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Espagne Le roi est un «hooligan avec une couronne»

Quim Torra a avoué mercredi à l'Université de Genève avoir été très déçu du comportement de la royauté lors des soulèvements.

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Le président catalan Quim Torra estime que le roi d'Espagne Felipe a oeuvré comme un «hooligan avec une couronne» après le référendum de 2017. Mercredi à Genève, il a menacé d'une sécession si le gouvernement n'accepte pas une médiation internationale.

Il y a deux semaines, une lettre de M. Torra au président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez lui demandant d'accepter un tel mécanisme avait été dévoilée. Le président catalan avait aussi envoyé une copie à 40 dirigeants, dont le président de la Confédération Alain Berset ou les chefs d'Etat américain Donald Trump, russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping.

Cette médiation est indispensable «pour garantir qu'une solution politique est activement recherchée», a dit M. Torra dans son discours à l'Université de Genève. Et que le gouvernement espagnol se conformera à un accord.

Le rejet de ce scénario par les autorités «ne peut être une excuse pour éviter que des acteurs internationaux aient un rôle» positif, insiste le président catalan qui a appelé à une «pression politique». Sans médiation, la situation va «se détériorer».

La répression après le référendum et les peines de prison auxquelles pourraient être condamné neuf dirigeants indépendantistes détenus rendent la possibilité d'une sécession «de plus en plus forte», dit M. Torra. Il a affirmé que son gouvernement n'acceptera jamais une telle sentence contre ses camarades.

Société suisse saluée

Celui qui a travaillé dans le canton de Zurich il y a quelques années dit «admirer» la démocratie suisse, «un exemple pour le monde entier». Il a relevé que plus de 54% des relations commerciales avec l'Espagne sont liées à la Catalogne.

Il est venu en Suisse alors que son parti est divisé depuis une semaine avec l'autre faction indépendantiste. Selon des sources proches du président catalan, il avait prévu des rencontres également en dehors de Genève, sans davantage de précision. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) avait précisé à Keystone-ATS qu'aucune réunion avec le conseiller fédéral Ignazio Cassis ni aucun autre de ses représentants n'était prévue.

Cette visite en Suisse n'a pas fait l'unanimité. Un groupe favorable au maintien de la région en Espagne a fait part au rectorat de l'Université de sa protestation. Et il avait auparavant demandé au Ministère public de la Confédération (MPC) d'ouvrir des investigations contre M. Torra, pour apologie de la violence, et contre ses soutiens en Suisse.

L'ancien président catalan Carles Puigdemont, en exil en raison des accusations de rébellion auxquelles il fait face, s'était exprimé à Genève il y a quelques mois. Deux anciennes responsables politiques recherchées par la justice espagnole, Anna Gabriel et Marta Rovira, se trouvent en Suisse depuis plusieurs mois. M. Torra a remercié «la société suisse pour le traitement qu'elles ont reçu» à Genève. (ats/nxp)

Créé: 17.10.2018, 20h51

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