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Syrie Damas utilise des armes chimiques contre les rebelles

Le gouvernement syrien utilise des armes chimiques contre les rebelles, notamment du gaz sarin, dans la région de Damas. Des reporters du quotidien français Le Monde en ont été témoins.

La vidéo du Monde sur l'usage des armes chimiques en Syrie.


L'ONU «horrifiée»

La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a ouvert lundi à Genève une session du Conseil des droits de l'homme en se déclarant horrifiée par l'escalade des violences en Syrie. Elle a demandé une nouvelle fois la saisie de la Cour pénale internationale (CPI). Un débat urgent sur les massacres à Qousseir pourrait avoir lieu mercredi.

«Un cauchemar»

«Une catastrophe humanitaire, politique et sociale a déjà lieu, et ce qui se profile est vraiment un cauchemar», a affirmé la Haut Commissaire, en lançant un appel aux Etats à faire tous les efforts possibles pour mettre un terme à ce désastre.

«Les violations des droits de l'homme ont atteint des dimensions horrifiantes. Je suis profondément consternée par le mépris flagrant du droit international et de la vie humaine par toutes les parties», a encore déclaré Navi Pillay.

Navi Pillay est la haut commissaire aux droits de l'homme. (Image: AFP )

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L'armée syrienne a eu recours à des armes chimiques contre les forces rebelles qui tiennent les faubourgs de Damas, selon deux reporters du journal français Le Monde présents sur place en avril et mai et dont le récit est publié lundi ses colonnes. Le Monde" target="_blank">Les envoyés spéciaux du Monde «ont été témoins plusieurs jours d'affilée» d'utilisation d'explosifs chimiques et de leurs effets sur les combattants sur le front de Jobar, «quartier à la sortie de Damas où la rebellion a pénétré en janvier», témoigne le reporter Jean-Philippe Rémy.

Présents sur place pendant plusieurs semaines, un journaliste et un photographe du quotidien français accompagnant les rebelles syriens affirment avoir constaté par eux-mêmes les effets de l’usage de gaz toxiques par les forces gouvernementales dans le faubourg de Jobar, «à moins de 500 mètres de la place des Abbasides», non loin du centre de la capitale syrienne. Le 13 avril, le photographe Laurent Van der Stockt a ainsi vu les combattants «commencer à tousser, puis mettre leurs masques à gaz, sans hâte apparemment, mais en réalité déjà exposés. Des hommes s'accroupissent, suffoquent, vomissent».

Ils disent avoir aussi recueilli les témoignages de médecins dans la Ghouta, une zone tenue par les rebelles dans la périphérie Est de Damas, faisant état d’un usage régulier d’armes chimiques par les forces de Bachar al Assad. Ces médecins soupçonnent notamment l’utilisation de gaz sarin.

Des journalistes témoins

«De cela, les envoyés spéciaux du Monde ont été témoins plusieurs jours d’affilée dans (le) quartier (de Jobar) à la sortie de Damas où la rébellion a pénétré en janvier», écrit le quotidien.

«Mais, au cours d’un reportage de deux mois dans les environs de la capitale syrienne, nous avons réuni des éléments comparables dans une couronne beaucoup plus large. La gravité des cas, leur multiplication, la tactique d’emploi de telles armes montrent qu’il ne s’agit pas de simples gaz lacrymogènes utilisés sur les fronts, mais de produits d’une autre classe, bien plus toxiques.»

Le Monde rapporte notamment que, à la suite d’une «attaque chimique sur une zone du front de Jobar, le 13 avril», son photographe «souffrira, quatre jours durant, de troubles visuels et respiratoires».

Sur une vidéo tournée par Laurent Van der Stock et consultable ci-dessus, des combattants et des médecins racontent les symptômes provoqués par ces produits: difficultés respiratoires, maux de tête, pupilles contractées, nausées... «"Si on ne les traite pas immédiatement, c'est la mort"», témoigne sous couvert de l'anonymat un médecin de l'hôpital Al-Fateh de Kaffer Battna, dans la poche rebelle de la région de la Ghoutta aux portes de Damas.

Informations croissantes

Les Nations Unies ont déclaré mercredi recevoir des «informations croissantes» sur l’usage d’armes chimiques en Syrie. L’ONU a formé une commission d’experts pour enquêter sur le sujet mais celle-ci attend toujours d’être autorisée à se rendre sur place. Le régime syrien et les rebelles qui cherchent à le renverser s’accusent réciproquement d’utiliser de telles armes.

Barack Obama a fait de l’usage d’armes chimiques une «ligne rouge» à ne pas franchir par le régime syrien, sous peine d’une réaction des Etats-Unis. Le président américain juge cependant qu’il ne dispose pas de preuve irréfutable pour le moment à ce sujet. (ats/nxp)

Créé: 27.05.2013, 07h16

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