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Hockey sur glace «La saison 2016-2017 a été un vrai calvaire»

Dans l’œil du cyclone il y a douze mois, Christian Dubé, le directeur sportif de FR Gottéron, s’apprête à fêter une accession aux play-off. Il raconte tout ce qu’il a traversé en un an.

Image: Keystone

CHRISTIAN DUBÉ EN DATES

1977

Christian naît en avril. Son papa, Normand, dispute les play-off avec les Nordiques de Québec, en NHL.

1980

Les Dubé débarquent à Sierre, où son père jouera cinq ans. Christian y apprivoise le hockey.

1993

Christian rejoint la Ligue junior majeure du Québec. Un tremplin vers la NHL, où il jouera 36 fois.

1999

Retour en LNA (Lugano), où il bénéficiera de sa licence suisse. Deux fois champion avec Berne.

2011

Arrivée à Fribourg, après neuf saisons dans la capitale. Avec FR Gottéron, il jouera et perdra une finale (2013).

2015

Il met fin à sa carrière, malgré un contrat valable encore un an. Endosse le rôle de directeur sportif.

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Christian Dubé, quel est le meilleur directeur sportif en poste en National League?

(Il réfléchit) Ils font du bon boulot à Bienne et à Zoug. Après, il faut voir les moyens à disposition. Sans vouloir manquer de respect à mes collègues de Berne ou de Zurich, c’est peut-être plus facile de travailler là-bas qu’à Langnau, par exemple. Ici, avec le budget à disposition pour la première équipe, c’est déjà bien de pouvoir accrocher une 6e ou une 7e place en fin de saison régulière.

Comment avez-vous vécu la mise sous pression du public dans le «cas» Killian Mottet?

Ça, c’est Fribourg. Mon rôle n’est pas de faire de la politique, mais d’engager des joueurs capables de faire gagner une équipe. Que diraient les gens si leur club était composé à 100% de Fribourgeois, mais qu’il perdait toujours?

Que vous faites du mauvais boulot.

Voilà. Début décembre, Killian ne méritait pas de nouveau contrat. En janvier, il s’est amélioré. Je lui ai d’abord proposé un an. Puis deux ans parce que ses performances ont enfin été à la hauteur de ce que j’attendais de lui. Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis.

Votre travail est-il plus compliqué à exercer à Fribourg qu’ailleurs?

Disons qu’ici, où le hockey est omniprésent, c’est intense. Tout le monde vient se mêler de tout et me dit ce qu’il pense. Souvent sans filtre. La saison passée a été un calvaire. Ce n’est jamais évident d’avoir son effigie sur un char de carnaval ou d’avoir quelqu’un qui vous met sous le nez un article de presse dans lequel vous en prenez pour votre grade.

Aimeriez-vous pouvoir prendre davantage de distance par rapport à votre lieu de travail?

Mais je suis toujours ici (ndlr: l’interview s’est déroulée au restaurant de la BCF Arena). Il y a deux ans, j’ai déménagé. J’habite à deux minutes de la patinoire. Mes deux enfants y jouent au hockey. Je n’ai pas le choix. C’est plus pratique. Ce n’est pas du dédain envers les gens, mais j’ai parfois été contraint de mettre de la distance. À Fribourg, j’aimerais pouvoir parler d’autre chose que de hockey.

Quelle est la critique qui vous a le plus touché?

Certaines entendues après la mise à l’écart de Marc-Antoine Pouliot. Les gens ne connaissent rien de l’envers du décor. Ils savent ce qu’il y a en surface, mais le reste… Vous m’avez aussi dit que j’étais attendu au tournant en 2017-18. Ces remarques ne sont pas évidentes à accepter et à expliquer à vos enfants. Après, je n’ai pas tout entendu non plus. Heureusement.

Vos dirigeants vous ont toujours soutenu. Cela vous a-t-il aidé à traverser ce calvaire, comme vous dites?

Je leur en suis très reconnaissant. C’était déjà assez difficile à vivre comme ça. J’ai toujours senti Michel Volet (le président) et Raphaël Berger (le directeur général) derrière moi. Ça a aidé le club à s’en sortir.

Ces critiques vous ont aussi amené à modifier votre équipe en profondeur en y amenant beaucoup de leadership. Quel est le joueur engagé l’été dernier qui vous a le plus apporté dans le vestiaire?

Jim Slater. Il est pro de A à Z. Il dit les choses en face. Il n’a peur de rien. C’est un gars exemplaire, à tous les niveaux.

Avez-vous eu peur, en décembre, de voir votre équipe retomber dans ses vieux travers?

À Noël, il y a eu une prise de conscience. Nous avons profité de cette pause pour revenir aux bases. Les coaches ont fait un gros travail. Il était nécessaire, car la barre s’était rapprochée dangereusement.

Le pétage de plombs de Barry Brust, qui a balancé son matériel sur la glace le 22 décembre à sept dixièmes d’une défaite 5-4 contre Ambri, a-t-il été le point culminant de la pire crise traversée cette saison?

Le lendemain, Barry a été suspendu et privé de glace à Berne. Le cas a été réglé à l’interne. Avec Mark French, il y a des limites à ne pas dépasser, un règlement à suivre, des préceptes à respecter. Le traitement est le même, que vous vous appelez Chiquet, Cervenka, Sprunger ou Brust.

Mark French, c’est aussi l’un de vos bons coups, n’est-ce pas?

Dans notre situation, il était primordial de trouver un coach capable de mettre en place un système défensif rigoureux. Avant de l’engager, il m’a présenté ses schémas de jeu, sa vision des choses. Il a vite été clair qu’il était l’homme de la situation. Il ne demande pas 12 000 choses à ses joueurs. Les défenseurs doivent être capables de sortir le puck de leur zone proprement et de le donner aux attaquants. La saison passée, nous étions perdus.

Yannick Rathgeb, bien plus solide et constant qu’il y a douze mois, est-il en quelque sorte emblématique du changement observé à la BCF Arena?

Il n’y a pas que lui. Il y a douze mois, tout le monde se demandait si des gars comme Chavaillaz ou Kienzle savaient encore jouer au hockey.

La pause olympique est-elle mal tombée pour FR Gottéron, qui a vécu une bonne période en janvier?

Au contraire, elle fait du bien. Durant cette période, nous avons joué en effectif réduit. Lors de certains matches, je me suis retrouvé avec John Fritsche dans ma deuxième triplette et onze attaquants valides sur la feuille de match. Malgré ça, nous avons marqué de précieux points. Je lève mon chapeau à tout le monde.

Comme les play-off seront atteints, sauf tremblement de terre, avez-vous revu vos ambitions à la hausse pour la fin de saison?

Pas du tout. Quand nous serons en play-off, tout peut arriver.

Créé: 27.02.2018, 16h39

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