Samedi 15 décembre 2018 | Dernière mise à jour 00:05

Interview Julien Lepers: «J’ai eu une éducation stricte»

Hier soir, il a animé les «Coups de cœur» avec Alain Morisod. Confidences d’un homme d’habitude très secret…

Né en 1949, Julien Lepers (Ronan Gerval Lepers de son vrai nom) a composé des morceaux célèbres pour Sheila ou Michel Delpech. Et surtout «Pour le plaisir» d’Herbert Léonard, qu’il reprend dans la tournée «Age tendre et tête de bois». A voir à Genève le 16 novembre.

Né en 1949, Julien Lepers (Ronan Gerval Lepers de son vrai nom) a composé des morceaux célèbres pour Sheila ou Michel Delpech. Et surtout «Pour le plaisir» d’Herbert Léonard, qu’il reprend dans la tournée «Age tendre et tête de bois». A voir à Genève le 16 novembre.

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Quand il décroche le téléphone, sa voix, ses intonations, son débit vous propulsent sur le plateau de «Questions pour un champion». Mais Julien Lepers, qui interroge les candidats depuis 25 ans, n’aime pas trop qu’on lui en pose.

Julien Lepers, qui êtes vous?

Qui je suis? Vous me connaissez mieux que je ne me connais! Je suis animateur, compositeur. Je vis ma vie d’homme simplement.

Votre tout premier souvenir?

Je voyais passer leurs camions et j’ai voulu être pompier. Comme tous les petits garçons.

Etiez-vous un enfant sage?

Non. J’adorais balancer l’eau de lessive depuis la fenêtre du 2e où nous habitions. Je calculais bien mon coup et la personne se ramassait l’eau sur la tête. Ça me faisait rire. Un jour, un flic a frappé à notre porte juste après. Et j’ai reçu la plus belle fessée de ma vie! (Rires.)

Dans l’enfance, quel fut votre plus grand choc?

J’ai eu une enfance normale. Et, comme je jouis d’une mémoire assez sélective, c’est pratique. J’oublie les choses qui font souffrir.

Votre mère vous disait-elle «je t’aime»?

Pas tellement, non, malheureusement. J’ai reçu une éducation à l’anglaise qui a laissé des traces. Il ne fallait pas montrer ses sentiments. J’ai été aimé mais sans démonstration. C’est un de mes regrets. Le contraire aurait été mieux. Comment avez-vous gagné votre premier argent?

J’ai gagné sur RMC un concours d’animateurs en 1973 devant 3500 candidats. Je devais gagner ma vie, mon père ne me donnait rien! Comme je composais déjà pas mal de chansons (ndlr: il a ensuite sorti plusieurs morceaux et composé pour Sheila, Sylvie Vartan, Michel Delpech ou encore Herbert Léonard), j’ai pensé que la radio serait un bon moyen d’approcher ce milieu. J’ai vu juste. J’ai passé cinq ans sur RMC. La première année, je terminais mon droit et faisais mon service militaire en même temps.

Que vouliez-vous devenir?

Je me voyais dans l’animation, la communication et la musique surtout. J’ai des parents musiciens (ndlr: un père chef d’orchestre, une mère chanteuse). J’ai toujours fait beaucoup de musique. Après le bac, j’ai fait du droit car il fallait bien étudier. Ça m’a plu. Et le droit mène à tout à condition d’en sortir! (Rires.)

Votre premier amour?

J’avais 14 ans. Elle s’appelait Irka Soler. Elle était d’origine ukrainienne et vivait dans mon village du Loir-et-Cher. Elle ne savait pas que je l’aimais… Ma première peine de cœur! J’en ai eu beaucoup. Plus souvent qu’à mon tour.

C’est quoi, le vrai bonheur?

La sensation du bonheur, on la saisit toujours trop tard. C’est une notion si fragile et fugace que je ne la cherche pas. C’est inatteignable. Je tente de m’en approcher.

Quelle est la plus belle de vos qualités?

La persévérance, la ténacité, la volonté. Je suis courageux, enfin assez courageux. C’est prétentieux quand même, non? Tant pis!

Avez-vous déjà volé?

Je prends l’avion très souvent. Pas vous? C’est pratique… Ah, je n’avais pas compris la question! (Rires.) Oui, enfant, j’ai volé des bonbons.

Avez-vous déjà tué?

