Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 15:40

Allemagne Nouvelle espèce de tique identifiée

Des scientifiques ont découvert un nouveau parasite porteur du virus de l'encéphalite. Aucun cas n'a encore été signalé en Suisse.

Image: Archives/Photo d'illustration/Keystone

Transmission par le lait cru

Les chercheurs de l'Université d'Hohenheim rapportent également le premier cas documenté en Allemagne de transmission de l'encéphalite à tiques par du lait de chèvre infecté. Aucun cas n'a été recensé à ce jour en Suisse.

«Ce mode de transmission, par la consommation de produits laitiers non pasteurisés de chèvre, de mouton ou de vache est connu depuis longtemps», note Rahel Ackermann, du Centre national de référence pour les maladies transmises par les tiques.

Le contamination du lait se produit lors de la virémie - la multiplication du virus dans le sang de l'animal - et le virus peut y rester infectieux jusqu'à 25 jours. Aucun cas de VEME transmis par des produits laitiers n'est connu pour l'heure en Suisse, précise la microbiologiste, et l'OFSP part du principe que ce mode de transmission est rare.

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Une nouvelle espèce de tique porteuse du virus de la méningo-encéphalite verno-estivale (MEVE) a été identifiée par des chercheurs de l'Université d'Hohenheim (D). Aucun cas n'a encore été signalé en Suisse bien que cette tique y soit présente.

Les scientifiques allemands disent ignorer si cette espèce, Demacentor reticulatus, est devenue récemment porteuse du virus de la MEVE ou si simplement sa dangerosité est passée inaperçue. Alors qu'elle était caractéristique de l'Europe du Sud, son aire de répartition est actuellement en expansion vers le nord.

En Suisse comme en Allemagne, D. reticulatus est toutefois plutôt rare. Elle ne couvre pas l'ensemble du territoire et est présente plutôt sous forme de foyers bien localisés, a expliqué à l'ats Cornelia Silaghi, de l'Institut de parasitologie de l'Université de Zurich.

Cette tique s'installe volontiers dans des espaces renaturés, si bien qu'elle pourrait conquérir de nouveaux habitats à l'avenir, estime la spécialiste. Pour l'heure toutefois, il n'y a pas de hausse significative du risque de piqûre, d'autant plus que l'être humain n'est pas l'hôte privilégié de cette espèce.

Documenté en Europe de l'Est

«Je n'ai pas connaissance d'études montrant la présence de virus de la VEME chez cette espèce en Suisse», indique Rahel Ackermann, du Centre national de référence pour les maladies transmises par les tiques (CNRT) à Spiez (BE). En Europe de l'Est par contre, la chose a d'ores et déjà été documentée.

Il semble aussi, selon Mme Ackermann, que la transmission du virus par D. reticulatus soit moins efficace que par la tique du mouton - Ixodes ricinus -, l'espèce la plus répandue en Suisse.

Un pourcent environ de ces dernières sont porteuses du virus de la MEVE. La plupart des personnes mordues ne présentent aucun signe de maladie.

Système nerveux touché

Chez certaines cependant, des symptômes d'allure grippale peuvent apparaître 7 à 14 jours après la piqûre. Une atteinte du système nerveux central se manifeste chez 5 à 15% des sujets par des symptômes tels que maux de tête, sensibilité excessive à la lumière, vertiges ainsi que troubles de la concentration et de la marche. Ceux-ci peuvent persister des semaines, voire des mois.

Des paralysies des bras, des jambes ou des nerfs du visage peuvent survenir chez une partie des patients et entraîner une invalidité durable. La maladie est mortelle dans environ 1% des cas avec symptômes neurologiques. Il n'existe aucun traitement spécifique pour la MEVE, seuls les symptômes peuvent être traités.

Borréliose de Lyme

Outre la MEVE, les tiques peuvent également transmettre la borréliose de Lyme ou des maladies beaucoup plus rares comme les ehrlichioses ou rickettsioses. Alors que l'encéphalite MEVE est due à un virus, les trois autres sont causées par des bactéries.

Dix mille nouveaux cas de borréliose sont signalés chaque année en Suisse, d'après les chiffres de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Les cas peuvent être traités au moyen d'antibiotiques.

Si la maladie n'est pas dépistée ou si le traitement est insuffisant, il peut en résulter des handicaps durables. Selon les régions, de 5% à 30% - voire même jusqu'à 50% - des tiques sont infectées par la bactérie Borrelia burgdorferi. (ats/nxp)

Créé: 07.04.2017, 15h03

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