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Interview Toni Collette: «Je m’efforce d’être zen pour mes enfants»

L’Australienne excelle dans «Hérédité», un récit d’horreur angoissant, à voir en Suisse dès le 18 juillet 2018. Et jongle avec succès entre sa carrière, sa vie de famille et la musique.

À VOIR

«Hérédité»

Dans les salles romandes dès le 18 juillet 2018.
Avec Toni Collette, Gabriel Byrne, Milly Shapiro et Alex Wolff. Le film suit la famille d’Annie, qui, après le décès de la mère de celle-ci, voit des phénomènes étranges se dérouler dans leur maison.

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Dans «Hérédité», Toni Collette incarne une mère de famille tourmentée dont la vie bascule dans l’horreur après la mort de sa propre mère. La talentueuse actrice australienne, inoubliable interprète de «Muriel», du «Sixième sens» ou encore de «Little Miss Sunshine», est impressionnante dans ce rôle exigeant où elle doit souvent frôler l’hystérie. À 45 ans, elle mène sa carrière tambour battant tout en chantant avec son mari dans un groupe et en élevant ses deux enfants, Arlo Robert et Sage Florence, dont elle a les noms tatoués sur un poignet. «C’est l’écriture de ma fille, son œuvre», nous explique la pétillante comédienne lors notre entretien dans un hôtel londonien.

Vous avez joué dans plusieurs films d’horreur. Avez-vous un penchant pour l’épouvante?

Non, vraiment pas! Il paraît que j’ai tourné 68 films, dont quatre étaient des films d’horreur. Ce n’est donc pas quelque chose que je recherche. Je n’aime pas regarder ce genre de films. Cela dit, «Hérédité» n’est pas un film d’horreur typique. Pour moi, il s’agit d’un regard honnête, beau et douloureux sur le deuil et la façon dont les dynamiques familiales changent quand on traverse une épreuve aussi intense. C’est un drame familial qu’on ne peut pas vraiment catégoriser. Et, dans la vie, j’adore tout ce qu’on ne peut pas ranger dans des cases.

Pourquoi n’aimez-vous pas regarder ce genre de films?

J’ai un esprit trop fertile. Je n’ai pas besoin de ces images dans ma tête, j’ai assez de soucis dans ma vie! Si j’essaie de m’endormir le soir, c’est à ce moment-là qu’une scène va surgir dans mon cerveau et ensuite il n’y a plus d’espoir. Je fais attention à ce que j’absorbe parce que tout ce qu’on regarde nous affecte, et je n’ai pas de place pour ça dans ma tête!

Depuis toujours?

Quand j’étais adolescente et que j’allais à des soirées entre filles, il y a eu une phase où elles regardaient des trucs comme «Les griffes de la nuit». Même à l’époque, ça ne m’intéressait pas. J’avais juste envie de regarder des films de John Hughes.

Avez-vous participé à des séances de spiritisme, comme votre personnage?

Je ne le ferai jamais parce que je suis convaincue que le monde physique dans lequel on vit n’est pas tout ce qui existe. Il est exclu que je joue avec l’inconnu. Je me souviens qu’au lycée les gens parlaient de ça. Je savais déjà que c’était dangereux. On ne sait pas qui on invite à la table!

Vous vous donnez à fond dans ce rôle. Était-ce épuisant?

Oui, bien sûr. C’est mon job d’être aussi honnête que possible pour que les gens accrochent à l’histoire. J’ai naturellement de l’empathie et je me suis mise dans la peau de cette femme. Je ne puise jamais dans mon expérience personnelle parce que je trouve ça facile et comme une trahison de ma propre vie.

Étiez-vous soulagée à la fin d’une scène particulièrement intense?

Oui, les émotions de cette femme sont extrêmes, et c’était incroyable de pouvoir jouer ça. Elle a tellement de ressentiment et de rage en elle. Et elle ne comprend pas pourquoi jusqu’à ce que des choses horribles se produisent. Toute sa vie, Annie a eu le pressentiment que quelque chose clochait. Elle a d’ailleurs fini par épouser son psy, donc on sent qu’elle est vulnérable.

Êtes-vous l’opposé de cette femme enragée dans la vie, une mère zen?

Je ne me décrirais pas comme une personne calme, mais je m’efforce d’être zen pour le bien de mes enfants. Je pense que nous sommes directement affectés par nos propres parents, et cela se répercute sur nos rapports avec nos enfants.

Vos parents n’étaient pas acteurs. Comment êtes-vous devenue comédienne?

À 14 ans, j’ai joué dans une comédie musicale à l’école et j’ai adoré. Cela a été comme un éveil et je me suis sentie vraiment vivante. Un prof de musique a suggéré que j’auditionne pour un nouveau grand spectacle musical en Australie. Je n’étais pas consciente de mes aptitudes. Des milliers de gosses se sont présentés et j’ai décroché le rôle principal. Cela a été une expérience incroyable. Après, j’ai joué dans une autre pièce avec la même compagnie. J’étais douée pour les études, mais je savais que j’avais trouvé ma vocation. J’ai annoncé à mes parents que je quittais l’école pour devenir actrice. Vous auriez dû voir leur tête! Ils se faisaient tellement de souci.

Personne ne semble avoir oublié «Muriel». Les gens vous parlent-ils encore aujourd’hui du film qui vous a fait connaître?

Oui, même si 25 ans ont passé. J’avais 20 ans à l’époque et j’en ai 45 aujourd’hui. Je me souviens qu’après la sortie du film j’en avais marre d’entendre les gens répéter: «Tu es terrible, Muriel» (la phrase culte du film). Mais ils continuent à le dire aujourd’hui et, après toutes ces années, j’ai réalisé que c’est incroyable. Avec tous les films qu’il y a, que les gens restent aussi attachés à cette histoire et à ce personnage est vraiment extraordinaire.

Vous pouvez probablement tout jouer, mais y a-t-il quelque chose que vous refuseriez de faire devant la caméra?

J’allais dire me masturber, mais je viens de tourner une série intitulée «Wanderlust», dans laquelle je me masturbe! (Elle éclate de rire.) Je crois que, si l’histoire le justifie et si j’aime le récit, je ne dirais pas non à un défi. C’est bien de faire des choses qui nous effraient.

Votre mari est musicien et vous avez monté un groupe avec lui, Toni Collette the Finish. Est-il toujours actif?

Oui, j’adore la musique et je continue à écrire des chansons. Mais, entre ma carrière et mes enfants, je n’ai pas eu assez de temps pour me consacrer sérieusement à ça dernièrement. Cela ne veut pas dire que je ne le ferai pas. (Le Matin)

Créé: 17.07.2018, 17h28

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