Lundi 20 août 2018 | Dernière mise à jour 12:31

Royaume-Uni «C'est comme si c'était notre mariage»

Une anthropologue a disséqué le mariage royal entre Harry et Meghan Markle qui aura lieu samedi.

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Lorsque le prince Harry épousera Meghan Markle samedi, l'anthropologue Kaori O'Connor observera avec une attention toute professionnelle ce «conte de fée pour adultes».

«C'est comme si c'était notre mariage, notre épouse», dit à l'AFP la chercheuse, attachée au University College à Londres. «Bien sûr, nous n'avons aucun lien de parenté avec eux mais ils nous symbolisent», relève-t-elle. «Ils représentent tout ce qui compte pour nous mais que nous ne sommes pas en mesure d'énoncer», selon elle.

Au moment où la société britannique est profondément divisée par le Brexit, les événements royaux sont un rare répit permettant de communier dans les mêmes valeurs. «Ca touche à quelque chose de profond», relève-t-elle, «des valeurs fondamentales telles que la loyauté, la famille, l'histoire et la foi dans son pays», qui vont résonner chez les Britanniques le jour du mariage.

Les événements royaux sont une version «simplifiée» de ces valeurs, pour O'Connor. «C'est quelque chose qu'on sent sans avoir à y réfléchir (...) Une grande cérémonie britannique vous fait venir les larmes aux yeux», assure-t-elle. Kaori O'Connor est l'auteur de plusieurs ouvrages d'anthropologie sociale, dont l'un sur «Le petit-déjeuner britannique».

«Comportement tribal»

Elle s'intéresse particulièrement aux fans qui camperont à Windsor, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Londres, la nuit précédant le mariage pour s'assurer d'avoir la meilleure vue lors du passage des jeunes mariés en calèche à travers la ville. «C'est un comportement tribal», souligne-t-elle.

Les touristes viennent du monde entier à Windsor pour le mariage, preuve que l'intérêt pour la cérémonie va bien au-delà du Royaume-Uni. Selon un sondage Ipsos réalisé auprès de 21'000 personnes dans 28 pays, un tiers des Britanniques sont «assez intéressés» par le mariage, mais cette proportion va jusqu'à 54% des sondés en Inde et 49% en Afrique du Sud, affirme l'étude.

Pour l'anthropologue, le mariage fournit la matière pour «un conte de fée pour adultes» qui peut marcher partout. «Un conte de fée qui devient réalité, c'est très rare, et pendant une minute, on peut tous se laisser aller à y croire».

Le mariage suscite un engouement aux Etats-Unis aussi, pays d'origine de Meghan Markle, puisqu'un tiers des Américains déclarent s'y intéresser, selon le sondage Ipsos. L'anthropologue y voit une preuve du besoin des Américains d'avoir des figures grand-paternelles, au-delà des affrontements entre dirigeants politiques dans leur pays.

«Le gros avantage de la monarchie, c'est d'offrir une structure et un ordre qui sont au-dessus du chaos démocratique que vous voyez par exemple avec la présidence américaine», relève-telle. «La monarchie est au-dessus de tout ça et représente une continuité. Le président américain change tous les 4 ou 8 ans, la monarchie est éternelle». (afp/nxp)

Créé: 17.05.2018, 08h20

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