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Gaffe diplomatique Des propos d'Alexis Tsipras irritent trois pays

Le gouvernement allemand a qualifié de «faute» les propos tenus samedi par le premier ministre grec. Alexis Tsipras avait accusé l'Espagne et le Portugal de s'être ligués contre la Grèce lors des négociations sur la dette hellène.

Le premier ministre grec Alexis Tsiparas.

Le premier ministre grec Alexis Tsiparas. Image: ARCHIVES/Keystone

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Le premier ministre grec Alexis Tsipras avait accusé ce samedi 28 février l'Espagne et le Portugal de s'être ligués contre la Grèce lors des négociations sur la dette hellène. Madrid et Lisbonne avaient vivement réagi dimanche à ces attaques.

La déclaration d'Alexis Tsipras «était une faute très inhabituelle selon les critères européens. Cela ne se fait pas dans l'Eurogroupe», a déclaré Martin Jäger, porte-parole du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble-Il s'est exprimé lundi lors d'une conférence de presse.

Les relations entre Berlin et Athènes se sont nettement tendues depuis l'arrivée au pouvoir en Grèce de la gauche radicale Syriza. Celle-ci a promis de remettre en cause la politique de réformes économiques défendue par l'Allemagne en Europe.

Les députés allemands avaient approuvé vendredi la prolongation d'un programme européen de soutien financier à la Grèce, malgré de fortes réticences dans la population allemande. Wolfgang Schäuble a affirmé que ce soutien à la Grèce n'était «pas une décision facile», notamment en raison des prises de position récurrentes du gouvernement grec contre les contreparties aux aides financières imposées par les créanciers (UE, FMI, BCE).

Confiance entamée

Martin Jäger a pris lundi la défense de l'Espagne et du Portugal. Ces deux pays «sont des partenaires avec lesquels nous coopérons très étroitement. Nous avons une très haute reconnaissance pour ce qu'ils ont réussi sur la voie des réformes ces dernières années», a-t-il dit.

Interrogé sur la confiance que l'Allemagne pouvait placer dans les engagements de réformes arrachées à la Grèce après d'âpres négociations, Martin Jäger n'a pas caché les doutes de son ministre. «C'est un fait que beaucoup de confiance a été perdue ces dernières semaines», a-t-il déclaré.

Compromis contesté

Le compromis conclu par Alexis Tsipras à Bruxelles pour prolonger l'aider européenne à la Grèce est contesté dans ses propres rangs et a fait descendre des manifestants dans la rue. Samedi, il a accusé l'Espagne et le Portugal d'avoir voulu conduire son pays à «une asphyxie financière» lors des négociations.

«Ces puissances ne souhaitaient pas que l'exemple grec ait une influence sur d'autres pays, surtout dans la perspective des élections en Espagne» prévues pour novembre, et en septembre ou octobre au Portugal, a-t-il dit.

Chercher des boucs émissaires

L'Espagne et le Portugal lui ont répliqué sèchement dimanche soir. Les deux pays ont reproché au chef du gouvernement Alexis Tsipras de chercher des boucs émissaires face aux difficultés qu'il rencontre en Grèce.

Ils ont aussi protesté officiellement auprès de Bruxelles. Madrid a appelé le Conseil européen et la Commission européenne à «condamner les déclarations» d'Alexis Tsipras, selon une source du gouvernement espagnol.

«Nous ne sommes pas responsables de la frustration qu'a créée la gauche radicale grecque en faisant des promesses qu'elle savait intenables», s'est emporté dimanche soir le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy. «Se chercher un ennemi à l'extérieur (...), nous l'avons déjà vu plusieurs fois dans l'histoire. Cela ne résout pas les problèmes», a-t-il expliqué devant des militants de son parti à Séville.

Portugal outré

Le ton était tout aussi outré au Portugal. Ces accusations «sont totalement absurdes et (...) tristes de la part d'un dirigeant qui devrait être à la hauteur de ses responsabilités», a fustigé dimanche le porte-parole du parti gouvernemental de centre droit PSD.

Les déclarations de Tsipras «sont très graves, lamentables et fausses (...) Les difficultés internes que traverse Syriza ne suffisent pas à justifier» de tels propos, a-t-il assuré en marge d'une réunion des partis au pouvoir à Porto. (ats/nxp)

Créé: 02.03.2015, 15h25

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