personnes en Afrique, ce médicament expérimental s’avère le seul véritablement efficace sur le terrain. C’est celui que l’OMS est en train de faire parvenir en RD Congo avec l’accord des autorités locales.

Fin 2014, le CHUV et la Policlinique médicale universitaire de Lausanne avaient fait vacciner 120 volontaires et envoyé les résultats cliniques à l’OMS. Le Pr Blaise Genton précise que le médicament testé avait ensuite aussi été envoyé dans les régions d’Afrique ravagées par l’épidémie et les décès dus aux fièvres hémorragiques.

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Une flambée mortelle de fièvre hémorragique a surgi en avril dernier et se répand dans la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo (RDC). Selon un dernier bilan diffusé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une vingtaine de personnes sont décédées dans cette région du nord-ouest de cet immense pays d’Afrique centrale.

Directeur du Programme de gestion des situations d’urgence de l’OMS, Peter Salama a déclaré vendredi dernier à Genève redouter le pire des scénarios.

Les autorités congolaises auraient donné l’autorisation pour importer et appliquer un vaccin expérimental afin d’enrayer la propagation du virus Ebola. De fin 2013 à 2016, l’épidémie avait causé la mort de plus de 11 300 personnes sur près de 29 000 cas recensés d’individus infectés en Afrique de l’Ouest, principalement au Liberia, en Guinée et au Sierra Leone.

Médecin-chef au Service des maladies infectieuses au CHUV, à Lausanne, le Pr Blaise Genton avait mené en automne 2014 des tests avec un vaccin sur une centaine de volontaires (lire l’encadré). Il explique la situation.

Professeur, êtes-vous surpris par cette recrudescence de nouveaux cas mortels en RDC?

Non, car nous savons que l’épidémie réapparaît régulièrement dans cette région d’Afrique. Elle a été circonscrite, grâce aux interventions sanitaires rapides, mais le virus n’a jamais disparu.

Pourquoi?

Il est difficile à éliminer car il circule, sous différentes souches, entre les animaux, et aussi chez les humains. Si on effectue des tests sanguins dans la population de certaines régions de RDC, on observe qu’environ 5% de ces gens ont développé des anticorps car ils ont été exposés à Ebola, sans développer de symptômes particuliers. Chez les survivants à la maladie, le virus ne disparaît pas rapidement pour autant. Il n’est pas traçable dans le sang mais demeure dans le sperme par exemple, de quelques semaines à quelques mois.

Cela contribue-t-il à la propagation d’Ebola?

Oui, car nombreux sont ceux qui transmettent le virus sans même savoir qu’ils en sont porteurs.

Et où en est-on dans la lutte contre cette maladie transmissible?

À l’heure actuelle, aucun vaccin n’est homologué. Mais le VSV-EBOV, testé aux HUG, est le seul qui a pu prouver son entière efficacité. De nombreuses doses de ce vaccin sont d’ailleurs envoyées actuellement en RDC.

Quelles difficultés rencontre-t-on?

Il existe des problèmes logistiques pour respecter la chaîne du froid avec un tel vaccin. Il s’agit en effet d’atteindre des zones très reculées, mais cet éloignement représente aussi un moindre risque en matière de propagation du virus au sein de la population.

Pourquoi aucun vaccin n’a encore été homologué?

Le processus est à la fois long, coûteux et compliqué, des recherches et résultats cliniques jusqu’à la reconnaissance par des autorités étatiques. Et les laboratoires n’investissent que s’il existe un réel marché, en cas d’épidémie et de vaste danger de santé publique. On ne recherche pas un vaccin contre une maladie rare: ce n’est pas du cynisme, c’est logique. Or Ebola ne cause en moyenne que 200 décès par année, si on excepte la flambée en 2014 qui a causé des milliers de morts. (Le Matin)

Créé: 17.05.2018, 11h53


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