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Tragédie Le frère de Yann Moix l'accuse d'être son «bourreau»

Dans une lettre ouverte publiée par «Le Parisien», samedi 24 août, Alexandre Moix affirme que c'est en réalité lui qui a subi de la part de Yann Moix les violences qu'il décrit dans son roman «Orléans».

Yann Moix est décrit comme un «tortionnaire». «Je rêvais d'un frère au cœur d'artichaut, il était mon Orange mécanique», écrit Alexandre Moix.

Yann Moix est décrit comme un «tortionnaire». «Je rêvais d'un frère au cœur d'artichaut, il était mon Orange mécanique», écrit Alexandre Moix. Image: capture d'écran YouTube Grasset

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«Mon frère, ce bourreau», c'est le titre de la lettre ouverte d'Alexandre Moix, publiée par «Le Parisien», samedi 24 août. Le frère cadet de Yann Moix y affirme une autre vérité que celle que décrit dans son roman «Orléans» la figure de l'émission «On n'est pas couché»: le martyr, c'était lui. Sa version des faits confirme celle de leur père, José, présentée dans une lettre à «L'Obs».

Alexandre Moix, de quatre ans le cadet de Yann Moix, également écrivain et documentariste pour Arte, se livre à un véritable règlement de compte – «ça fait 40 ans que j'attendais ça», confie-t-il. «Dans sa vie, mon frère n'a que deux obsessions: obtenir le Prix Goncourt et m'annihiler. Me nier, m'éliminer, me rayer de la carte. Par tous les moyens. Physiquement ou moralement.»

Défenestration, noyade, étranglement

Il dresse la liste des sévices que lui aurait fait subir Yann Moix, son «tortionnaire», son «Orange mécanique», ceux-là mêmes que l'homme de télé décrit dans son roman, en les prêtant à leurs parents. Tentative de défenestration du premier étage et de noyade dans la cuvette des toilettes quand Alexandre Moix avait 2 ans, passages à tabac récurrents, destruction systématique de ses nouveaux jouets, poursuite dans la maison avec un couteau de cuisine à la main, séquestration dans le grenier à 7 ans, étranglements dans son sommeil.

«Je me souviens comme si c'était hier de ce jour, où, m'attrapant violemment la main, il me la coinça de toutes ses forces entre les persiennes métalliques de notre chambre et les referma sur mes phalanges, écrit-il. La douleur fut si intense que j'en tombais dans les pommes. Le lendemain, j'avais perdu tous les ongles. J'avais 10 ans.»

«C'en est trop»

Alexandre Moix parle aussi d'humiliations morales et verbales de la part de son frère. Celui-ci le traitait de raté et, à l'âge adulte, voulait qu'il arrête d'utiliser leur nom de famille. «Il n'y a qu'un Moix sur Terre! Et il n'y aura qu'un Moix dans la littérature ! Il n'y aura qu'un Moix dans le cinéma ! Moix, c'est MOI!» lui criait-il au téléphone.

Le cadet dit lui avoir tout le temps pardonné. Mais aujourd'hui il ne peut plus le plaindre ni se taire. «Il sacrifie la réalité sur l'autel de ses ambitions littéraires. C'en est trop», explique-t-il. Le pire, pour lui, est que Yann Moix, se dresse désormais «comme le porte-flambeau de la cause des enfants malheureux».

Créé: 25.08.2019, 13h50

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