Non, mais j’ai horreur des souris et des rats. Ce n’est pas loin de la phobie. Là, oui, si j’en voyais, je taperais dessus. Enfin si je peux…

Si vous aviez le permis de tuer quelqu’un, qui serait-ce?

Personne. Je suis bienveillant, tolérant vis-à-vis du genre humain. Je passe vite l’éponge.

Avez-vous payé pour l’amour?

Non, je crois que je n’en ai pas besoin. Une fois, une fille m’a fait faire douze heures d’avion pour la rejoindre. Je suis parti sur un coup de tête alors qu’elle me menait en bateau. Quand je suis arrivé sur place, elle n’était pas là, et j’ai passé trois jours seul comme un idiot. On peut dire que j’ai payé cher mon amour! (Rires.)

Avez-vous déjà menti à la personne qui partage votre vie?

Oui, mais seulement des mensonges pieux. Pour ne pas faire de la peine.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Alain Rey, l’auteur du «Dictionnaire culturel en langue française» en 4 volumes. Tiens, il faut que je l’appelle!

Qui trouvez-vous sexy?

Vous! Mais je ne vous ai jamais vue. (Rires.) Charlize Theron est magnifique. Lolita Morena est très belle. Je l’ai connue quand j’animais «Cœur en fête» (ndlr: en 1982) sur la RTS. Elle n’a pas trop changé, dites? Sinon j’aime aussi Aïda Touihri.

Pour qui était votre dernier baiser?

Pour la personne qui accompagne ma vie. Je ne dirai pas de qui il s’agit. J’ai droit à une vie privée, ce qui ne signifie pas que je suis privé de vie.

De quoi souffrez-vous?

Du manque de tolérance et de générosité qui nous entoure. Je ne suis pas le plus malheureux, j’ai donc envie d’aider.

Avez-vous déjà frôlé la mort?

J’ai eu un terrible accident. J’ai été à deux doigts de m’emplafonner. Je montais sur une route et une 2 CV descendait sur la même voie que moi. J’ai dû me rabattre sur l’autre voie où roulait déjà un véhicule. Nous avons tous deux fini dans le fossé. La 2 CV ne s’est même pas arrêtée. On ne l’a jamais retrouvée. Tous les frais ont été à ma charge.

Croyez-vous en Dieu?

Si je crois ou non, c’est personnel. J’aime les chants sacrés. Je vais à l’église autant que faire se peut. La musique est somptueuse. J’ai l’impression d’en ressortir meilleur.

Trois objets culturels à emmener sur une île déserte?

Le «Requiem» de Mozart, l’«Ave Maria» de Gounod, la «Cinquième» de Beethoven. Si je prenais plutôt des livres, ce serait «Ulysse» de James Joyce, «J’y étais» de Jean-Luc Moreau et «Le dernier jour d’un condamné» de Victor Hugo.

Combien gagnez-vous par an?

Je ne sais pas exactement combien je gagne, j’ai tellement d’activités. «Questions pour un champion» me prend 6 jours par mois. Les 24 autres, je fais de la musique, de la scène, j’écris. Mes revenus varient. Je paie l’ISF (ndlr: impôt de solidarité sur la fortune), ça vous donne une petite idée. Je suis né, je vis, je travaille et je paie mes impôts en France. Cela ne changera pas. Je pourrais vivre en Suisse, pays que j’adore et où je viens en vacances depuis que j’ai 4 ans, mais pas pour des histoires de sous.

Pensez-vous gagner assez par rapport au travail fourni?

Bonne question! (Rires.) On a toujours l’impression de ne pas être assez payé. Quand je ne suis pas heureux, j’ai un truc: je regarde autour de moi. Il y a toujours des pauvres, des gens qui ont beaucoup moins. Ça donne un coup de fouet!

Qui sont vos vrais amis?

J’ai des amis dans tous les milieux. Pas vraiment à la télé. On n’a pas le temps de s’y faire des amis. A la télévision, il faut avoir un ego assez développé. Mais je ne suis de loin pas celui qui a l’ego le plus développé.

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Je ne me connais pas d’ennemi. Peut-être qu’il y a des gens qui me détestent? Mais il n’y a personne que je déteste.

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Michel Drucker. Je l’aime bien. Je le trouve aussi frais qu’il y a vingt ou trente ans. Il a le feu sacré! Pareil pour Jean-Pierre Foucault.

Créé: 28.04.2013, 13h53

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