Mercredi 14 novembre 2018 | Dernière mise à jour 16:00

L'interview indiscrète «Tout est dans les évangiles»

L’humoriste Tex, animateur des «Z’amours», est à Crissier mardi. Derrière son rire, il y a un croyant.

Irrésistible sur scène, Tex, alias Jean-Christophe Le Texier, est complexe.Il a des principes rigoureux et il est épicurien et rigolard. Joli mélange.

Irrésistible sur scène, Tex, alias Jean-Christophe Le Texier, est complexe.Il a des principes rigoureux et il est épicurien et rigolard. Joli mélange. Image: Visual Press Agency

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Tex, qui êtes-vous? Un humoriste animateur français né dans les années 60, qui mourra après l’an 2000 et essaiera, à son petit niveau, d’avoir bien détendu les gens.

Votre tout premier souvenir? Une maison avec plein d’enfants, nous étions six frères et sœur. Les grands amusaient les petits, et les petits servaient de jouets aux grands. Je suis né au Croisic dans une famille bretonne. J’ai très vite migré vers la Champagne avec mes parents.

Que faisait votre père? Il était vendeur et affineur de fromage. Le lien que j’ai depuis mon enfance avec la Suisse passe par là. On allait à Troyes, on traversait le Jura – un de nos gros fournisseurs – et on rejoignait la Suisse pour aller chercher le gruyère. J’ai été marqué par cette longitudinale.

Etiez-vous un enfant sage? Oui. Mais j’étais turbulent à l’école. Avec le besoin d’épater la galerie, de me singulariser. De faire le con!

De quoi aviez-vous peur? Que mes parents meurent. Selon moi, l’ensemble de ce frêle équipage tenait grâce à eux.

Quel fut votre plus grand choc? J’ai été préservé. Le plus étonnant, en dehors des chocs, c’est que je n’ai vu la mer et la montagne qu’à 20 ans. On ne partait pas en vacances. Nous avions une belle maison avec un jardin, ce n’était pas «Rémi sans famille», mais il fallait économiser pour élever les six gamins. J’étais le plus jeune des garçons et il y a eu une petite sœur.

Votre mère vous disait-elle «je t’aime»? Très peu. Mais elle donnait plus que de l’amour. J’ai même été son rempart à un moment donné…

Votre tout premier argent? J’ai été pion à 17 ans. Ma mère percevait la somme et payait mes études.

Que vouliez-vous devenir? Marin, puis instituteur et prof de gym. J’ai échoué au concours de prof de gym et j’ai eu celui d’instit au bout de la troisième fois.

Que vouliez-vous enseigner? Le théâtre. Mais je me suis heurté à la bureaucratie étatique. Il aurait fallu attendre trois ans. C’était trop.

L’amour pour la première fois, c’était quand et avec qui? J’ai été interne. Les écoles n’étaient pas mixtes. Ce n’est donc qu’à 16 ans, en quittant le collège pour les études supérieures, où il y avait des filles, que j’ai connu l’amour avec la plus belle du lycée. Ça n’a pas duré. Elle est partie avec un autre. J’ai connu l’amour et le chagrin additionnés. C’est intimement lié. Et ça l’a été toute ma vie.

Le vrai bonheur? Le lundi ne doit pas ressembler au mardi et encore moins au mercredi.

Vous aimez la diversité aussi sur scène. Vous improvisez. Oui. On doit livrer l’intensité du moment. Elle n’est pas la même à Neuchâtel ou à Orthez. Les gens, la géographie, tout change.

Votre plus grand regret? Mon manque de rigueur. Il m’a fermé quelques portes et m’a permis d’être ce que je suis. Je n’en suis pas malheureux. Si j’avais été plus rigoureux, je serais peut-être allé plus haut dans le one-man-show. J’ai commencé avec Gad Elmaleh, Dany Boon et Jamel, et moi j’ai dévié un peu vers la télévision.

Avez-vous déjà volé? Jamais. Ma mère disait: «Mentir, c’est le pire des défauts.»

Avez-vous déjà tué? Je tue en permanence le temps qui passe. Malgré tout, c’est lui qui me tuera.

Si vous aviez le permis de tuer quelqu’un, qui serait-ce? Personne ne mérite de mourir. Même le pire des salauds.

Avez-vous payé pour l’amour? On va dire que j’ai eu des moments difficiles… L’amour, on paie beaucoup pour ça. En permanence. (Rires.)

Vous êtes en tout cas le seul à être payé pour «Les Z’amours», que vous animez sur France 2. Récemment, une candidate vous a demandé d’arrêter de loucher sur ses seins. Elle le cherchait. Bizarrement, alors que je suis coutumier du fait, je ne m’en cache pas, je ne la regardais pas. Elle avait préparé son coup, sa petite phrase.

Avez-vous déjà menti à la personne qui partage votre vie? Non. On ment un peu par omission.

Qu’auriez-vous fait dans la peau de François Hollande? Il faut tout faire pour ne pas rendre les autres malheureux. Alors, plutôt que de mentir, on cache, on tait.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée? Adriana Karembeu.

Qui trouvez-vous sexy? J’adore vos compatriotes.

Anthony Kavanagh a succombé à une Valaisanne. Et vous? Ma femme est à moitié Suissesse. Son grand-père était Genevois.

Votre dernier baiser? Pour mes enfants. Une fille, deux garçons de 14, 12 et 8 ans.

De quoi souffrez-vous? J’évite d’aller au contact du mal. J’appelle ça «la limite Meoni» (ndlr: Fabrizio Meoni, motard). Il s’est tué, lors du Dakar de trop, à 40 ans.

Avez-vous déjà frôlé la mort? Non. Elle s’en souviendrait…

Croyez-vous en Dieu? Oui. J’étais un assez bon communiant. Les enseignements de l’Évangile sont des règles de vie incroyables. Je ne peux pas en donner de meilleurs à mes enfants. Dans notre famille, on se les racontait. Ma mère nous les lisait.

Quel est votre péché mignon? Le champagne. J’ai une règle: l’excès en tout est un défaut. Alcool, fêtes, femmes, drogue, scène et même le soleil.

Trois objets culturels à emmener sur une île déserte? «Voyage au bout de la nuit», de Céline, «The Lamb Lies Down on Broadway», de Genesis, et «Big Fish», de Tim Burton.

Combien gagnez-vous par an? C’est très indiscret. Un jour, j’ai fait une bêtise avec un membre de ma famille en lui disant: «Vas-y! J’ai tant d’argent à la banque». En raccrochant, j’ai réalisé que j’aurais dû me taire. Après coup, ça a été un empilage de catastrophes.

Pensez-vous gagner assez par rapport au travail fourni? Oui. J’aimerais entreprendre, mais la fiscalité française fait que l’on n’ose pas. Je joue au théâtre à Paris en ce moment et ça me coûte des sous. La pub, les salles, la technique, les attachés de presse: c’est très cher.

Qui sont vos vrais amis? J’en ai plein! Des amis d’enfance, du métier ou en dehors. Ce qui est formidable, c’est de pouvoir en avoir de nouveaux en avançant sur le chemin.

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis? Qu’ils s’en sortent et on redeviendra amis. Dans l’Évangile, on dit: il faut tendre l’autre joue. Quelle leçon!

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire? Jean-Marie Bigard, que j’apprécie. Il le sait. On a démarré ensemble.

C’est déjà fait. Quel bavard! Avec lui, ça va dans tous les sens, entre certitudes et doutes, ça devait être quelque chose! (Rires.) (Le Matin)

Créé: 25.01.2014, 13h43

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