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Présidentielle française L'Europe s'inquiète de la poussée de l’extrême droite française

Des voix se sont élevées pour s’inquiéter lundi de la progression de l’extrême droite eurosceptique française qui a réalisé un score historique au premier tour de l’élection présidentielle.

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L’Europe s’est inquiétée lundi de la progression de l’extrême droite eurosceptique française qui a réalisé un score historique au premier tour de l’élection présidentielle et confirmé une tendance lourde dans plusieurs pays de l’UE en période de crise.

La chancelière allemande Angela Merkel juge que "ce haut score est préoccupant", a déclaré un porte-parole du gouvernement à Berlin. A Luxembourg, où se tenait une réunion des ministres européens des Affaires étrangères, les commentaires ont été nombreux.

Sarkozy responsable

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, a accusé le chef de l’Etat français Nicolas Sarkozy d’être en partie responsable du succès de la candidate du Front national (FN); par son choix de faire campagne sur les frontières européennes trop poreuses à ses yeux, la réintroduction de contrôles aux frontières de l’espace Schengen pour contrôler l’immigration ou encore les préférences pour les entreprises européennes.

"Si on répète tous les jours qu’on doit changer Schengen, qu’on doit avoir une politique d’immigration forte, qu’on doit parler de l’exception française, et tout cela, c’est de l’eau au moulin du FN", a estimé M. Asselborn, qui est socialiste.

Egalement socialiste, le ministre danois des Affaires étrangères, Villy Sovndal, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne jusqu’à fin juin, a jugé que le résultat du vote de dimanche était "extrêmement préoccupant". "Je suis inquiet de ce sentiment que nous constatons contre des sociétés ouvertes, une Europe ouverte. Cela me préoccupe, et pas seulement en France", lui a fait écho le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt.

L'extrême droite en force

Les Démocrates de Suède (SD), parti héritier d’une ex-formation néo-nazie, ont fait récemment leur entrée au Parlement. Aux Pays-Bas, le parti d’extrême droite islamophobe de Geert Wilders a fait tomber le gouvernement Mark Rutte en s’opposant au "diktat" de Bruxelles sur la réduction du déficit public dans le pays. La droite extrême est aussi très forte en Autriche, en Finlande, au Danemark, en Suisse ou encore en Hongrie.

Pour le ministre autrichien des Affaires étrangères, Michael Spindelegger, le résultat "très impressionnant" de Marine Le Pen "doit tous nous faire réfléchir". Et le chef de la diplomatie belge Didier Reynders a jugé qu’il fallait être "très attentif" à ces poussées de l’extrême droite qui sont "toujours un sujet d’inquiétude en Europe".

Selon les résultats quasi définitifs, la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen se classe troisième du premier tour de scrutin, avec 18,01%. En volume de voix elle réalise avec près de 6,5 millions de voix un résultat sans précédent pour sa formation, très critique de l’Union européenne.

Le FN pour la sortie de l'euro

Le FN, qui aura un rôle d’arbitre au deuxième tour, prône un référendum sur une sortie de l’euro et veut replacer les nations au-dessus de l’Europe, avec une loi française supérieure au droit européen. Un euroscepticisme que l’on retrouve dans la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon qui a obtenu 11,13%.

"Le Front national cela veut dire pas d’euro, pas d’Europe, pour la France comme pour l’Europe et c’est le mauvais chemin, il faut briser cette logique", estime M. Asselborn. Quel que soit le vainqueur du scrutin le 6 mai, les institutions européennes et de nombreux pays espèrent en privé que la rhétorique de la campagne électorale souvent très critique à l’égard de l’UE baissera d’un cran.

Qu’il s’agisse du fonctionnement de Schengen ou de la politique commerciale chez Nicolas Sarkozy, du pacte budgétaire et de la discipline en matière de déficits chez François Hollande, ou du statut de la BCE pour les deux candidats. "L’Europe a encore une fois été le bouc émissaire", déplore un fonctionnaire. (afp/nxp)

Créé: 23.04.2012, 15h52

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