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Interview Claire Chazal: «Le JT me manque parfois»

Présente à Genève pour une conférence avec la Société de lecture, la présentatrice a confié avoir tourné la page TF1, malgré la nostalgie.

Vidéo: Laura Juliano/Le Matin

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Son premier JT sur TF1

C’était le 16 août 1991, Claire Chazal nous sort la date de son premier journal sur TF1 en une seconde: «Je me souviens parfaitement. Surtout de la fatigue. On a le sentiment que c’est une montagne à gravir le matin. Et maintenant, quand j’y repense, ça me fait sourire. C’est un jour inoubliable.»

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Mardi soir, Claire Chazal était l’invitée de la Société de lecture de Genève. Une soirée durant laquelle elle a parlé de sa passion de la littérature. Calme. Agréable. À peine arrivée dans le lobby du Mandarin Oriental, elle attire les regards. «J’ai l’impression que ce qui nous lie avec le public n’a pas disparu. Le lien est encore très fort. Mais je sais que cela va finir par se raréfier. Les jeunes ne m’auront pas vue au journal», glisse-t-elle le sourire en coin. L’ex-reine du journal de 20 heures de TF1 passe sa main dans ses cheveux blonds avant d’expliquer: «Parfois ça me manque. Comme durant la campagne présidentielle l’année dernière. Même au moment des attentats du 13 novembre 2015, je me disais que ma place devait être là. C’était un vendredi soir. J’étais chez des amis et je venais juste de quitter mon travail. Je me suis sentie inutile.»

France 5, un challenge

Si elle avoue que son licenciement après 24 ans de collaboration a été brutal, elle confie être passée à autre chose grâce à une nouvelle opportunité: la présentation depuis deux ans d’«Entrée libre» sur France 5. «Je regardais le programme avant d’y participer. J’ai essayé d’y ajouter ma touche personnelle. On invite des personnalités du monde de la culture qu’on aime et on leur propose de commenter l’actualité.» Un vrai challenge pour la Française de 61 ans, qui précise toucher trois fois moins d’argent qu’auparavant. «Cela n’a rien à voir avec les salaires de TF1. Mais ce ne sont pas les mêmes responsabilités. Je ne présente plus du direct, ce ne sont plus 10 millions de gens derrière leur poste et puis c’est le service public. Je ne critique pas, c’est un constat.»

Ne pas décevoir ses parents

Même si elle a rebondi assez rapidement, Claire Chazal décrit cette période de transition comme «difficile». Elle réajuste son pull en laine et enchaîne: «J’ai pu m’appuyer sur mes amis et mon fils. C’est essentiel d’être entourée dans ces moments-là.» François Chazal Poivre d’Arvor, 22 ans, qu’elle a eu avec Patrick Poivre d’Arvor, a été très présent. Il a ironiquement aussi été «un peu préparé», car son père avait été évincé du même poste sept ans avant.

Lorsque l’on continue de parler de l’année 2015, il est impossible pour la journaliste d’ignorer le décès à 89 ans de sa mère, Josette. «C’est le cours de la vie. Mais tout est arrivé en même temps.» Sa voix tremble un peu, son regard se perd dans le décor. Elle affirme être d’un côté soulagée que ses parents n’aient pas vécu son départ. «Ils auraient été tellement inquiets. J’aurais eu l’impression que le monde s’écroulait. Je préfère qu’ils aient vu une carrière linéaire.» La présentatrice ajoute qu’elle avait assez de choses à gérer à ce moment-là et que cela leur aurait juste causé de la peine: «Ils n’auraient peut-être pas compris. Ils auraient pensé que je n’ai peut-être pas bien fait.» Pourtant, elle ne les a jamais déçus. Claire Chazal se décrit comme «une fille sage» qui lisait beaucoup: «La collection rose, la comtesse de Ségur, les Alexandre Dumas… Je ne vois pas comment on peut vivre sans lecture.» Et après son diplôme en HEC, elle se réoriente. «Je n’étais pas prête à cette vie. Par rejet peut-être de ce à quoi me destinaient mes études ou par rejet de l’entreprise.»

Elle adore l’économie, l’écriture et commence à sonner aux portes des journaux. «Je suis alors rentré au Quotidien de Paris. Et j’ai senti instantanément que c’est ce que j’aimais faire.» Ses géniteurs, un peu dubitatifs au départ, pensaient que le journalisme était un travail très instable et précaire. «Bien sûr, je gagnais moins d’argent en comparaison avec ceux de ma promotion HEC. Environ trois fois moins. Mais cela m’était égal. On vivait avec peu, je savais que j’allais grandir dans ce métier. La télévision est venue ensuite par hasard.»

La danse rythme sa vie

Au-delà de cette passion pour son métier, la présentatrice a un autre amour depuis l’enfance: la danse. Un mot qui revient souvent tout au long de notre entretien et qui illumine son visage. «J’en faisais petite. J’ai beaucoup pratiqué. Sans doute, je n’étais pas assez douée. Mais je ne le regrette pas car j’adore le métier que j’exerce. Aujourd’hui, j’essaie d’y aller aussi souvent que possible. Au moins quatre fois par semaine. C’est aussi un effort physique car je suis avec des professionnels.»

Si elle ignore pourquoi elle a arrêté de pratiquer il y a des années, elle se souvient parfaitement pourquoi elle a recommencé. Il y a 11 ans, elle a participé à une émission pour l’association Ela. Les personnalités devaient montrer un talent. «J’ai alors repris le travail avec le chorégraphe Redha. Et les danseurs qui m’ont bien accompagnée durant la prestation m’ont proposé de les joindre.» Entre la danse, son émission télé, ses deux chroniques radio hebdomadaires, la préparation de ses interviews et ses voyages, elle trouve encore le temps de sortir «quatre fois par semaine» pour voir une pièce de théâtre, un opéra ou un film. «Je voulais partir juste après la conférence, mais il n’y a plus de train», conclut-elle, pressée de reprendre son rythme parisien qui l’anime. (Le Matin)

Créé: 01.02.2018, 10h19


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