Dimanche 22 juillet 2018 | Dernière mise à jour 06:34

Germanwings Crash A320: le copilote a consulté pour des tendances au suicide

Alors que les recherches ont repris lundi en France sur le lieu du crash de l'A320 de Germanwings, le procureur de Düsseldorf a annoncé que le copilote avait eu des tendances suicidaires, mais pas récemment.

Andreas Lubitz avait suivi un traitement psychothérapeutique pour des tendances suicidaires il y a de nombreuses années.

Andreas Lubitz avait suivi un traitement psychothérapeutique pour des tendances suicidaires il y a de nombreuses années. Image: Keystone

Galerie photo

Crash de l'A320 de Germanwings en France

Crash de l'A320 de Germanwings en France Un Airbus A320 s'est écrasé mardi 24 mars 2015 dans les Alpes de Haute Provence, lors de son trajet Barcelone-Düsseldorf.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Six jours après le crash de l'A320 de Germanwings dans les Alpes françaises, les enquêteurs allemands ont révélé lundi que le jeune copilote, soupçonné d'avoir délibérément fait chuter l'avion, avait suivi un traitement pour des tendances suicidaires dans le passé, mais pas au moment du drame. Le Parquet de Düsseldorf (ouest) a affirmé qu'Andreas Lubitz, 27 ans, avait été soigné pour des tendances suicidaires «il y a de nombreuses années, avant l'obtention de son permis de pilotage».

«Jusqu'à récemment, d'autres consultations chez des spécialistes de neurologie et de psychiatrie ont eu lieu, donnant lieu à des arrêts maladie, mais sans que soient attestées des tendances suicidaires ou de l'agressivité à l'égard d'autrui», a ajouté le procureur Ralf Herrenbrück.

Motivations peu claires

Si le motif de ces arrêts de travail n'a pas été révélé, la justice a souligné que le copilote ne souffrait «pas d'une maladie organique». Et rien, jusqu'ici, dans son environnement familial, amical ou professionnel n'a permis d'en apprendre plus sur d'éventuelles motivations.

A ce jour, la police n'a retrouvé aucune lettre annonçant un projet de faire s'écraser un avion ou revendiquant le crash de mardi qui a fait 150 morts, dont le copilote, selon le Parquet de Düsseldorf, ville de l'ouest de l'Allemagne où Andreas Lubitz vivait partiellement.

C'est la première fois depuis cette catastrophe qui a bouleversé l'Europe que les enquêteurs allemands livrent des informations sur l'état de santé psychique du jeune homme, qui travaillait depuis 2013 comme copilote chez Germanwings, filiale de Lufthansa.

Jusqu'ici le Parquet de Düsseldorf avait indiqué qu'il avait caché une maladie et qu'il faisait l'objet d'un arrêt de travail le 24 mars, le jour du crash, mais sans donner le moindre détail sur sa pathologie. La justice allemande avait expliqué avoir retrouvé des certificats d'incapacité de travail déchirés à son domicile.

Un portrait se dessine

Le portrait qui se dessine peu à peu est celui d'un jeune homme, présenté comme sportif, et souffrant de troubles psychologiques ou psychiatriques. Le journal allemand Bild am Sonntag a affirmé que les enquêteurs avaient trouvé dans son appartement des ordonnances pour des médicaments prescrits aux maniaco-dépressifs, ainsi que de grandes quantités de somnifères.

Ici le jeune homme en train d'apprendre à piloter un petit avion

Par ailleurs, le journal allemand Bild a interrogé lundi une tante du copilote. Pour elle, Andreas Lubitz a fait exprès de foncer contre la montagne. Elle a indiqué que c'était très dur pour toute sa famille. Cette femme a par ailleurs indiqué qu'elle ignorait totalement les problèmes psychologiques dont souffrait le copilote. Quand nous avions des fêtes de famille, il était très souriant. Il n'aurait jamais évoqué de stress particulier.

Les recherches continuent en France

Sur les lieux du crash dans les Alpes françaises, les enquêteurs tentent toujours de localiser la deuxième boîte noire, contenant les données du vol. C'est «l'objectif majeur, depuis le début, et encore plus aujourd'hui», a indiqué lundi le capitaine de gendarmerie Yves Naffrechoux.

La récupération des restes humains des 150 morts se poursuit également. Pour la première fois, les équipes de recherches et d'enquête ont pu accéder par voie terrestre au site de la catastrophe.

Pas de ballet d'hélicoptères dans la matinée entre la localité de Seyne-les-Alpes, base logistique des secours et des enquêteurs, et les lieux du drame, à une dizaine de kilomètres: les «conditions météorologiques», les empêchent de voler, selon la gendarmerie.

Par la piste existante

Les équipes ont accédé au site «par la piste déjà existante», un sentier, en cours d'élargissement, qui amène à une plaine où un bulldozer et plusieurs engins spécialisés aménagent la dernière partie du chemin jusqu'à la zone du crash.

Cette piste, qui devrait bientôt être achevée, facilitera l'accès au site et permettra notamment le transport des grosses pièces de la carlingue, avait expliqué dimanche le procureur en charge de l'enquête, Brice Robin.

Comme les jours précédents, une cinquantaine de personnes travaillent à évacuer les restes humains et les débris du site. Dimanche, M. Robin avait précisé que «78 ADN distincts» avaient été isolés et devaient être comparés aux ADN des familles pour identification.

Centre d'accueil à Marseille

La compagnie allemande Germanwings a indiqué lundi avoir affiné son dispositif d'accueil des familles de victimes, avec la création d'un centre d'assistance à Marseille (sud). «A ce jour, 325 personnes ont fait le voyage jusqu'à Seyne-les-Alpes», a indiqué le directeur des opérations de Germanwings, Oliver Wagner, à la presse à Marseille.

Un bus transportant des familles australiennes est arrivé peu avant 16h30 pour se recueillir devant la stèle du Vernet pour les victimes.

Depuis les premières révélations sur le scénario du crash, de nombreuses compagnies aériennes ont instauré la présence systématique de deux personnes dans la cabine de pilotage.

L'édition dominicale du quotidien allemand Bild a publié un récit glaçant des derniers instants de l'A320 de Germanwings, évoquant notamment les efforts désespérés du commandant de bord pour tenter de pénétrer dans le cockpit, où s'était enfermé le copilote.

Les dernières minutes avant le crash

(cht/ats/nxp)

Créé: 30.03.2015, 13h11

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.