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Proche-Orient «Oui» à une loi renforçant le caractère juif d'Israël

Quatorze ministres - sur les 22 que compte le gouvernement - ont voté en faveur de ce texte qui définit désormais Israël mais comme «l'Etat national du peuple juif». Le Parlement doit encore se prononcer.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu veut ainsi donner des gages aux éléments les plus à droite de sa coalition mais la version définitive du texte sera amendée et édulcorée à la Knesset.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu veut ainsi donner des gages aux éléments les plus à droite de sa coalition mais la version définitive du texte sera amendée et édulcorée à la Knesset. Image: Keystone

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Le gouvernement israélien a voté dimanche en faveur d'un projet de loi controversé visant à renforcer le caractère juif de l'Etat d'Israël. Selon ses détracteurs, ce renforcement se fera au détriment du caractère démocratique du pays.

Quatorze ministres - sur les 22 que compte le gouvernement - ont voté en faveur de ce texte que ses détracteurs, en premier lieu les Arabes-Israéliens, accusent d'institutionnaliser la discrimination en ne définissant plus Israël comme un Etat «juif et démocratique» mais comme «l'Etat national du peuple juif». Le Parlement doit désormais se prononcer, en plusieurs lectures, sur ce texte.

Selon des commentateurs, le débat entre les ministres a été particulièrement houleux et ponctué de cris.

Les Arabes-israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948, dénoncent eux une «inscription du racisme, déjà présent dans la rue, dans la Loi et au cœur du système politique», selon les mots de Majd Kayyal, d'Adalah, le Centre juridique de défense des droits de la minorité arabe.

La gauche et le centre n'en veulent pas

«La démocratie garantit que tous les citoyens ont les mêmes droits et sont égaux face à l'Etat, mais cette modification raciste introduit une distinction sur la base de la religion», poursuit-il.

Les Arabes-israéliens représentent un Israélien sur cinq et affirment être traités en «citoyens de seconde zone» après que les autorités israéliennes ont saisi la quasi-totalité des terres des municipalités arabes pour y installer des immigrants juifs.

Ce projet de loi provoque également une levée de boucliers parmi les députés et les ministres du centre et de la gauche qui craignent que le texte n'institutionnalise la discrimination à l'encontre de la minorité arabe israélienne.

Un gage donné à la droite

Le procureur général Yehouda Weinstein, conseiller juridique du gouvernement, a critiqué le projet, estimant qu'il affaiblissait le caractère démocratique d'Israël, et la ministre de la Justice Tzipi Livni a réussi la semaine dernière à faire repousser le vote.

Les deux versions du projet de loi discutées ce dimanche sont un gage donné par M. Netanyahu aux éléments les plus à droite de sa coalition mais la version définitive du texte sera amendée et édulcorée à la Knesset (Parlement), explique Denis Charbit, professeur de Sciences politiques à l'Université d'Israël.

«C'est une mascarade politique. Netanyahu sait qu'il fait voter un projet imbuvable, qui a été critiqué par le conseiller juridique du gouvernement comme extrêmement problématique», explique-t-il.

(smk/afp/nxp)

Créé: 23.11.2014, 15h08

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