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Interview Carlos Leal: «Le méchant, c'est toujours moi!»

Il va animer du 11 au 17 août 2018 une masterclass de cinéma. Mais, avant son passage en Suisse, l’acteur et ex-rappeur de Sens Unik a confié combien incarner un vilain est fascinant.

Carlos Leal (ici en 2015) vit et travaille à Los Angeles depuis 7 ans.

Carlos Leal (ici en 2015) vit et travaille à Los Angeles depuis 7 ans. Image: Laurence Rasti / Le Matin Semaine

DES FILMS EN PLEIN AIR

Le Cinéma en plein air de La Tour-de-Peilz se déroule du 22 au 25 août sur la place des Anciens-Fossés.

L’entrée est gratuite.

C’est dans le cadre de ce festival de cinéma que sera projeté le 24 août le court-métrage coaché par Carlos Leal (photo: lors du tournage en cours à Porto Rico d’un long métrage hollywoodien).

Infos masterclass: www.creationcinema.org
(Image: LMS)

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Il va quitter Los Angeles du 11 au 17 août pour soutenir des enthousiastes du septième art en marge du Cinéma en plein air de La Tour-de-Peilz. Le but: élaborer un court-métrage qui sera projeté à la fin du festival. Une occasion pour Carlos Leal de revenir sur sa carrière, qui prend, dit-il, un tour réjouissant. Et de nous parler de sa nostalgie de la Suisse, un pays qu’il apprécie de plus en plus.

C’est quoi cette masterclass où vous jouez les profs de cinéma au mois d’août?

Chaque année, le réalisateur Christophe Arnould, que je connais depuis longtemps, organise un atelier ouvert à des passionnés de cinéma qui sont prêts à créer un court-métrage en sept jours. Il invite alors un acteur avec une certaine expérience pour les soutenir. La mise en scène, ce ne sera pas forcément moi. Je serai là pour donner des conseils autant dans le jeu que dans la construction des personnages. Il faudra penser à tout: de la recherche des lieux de tournage à l’écriture du scénario. Et, bien sûr, les répétitions avant la réalisation par une équipe professionnelle. C’est intense, beaucoup de boulot, passionnant!

C’est aussi une belle occasion de revenir en Suisse, non?

Complètement! Retrouver cette Suisse que j’adore. Plus je suis loin d’elle, et plus je l’aime, c’est terrible. J’ai de la famille et des amis pour la vie ainsi que mes anciens potes de Sens Unik. Et j’ai bien l’intention de les revoir. Pas de doute, quand je serai vieux, je reviendrai définitivement dans la Heimat, comme disent les Alémaniques. Je viens de fêter mes 49 ans (le 9 juillet, ndlr), donc je ne suis pas encore tout à fait vieux (rires).

Alors, qu’est-ce qui vous retient aux États-Unis?

C’est vrai, j’ai un peu de difficulté à m’adapter à la culture US et surtout avec ce qui se passe en ce moment. Mais cela fait sept ans que j’y vis. Joelle, ma femme, adore Los Angeles, mon fils Elvis, 10 ans, y a tous ses copains et ma fille, Tiger, 2 ans, est née à L.A. J’ai ici aussi une famille et des amis. En plus, ce que je suis en train de construire professionnellement à L.A., ça prend du temps et ça porte ses fruits. Ce serait un peu bête de m’en aller maintenant.

Justement, votre vie d’acteur, elle se développe comment?

Ici, j’ai beaucoup travaillé comme guest star dans de nombreuses séries. J’aimerais toucher un niveau plus élevé. Et ça commence à venir. J’ai un nouvel agent qui me permet de mettre un pied dans des projets plus importants, plus intéressants aussi. J’adore les séries américaines, et j’ai eu la chance de travailler régulièrement dans plusieurs d’entre elles. Dernièrement, dans une série importante, «Better Call Saul» (diffusée en Europe sur Netflix, ndlr), dérivée de l’univers de «Breaking Bad».

Aux États-Unis, ils vous prennent pour un Latino à cause de vos origines hispaniques?

C’est vrai, il m’arrive d’être casté comme Latino mais pas dans des rôles clichés des films de Holly­wood, comme le jardinier d’une riche famille américaine. De fait, je suis surtout considéré comme Européen. Et, contrairement à une idée reçue, les Américains sont très attirés par les acteurs européens. Ils ont une profondeur que les acteurs US n’ont pas forcément. Ça fait vingt ans que je fais ce métier dans différents pays et en cinq langues. Les directeurs de casting à L.A. sont intéressés par ce genre de profil atypique.

Quels rôles vous sont proposés?

Le méchant, c’est toujours pour moi, comme ce journaliste belge, suspecté d’être un meurtrier en série dans «The Team», diffusée sur Arte, ou dans la série espagnole «El internado». Je crois que je donne la sensation d’être vilain! Mais cela ne touche pas que les Américains, c’est aussi le cas avec des réalisateurs européens. Il y a pas mal de choses à défendre dans un rôle de vilain. Il faut surtout ne pas juger son personnage et savoir justifier ses actes. Ce n’est pas toujours évident. Il faut une certaine recherche, mais ça devient vraiment intéressant une fois que j’ai saisi leur profil psychologique.

Quel est votre dernier rôle?

Le tournage s’achève maintenant à Porto Rico. Je joue bien sûr le rôle d’un vilain, mais il est malin! C’est un long-métrage, un drame, une grosse production hollywoodienne avec une distribution composée de quelques stars. La réalisatrice a obtenu deux nominations aux derniers Oscars. Mais je ne peux en dire plus à cause de la clause de confidentialité que j’ai dû signer. Les Américains et leur parano! Ça ne facilite rien pour un acteur qui veut faire sa propre promo.

Aimeriez-vous jouer un vilain genre «Spectre» dans un «James Bond»?

Qui n’aimerait pas jouer le méchant dans un «James Bond»? Mais en 2006 j’étais le directeur de tournoi dans «Casino Royale». Je ne crois pas que les aficionados de 007 apprécieraient de me voir revenir dans un autre rôle.

Entre 1987 et 2010, vous avez acquis une notoriété internationale au sein du groupe hip-hop Sens Unik. La musique pour vous, c’est fini?

J’ai réalisé il y a trois ans un album solo que je voulais faire depuis longtemps, «Reflections», plutôt musique électronique. Ce n’était pas du rap comme avec Sens Unik. Aujourd’hui, je compose toujours, j’ai plusieurs titres, mais je ne sais pas encore ce que je vais en faire.

Finalement, c’est qui, Carlos Leal?

Je me définis comme un citoyen européen pour être né en Suisse de parents espagnols, avec une culture française, et pour avoir côtoyé plein d’amis italiens et venant du reste de l’Europe. Mais, quand je reviens en Suisse, c’est l’endroit du monde où je me sens le plus à la maison.

Créé: 18.07.2018, 18h30

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