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Rencontre Ben Affleck: «Montrer son pénis dans un film est banal»

Le duo du dernier David Fincher, Rosamund Pike et Ben Affleck, ne craint pas les scènes de sexe. Il en rigole même volontiers.

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C’est au festival du film de New York que «Le Matin» a rencontré Ben Affleck et sa partenaire Rosamund Pike, vedettes du dernier film de David Fincher. «J’ai une sale gueule, dit le comédien, j’ai attrapé un rhume de saison et mal dormi.» Fatigué par un tour du monde promotionnel de 6 jours, il n’en demeure pas moins souriant, toujours prêt à sortir un bon mot. Dans «Gone Girl» (dès demain sur les écrans romands), il incarne un patron de presse dont l’épouse disparaît et qui se retrouve suspect No 1.

Comment se prépare-t-on à tourner des scènes de sexe aussi graphiques que celles de «Gone Girl»?

Ben Affleck. – Le premier jour du tournage on dit: «Bonjour madame.» Ensuite, on apprend à faire connaissance et le moment venu on se met à poil et on rentre sous la douche sans réfléchir. Le plus délicat est de répondre à sa femme lorsqu’elle vous dit: «Bonne journée, mon amour. Tu tournes quoi aujourd’hui?» (Rires.)

Rosamund Pike. – Ben et moi n’avons plus 20 ans. Lorsqu’on lit le scénario et que l’on comprend ce qui est décrit dans chaque séquence, on ne peut pas ensuite venir se plaindre que le réalisateur ne vous a pas prévenu. Pour moi, entrer dans l’esprit de cette femme déroutante me suffit pour agir comme elle. C’est comme si ce n’était plus moi sur l’écran. En tout cas, c’est comme ça que je l’explique à mon compagnon. (Rires.)

B. A. – Quand un metteur en scène comme David Fincher vous dit de faire quelque chose, vous vous exécutez. Même pour montrer votre pénis à la caméra.

N’avez-vous pas hésité avant d’exhiber votre sexe?

B. A. – Vous n’allez pas me dire qu’un spectateur va être choqué en Europe parce que l’on voit le sexe d’un acteur dans un film! C’est monnaie courante. Et c’est très court, pardon la scène est courte pas… (Il éclate de rire.) Fincher tenait à montrer mon personnage sans aucune vanité.

R. P. – On demande souvent aux actrices d’être nues au cinéma. Je trouve ça important que des hommes trouvent aussi ce courage. Plus sérieusement, nos personnages sont tellement torturés que la scène sous la douche à laquelle vous faites référence est capitale pour comprendre la relation de ce couple.

Ben Affleck, David Fincher vous a choisi en déclarant que votre vie privée lui a fait penser à celle de votre rôle. Est-ce une allusion à votre aventure très médiatisée avec Jennifer Lopez?

B. A. – J’ai connu des années où les médias m’adoraient puis me tiraient dessus. Nick, mon personnage, est un golden boy de la presse prêt à tuer père et mère pour réussir jusqu’au jour où il perd son job et doit retourner vivre avec sa femme en banlieue. Sa descente aux enfers se poursuit lorsqu’il est accusé du meurtre de celle-ci qui a disparu.

Rosamund vous avez une dizaine de films à votre actif, mais beaucoup vont vous découvrir avec «Gone Girl». Comment résumer votre parcours?

R. P. – Mes parents étaient chanteurs d’opéra, mais je n’ai jamais voulu faire une carrière musicale. L’avantage de grandir dans une famille d’artistes est que l’on peut rêver d’être comédienne sans que cela semble impossible. J’ai étudié à Oxford avant de tourner pour la télé anglaise. C’est sur le petit écran que les producteurs de James Bond m’ont remarquée et m’ont proposé de tourner avec Pierce Brosnan dans «Meurs un autre jour».

Est-il vrai que vous avez évincé Charlize Theron et Reese Witherspoon pour ce rôle?

R. P. – Je n’entre jamais dans ce petit jeu, mais mon agent s’amuse à me citer des noms de stars avant mon audition pour me mettre la pression. Fincher m’a choisie car il m’a dit avoir vu en moi un mystère, une vulnérabilité, mais aussi une force qu’il n’arrivait pas à expliquer.

David Fincher est réputé pour épuiser ses comédiens en leur demandant plus de 20 prises par scène. Comment avez-vous vécu cela?

B. A. – Le vrai travail d’un artiste n’est pas d’être bon à l’écran, mais de s’abandonner pour devenir son personnage. Plus vous répétez une séquence et plus vous perdez pied avec la réalité pour être entièrement dans la peau de votre rôle.

Après un tournage aussi difficile sur le plan psychique, que fait-on pour l’oublier?

R. P. – Pour oublier «Gone Girl» je suis tombée enceinte. Rien de mieux que d’attendre mon deuxième enfant pour retrouver la réalité du quotidien. Et j’en suis ravie.

B. A. – Après «Gone Girl», j’ai accepté de devenir Batman. C’est un virage à 360 degrés comme j’aime les faire dans ma carrière pour éviter la monotonie.

Créé: 07.10.2014, 07h26


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