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Suisse Michael Lauber, un parcours quasi sans faute

Elu en 2011 au poste de procureur général de la Confédération, le Soleurois a eu un parcours presque sans faute jusqu'ici.

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Jusqu'à l'affaire de la gestion controversée des enquêtes autour de la FIFA, Michael Lauber, 53 ans (né le 12 décembre 1965), a eu un parcours presque sans faute. Les observateurs ont longtemps loué son sens de l'organisation et ses qualités de communicateur.

Depuis qu'il a pris ses fonctions, les choses se sont améliorées, écrivait ainsi la NZZ mi-2018. Le Ministère public de la Confédération (MPC) est enfin géré correctement et le procureur a rétabli la confiance dans cette institution, poursuivait le journal zurichois.

Parmi les hauts faits du procureur, on se souviendra notamment de l'enregistrement vidéo d'une réunion secrète de l'organisation mafieuse calabraise 'Ndrangheta à Frauenfeld (TG) et le raid de la police de Zurich contre des responsables de la FIFA à l'hôtel Baur au Lac en 2015.

Les allégations de corruption au sein des instances dirigeantes du football mondial (FIFA) et européen (UEFA) auront beaucoup occupé M. Lauber et ses services ces dernières années.

Durant son mandat, le procureur fédéral aura entre autres obtenu les condamnations du financier Dieter Behring, de l'ex-informaticien lanceur d'alerte à la banque HSBC Hervé Falciani et des membres de la cellule de l'Etat islamique à Schaffhouse.

Le souci de l'image

Même ses deux plus grandes défaites n'ont pas ébranlé M. Lauber: les acquittements partiels dans l'affaire dite des Tigres tamouls et dans le procès du Conseil central islamique (CCIS).

Toujours tiré à quatre épingles, M. Lauber a toujours su cultiver son image et celle du MPC au travers d'interviews et d'apparitions bien ciblées dans les médias. Le MPC en avait bien besoin car quand il a pris ses fonctions début 2012, l'institution sortait des années difficiles vécues par ses prédécesseurs, Valentin Roschacher en tête, l'une des cibles privilégiées de l'ancien ministre de la justice et figure de proue de l'UDC Christoph Blocher.

Après ces années mouvementées, les parlementaires avaient appelé de leurs voeux un retour au calme. Michael Lauber, fils de pasteur, présentait le profil idéal pour y parvenir.

La jeune garde

Juste après ses études de droit, il rejoint la justice du canton de Berne, où il officie entre 1992 et 1993 en tant que juge d'instruction. Un poste où il ne s'attarde pas, puisqu'il rejoint rapidement la police judiciaire, toujours à Berne, en tant que chef de brigade (1993-1995).

Sa carrière prend un tournant décisif en 1995. Il devient, aux côtés de Valentin Roschacher et de Stephan Gussmann, l'un des trois responsables des Offices centraux chargés, à l'Office fédéral de la police, de la poursuite du crime organisé et du blanchiment d'argent.

Il y restera cinq ans et y vivra le prélude à la grande réorganisation qui va voir la lutte contre la grande criminalité économique et financière internationale devenir une compétence exclusive de la Confédération. La période est mouvementée, la jeune garde, dont Michael Lauber fait partie, insiste pour séparer le renseignement de la nouvelle police judiciaire, qui a besoin de profils aiguisés dans le domaine de l'analyse criminelle et financière.

M. Lauber part en 2000, presque en même temps qu'un autre jeune et haut fonctionnaire de valeur, Daniel Thelesklaf, responsable du combat contre le blanchiment.

L'expérience du Liechtenstein

Il s'installe quelque temps comme avocat à Zurich avant d'être engagé, en 2001, à la tête de l'autorité anti-blanchiment du Liechtenstein. En 2004, il change encore une fois d'orientation et devient, toujours à Vaduz, directeur de l'association des banques de la Principauté, fauteuil qu'il occupe jusqu'en 2009. En 2010 et 2011, il préside l'Autorité de surveillance des marchés financiers du Liechtenstein.

A ces fonctions, il accompagne la mutation de la place financière de Vaduz après le scandale de la banque de la maison princière LGT, en 2008, quand des listes de clients tombent aux mains du fisc allemand. Les réseaux qu'il a pu se constituer, sa crédibilité auprès des milieux financiers lui seront précieux dans ses nouvelles fonctions.

Le 28 septembre 2011, l'Assemblée fédérale l'élit à la quasi-unanimité au poste de procureur de la Confédération. Il succède à Erwin Beyeler, qui venait d'être désavoué par le Parlement. Quatre ans plus tard, il est réélu sans coup férir par 195 votes valables sur 216. C'est en revanche de justesse qu'il a donc été réélu pour un troisième mandat mercredi (129 voix sur 243 valables). (ats/nxp)

Créé: 25.09.2019, 11h50

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