Mercredi 20 mars 2019 | Dernière mise à jour 01:57

People Mais pourquoi Karl Lagerfeld est-il si méchant?

Connu pour sa repartie cinglante, le Kaiser tire à tout va.

Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Je n’ai jamais été féministe, moi. Je ne suis pas assez moche pour ça!» Méchant, inélégant, à la limite de la bienséance, Karl Lagerfeld est connu pour ses répliques mouillées d’acide: «L’accent d’Eva Joly est une insulte à la langue française.» Rien ne l’arrête: «Si j’étais une Russe, je serais lesbienne tant les hommes russes sont laids. Il y a des exceptions comme l’ami de Naomi Campbell. Mais c’est là que vous verrez les plus belles femmes et les hommes les plus horribles.» Pas de pitié non plus pour les confrères: «Courrèges était génial en 1965 mais il a pensé que le style «Allons sur la Lune» tiendrait jusqu’en 2000. La grammaire de la mode n’est pas celle d’une langue morte.» Encore? «Une créatrice me disait que ses robes n’étaient portées que par des femmes intelligentes. Evidemment, elle a fait faillite.» Et toujours son sens de la formule: «La mode n’est pas faite pour les cloches alors dites à Aymeric Brias d’aller sonner Pâques ailleurs que chez moi.»

Il s’excuse envers Adele

Il a beau être blessant, on pardonne tout à Karl Lagerfeld. Même Inès de la Fressange est revenue vers lui. En 1989, il s’était pourtant séparé avec fracas de son égérie. Son tort? Avoir prêté ses traits à la Marianne. Trop «bourgeois et provincial» pour Karl.

Mais sa toute dernière salve, dirigée contre Adele, a fait déborder le vase. «Elle est un peu trop grosse mais elle a un joli visage», déclarait-il dans Métro. Réponse de l’intéressée: «Je pense représenter la majorité des femmes et j’en suis fière. De toute façon, mon corps n’a rien à voir avec ma carrière!» Le hic, c’est que Lagerfeld pensait faire un compliment. Gêné, il s’est excusé: «Ma phrase a été sortie de son contexte. Adele est une très belle fille. Je suis son plus grand fan. Elle est la meilleure.»

Une usine de lait condensé

De quoi calmer le Kaiser? Peut-être. Il dit ne pas aimer rire du physique. Car lui-même a été gros jusqu’à sa spectaculaire perte de poids en 2000. Ce qui ne l’a pas empêché de qualifier Heidi Klum de «lourde» il y a quelques années. Et de critiquer la peau de son ex-mari Seal, atteint d’un lupus: «Je ne suis pas dermatologue mais je ne voudrais pas avoir sa peau. La mienne est plus belle. Il a le visage couvert de cratères.»

Cette langue de vipère, qui lui vaut d’être le chouchou des plateaux de télévision, Lagerfeld la cultive: «Le politiquement correct rend le monde ennuyeux.» S’il en use et abuse pour créer le buzz, on devine qu’au fond l’homme n’est pas mauvais. «Je suis une caricature de moi. C’est un masque. Pour moi, le Carnaval de Venise, c’est toute l’année.»

Reconnaissable entre tous à sa queue-de-cheval grise poudrée, ses lunettes de soleil et son éventail, Karl Lagerfeld s’est longtemps fait passer pour un aristocrate. Or il n’en est rien. Derrière le masque, il est Karl Otto Lagerfeldt, né à Hambourg, dans une famille aisée, certes, mais grâce à l’usine de lait condensé de son père. L’année? Mystère. 1938, jure-t-il. 1933, indiquent certains documents.

En 1953, Karl et sa mère émigrent à Paris. C’est le début de sa rivalité professionnelle avec Yves Saint Laurent. Dès le premier concours, ils finissent ex aequo. La carrière d’YSL décolle vite, contrairement à celle de Karl. D’abord directeur artistique chez Jean Patou, puis Chloé, il travaille ensuite pour Balmain et Fendi, dont il crée le logo. La consécration arrive enfin en 1983: Lagerfeld prend la tête de Chanel.

Sans famille

Pourtant, les piques du couturier allemand ne sont jamais destinées à Saint Laurent. S’il n’a pas assisté à son enterrement en 2008, on sait qu’ils ont commencé par être amis. Jusqu’à ce que, à en croire la rumeur, YSL craque pour Jacques de Bascher, le grand amour de Karl. Il jure pourtant que c’est faux. Depuis la mort de Jacques de Bascher en 1989, Karl Lagerfeld semble se protéger derrière une armure, faite de succès, d’attaques cinglantes. Mais surtout de solitude, comme il le confie à Elle: «Je suis libre. Je ne vois même pas ma famille. Ma sœur est dans les bondieuseries. Elle a des enfants qui ne m’intéressent en rien.» (Le Matin)

Créé: 15.02.2012, 23h03

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Les plus partagés People