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Trauma Enora Malagré: le jour où une infirmière a dit «Ça t'apprendra»

L'animatrice avait mal supporté le médicament pour son avortement et s'était évanouie. L'employée n'a pas voulu l'aider.

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Enora Malgré avait déjà expliqué avoir avorté à deux reprise, sans jamais donné plus d'explications. Sur son site «La WTF», l'animatrice explique pourquoi elle a fait ce choix il y a des années. «Il ne se passe pas un jour sans que j'imagine ces deux potentiels enfants, moi qui aujourd'hui hurle de tristesse contre ces entrailles qui ne veulent plus me faire ce cadeau, rongées par cette saloperie d'endométriose. Il ne se passe pas un jour, où, seule devant ma glace je ne me sens pas triste. Pourtant je ne regrette jamais. Jamais.»

La première fois, elle avait à peine 20 ans. Elle venait de se mettre en couple et tout était beaucoup trop tôt. «J'ai choisi la méthode médicamenteuse. Ça s'est bien passé. J'ai eu mal mais n'ai pas souffert de complications.» Mais la seconde fois a été plus compliquée.

Elle était plus âgée et bien installée dans son couple. «Mais l'homme avec qui je partageais ma vie faisait un métier instable. Il n'était pas souvent là et je sentais que ce n'était pas le père que j'aurais voulu pour mon enfant. L'avenir m'a donné raison... Et puis de mon côté, c'était le début d'une vie professionnelle que j'attendais depuis longtemps. Ça décollait enfin, ce n'était pas le moment. Peut-être ai-je commis une erreur, sans doute l'égoïsme a-t-il pris le dessus. Je ne le regrette pas. Encore une fois, c'est ma vie, c'est mon corps.»

Tout pour essayer de la faire culpabiliser

A l'hôpital, rien ne s'est passé comme prévu. «Dans un premier temps, le salaud de gynéco a fait exprès de me faire écouter le cœur qui bat... (pour bien me faire culpabiliser). Une fois ravagée par la honte, ils m'ont mise dans la chambre d'une femme enceinte...», se souvient-elle.

Elle a très mal réagi aux médicaments. «Les douleurs ont été violentes et je me suis évanouie dans la salle de bains de la chambre d'hôpital au moment où je devais expulser la cellule de mon corps. Alors que j'étais étendue sur le sol, à demi réveillée, une infirmière s'est approchée de moi et m'a glissé à l'oreille: «Ça t'apprendra.» Je ne l'oublierai jamais. Elle m'a laissé sur le sol, a enjambé mon corps meurtri et est retournée s'occuper des femmes plus acceptables.»

Malgré cet épisode violent, Enora conclut: «Oui j'ai avorté. Nous avons la chance aujourd'hui de pouvoir décider de mener ou non notre grossesse à terme, de pouvoir être des femmes épanouies et de bonnes mères potentielles, au bon moment. J'insiste: malgré ma difficulté aujourd'hui à être mère, je ne regrette pas une seconde mes choix.»

Créé: 30.09.2018, 12h45

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