Lundi 12 novembre 2018 | Dernière mise à jour 16:47

Image: Unige, Xavier Ravinet

Sciences Le laser genevois qui perce les nuages

L’avenir des télécommunications par satellite, c’est le laser. Mais cette technologie a un point faible: le signal ne passe pas lorsque le ciel est couvert.

Comment ça marche

Le laser à impulsions très courtes et très intenses chauffe l’air, provoquant une onde de choc qui écarte temporairement les gouttes d’eau qui composent le nuage, créant une ouverture. Il devra être orienté depuis le sol en direction du ciel, pour éviter tout risque pour les yeux.

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Faire des trous dans les nuages, en voilà un drôle de projet. N’empêche, l’idée pourrait bien faire mouche à l’heure où se développent les télécommunications par satellite. Car certains signaux, qui acheminent des informations jusqu’à nous, se retrouvent bloqués lorsque le ciel est voilé. Pour contourner cet écueil, une équipe de physiciens de l’Université de Genève, sous la houlette du Pr Jean-Pierre Wolf, est en train de mettre au point un laser capable de percer cumulus, nimbus et autres stratus.

Au sol, les informations transitent de plus en plus par la fibre optique, mais beaucoup de données voyagent via l’espace, par les satellites qui couvrent des zones bien plus vastes. Il y a les images météo bien sûr, mais aussi l’accès à des chaînes de télévision ou au réseau internet. «La quantité d’informations transmises devient gigantesque», observe Jean-Pierre Wolf. Les technologies actuelles, elles, atteignent leurs limites. La transmission de données via les satellites se fait aujourd’hui essentiellement par radiofréquence. Or la plupart des bandes de fréquence utilisables ont déjà été attribuées, alors même que la quantité et la qualité (super haute définition) des transmissions vont encore augmenter.

Un flux 10 000 fois supérieur

L’alternative existe, cependant. Il s’agit du laser optique. Avec ses ondes très courtes, il permet d’acheminer plus d’informations et de manière plus rapide. «Le flux d’information est 10 000 fois supérieur à ce que permet la radiofréquence», résume Jean-Pierre Wolf. Autant dire que les agences spatiales s’y intéressent de près. Plusieurs missions tests sont en cours pour équiper de futurs satellites de ce type de laser qui pourrait bien, estime le physicien, devenir un standard dans les télécommunications d’ici à une dizaine d’années. Outre son avantage en termes de flux de données, cette technologie offre un niveau de sécurité particulièrement élevé. Au-delà des données qui peuvent être cryptées, avec le laser, la lumière qui véhicule le message peut, elle-même, être encryptée de manière quantique. Mais à ces avantages s’ajoute un inconvénient de taille: lorsque le ciel est nuageux, la lumière du laser devient diffuse, «un peu comme les phares de votre voiture dans le brouillard», note Jean-Pierre Wolf. Résultat: le signal passe mal.

Pour en savoir plus, consultez le site du Matin Dimanche sur votre ordinateur personnel, votre tablette ou votre smartphone. L’application Le Matin Dimanche est toujours disponible sur iPad. (Le Matin)

Créé: 03.11.2018, 22h58

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