Vendredi 17 août 2018 | Dernière mise à jour 22:33
«Un harceleur qui ne se fait pas dénoncer n’a aucune raison de ne pas continuer», explique Carole Wittmann (en photo).

«Un harceleur qui ne se fait pas dénoncer n’a aucune raison de ne pas continuer», explique Carole Wittmann (en photo). Image: Dom Smaz/LMD

Entreprise «La victime de harcèlement n’est pas forcément une personne fragile»

Caroline Wittmann dirige une société intervenant dans les cas de harcèlement au travail. Elle témoigne de cas concrets, notamment d’employés pris au piège de la loyauté envers l’employeur.

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L’entreprise est le lieu où le harcèlement, notamment sexuel, se manifeste le plus souvent. Directrice de la Clinique du Travail, une société qui a pour vocation d’accompagner des personnes en absence de longue durée ou en difficultés professionnelles et qui agit en tant que personne de confiance auprès des entreprises, Carole Wittmann partage son expérience.

Qu’est-ce que cela veut dire, harcèlement?

Dans notre métier, le harcèlement moral est la forme que l’on rencontre le plus. Souvent une dimension sexuelle peut s’y superposer, notamment lorsque des relations hiérarchiques homme-femme existent. La définition du harcèlement est très claire, bien qu’elle soit souvent mal comprise.

C’est-à-dire?

Dans la loi – différents articles protègent les victimes et concernent également l’employeur, qui doit veiller à la protection de ses employés – la définition du harcèlement sexuel est très claire: il s’agit d’actes à connotation sexuelle ou fondés sur l’appartenance à un sexe qui durent dans le temps et se répètent, et ça, malgré les signes et demandes d’arrêt. Si quelqu’un fait un compliment, une blague lourde ou un geste déplacé à l’adresse d’une personne manifestement heurtée, mal à l’aise, et que l’autre continue sciemment, il s’agit de harcèlement.

Existe-t-il un profil du harceleur?

Un harceleur a besoin d’une relation de pouvoir. Il en existe de plusieurs types. L’impuissant, pas forcément sexuel, a besoin d’exercer son pouvoir, son statut. C’est ce qu’on appelle le petit chef qui marche à l’autorité et qui dérape dans le harcèlement sexuel. Il y a aussi le «sadique», qui prend plaisir dans la soumission de l’autre. Plus sa victime sera mal, plus il jouira de la situation. Il existe aussi les narcissiques, qui aiment ce sentiment de supériorité, d’omnipotence. Il existe des profils qui combinent ces trois portraits. Le plus intéressant avec les harceleurs, c’est que parfois ils ne se rendent même pas compte qu’ils harcèlent, selon une étude française. Certains ne comprennent pas que leur comportement n’est pas OK. Pour eux, le non fait partie du jeu.

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche, www.lematindimanche.ch, sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L’application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad. (Le Matin)

Créé: 20.01.2018, 22h42

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