Vendredi 28 février 2020 | Dernière mise à jour 11:05

France Les concessions de Macron peinent à convaincre

De nombreux «gilets jaunes» poursuivaient leur mouvement mardi, malgré les annonces du président français, lundi soir.

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Le mouvement des «gilets jaunes» se durcit

Le mouvement des «gilets jaunes» se durcit Né le 18 octobre 2018, le mouvement protestait contre la hausse des prix du carburant annoncé par le gouvernement qui, depuis, a reculé. Mais il représente une colère sociale plus large.

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Les nouvelles concessions annoncées par Emmanuel Macron, et son mea culpa sur sa «responsabilité» dans la crise, peinaient à convaincre mardi l'ensemble des «gilets jaunes». Beaucoup d'entre eux restaient mobilisés, laissant craindre de nouvelles manifestations à hauts risques samedi.

«Cette fois, il a répondu», titre le quotidien Le Parisien. «Je vous ai un peu compris», ironise en revanche Libération (gauche): la presse était mardi matin à l'image des réactions contrastées des «gilets jaunes» au lendemain de l'allocution décisive du président français, regardée par 21 millions de téléspectateurs.

Mesures coûteuses

Hausse de 100 euros par mois pour les employés payés au salaire minimum, annulation d'une taxe sur les petites retraites (sous 2000 euros mensuels), défiscalisation des heures supplémentaires...

Le coût des mesures annoncées lundi se situe «entre 8 et 10 milliards» d'euros, a de son côté confirmé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux sur BFMTV. À la probabilité de voir ainsi la France s'affranchir de la règle européenne d'un déficit public en dessous des 3% du PIB, Richard Ferrand a opposé «l'intérêt de l'Europe» d'avoir «une France stable», alors qu'«aujourd'hui nous sommes dans une situation où notre économie recule».

Insuffisant

Mais aussi «fortes» soient-elles, selon les ministres nombreux mardi à défendre dans les médias les annonces de lundi soir, ces mesures n'ont pas réussi à déminer la crise qui perdure depuis plus de trois semaines.

Jacline Mouraud, une porte-parole des «gilets jaunes» réputée modérée, a appelé à «une trêve» en saluant «des avancées, une porte ouverte» du pouvoir. «On a une économie qui s'effondre, des commerçants prêts à mettre la clé sous la porte, on ne peut pas se rendre responsables d'une multitude de dépôts de bilan», a-t-elle plaidé.

Mais sur de nombreux points de rassemblement, les «gilets jaunes» se sont déclarés «insatisfaits». «On va continuer à se battre, on n'est pas près de partir», a assuré l'un de leurs représentants. - «Rien compris» - «Tout ça, c'est du cinéma», déclarait dès lundi soir Thierry, 55 ans, mécanicien vélo qui partait «bloquer» le péage du Boulou, à la frontière franco-espagnole, juste après le discours présidentiel. «On est remontés à bloc, on est repartis au front», promettait-il.

Moins d'une heure après l'allocution présidentielle, le péage de l'A9 était entièrement paralysé en provenance d'Espagne, a constaté un photographe de l'AFP.

Supprimer l'impôt sur la fortune

Mais «le fait qu'il ne revienne pas sur la suppression» de l'impôt sur la fortune, une des revendications phares des frondeurs, «c'est pire que tout», fustige à Montceau-les-Mines (centre-est) Pierre-Gaël Laveder.

Emmanuel Macron n'a pas voulu annuler la suppression de cet impôt, estimant que cela avait permis de créer des emplois. Emmanuel Macron «n'a rien compris de la colère qui s'exprime», a condamné le syndicat CGT. «On a des réponses de court terme, on n'a pas de réponses de moyen et long terme», a regretté Laurent Berger, leader du syndicat modéré CFDT.

Du côté politique, le président de la commission des finances de l'Assemblée Eric Woerth (LR, droite) a appelé les «gilets jaunes» à «lever le camp des ronds-points». Jean-Luc Mélenchon, leader de la gauche radicale, a lui apporté son soutien à un «acte V», soit un cinquième samedi de mobilisation, malgré les nombreuses violences qui ont marqué les deux derniers week-ends.

De son côté, Emmanuel Macron devait recevoir mardi après-midi des représentants du secteur bancaire puis le lendemain après-midi les grandes entreprises, pour leur demander de «participer à l'effort collectif» sans doute à travers des mesures fiscales.

«Creuser le déficit»

La France va devoir «sans doute creuser le déficit» public, de manière «strictement temporaire», pour financer les mesures annoncées lundi par Emmanuel Macron face à la crise des «gilets jaunes», a estimé mardi Richard Ferrand, en assurant qu'il serait revenu sous les 3% du PIB en 2020.

Le président de l'Assemblée nationale a souligné sur RTL que cette augmentation du déficit public ne sera «pas massive», et sera «strictement temporaire», car «la conversion du CICE en baisses de charges patronales, c'est pour une année», en 2019, et «l'année d'après, nous n'aurons pas cet effet d'accumulation des deux mesures et on retrouvera un rythme en-dessous des 3%», a-t-il précisé. (afp/nxp)

Créé: 11.12.2018, 09h03

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