Lundi 23 avril 2018 | Dernière mise à jour 05:21

MIKE HORN «GOSSE, J’AI ÉCRIT À JACQUES COUSTEAU»

L’explorateur de l’extrême a découvert jeune sa vocation d’aventurier. Entretien à bâtons rompus, entre euphorie, doutes, révélations et leçon de vie.

Mike Horn n’animera plus l’émission «À l’état sauvage» sur M6. Il ne quitte pas la chaîne pour autant: «Je reviendrai avec mon propre programme, un format original. M6 aime bien l’idée, je cherche juste un producteur.»

Mike Horn n’animera plus l’émission «À l’état sauvage» sur M6. Il ne quitte pas la chaîne pour autant: «Je reviendrai avec mon propre programme, un format original. M6 aime bien l’idée, je cherche juste un producteur.» Image: Maxime Schmid

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Entre la promotion de son dernier ouvrage et une conférence publique sur ses récents exploits dans l’Antarctique, Mike Horn nous a reçu au Pas-de-l’Ours, un hôtel de Crans-Montana (VS). «Vraiment cool, votre questionnaire!» a-t-il fini par confesser. Preuve qu’il s’est livré sans retenue, fidèle au charisme et à l’authenticité qui le caractérisent. Accrochez-vous…

Mike Horn, qui êtes-vous?

Je suis quelqu’un qui vit de sa passion. On me qualifie d’aventurier, mais je préfère le terme explorateur.

Votre tout premier souvenir?

Le vélo que j’ai reçu de mon père. Il était synonyme de liberté pour moi, dans le sens où il me permettait de m’éloigner de la maison.

Étiez-vous un enfant sage?

J’avais trop d’énergie pour tenir en place. J’étais turbulent, mais pas une crapule. Je n’ai jamais braqué une banque ni fumé un pétard

Enfant, de quoi aviez-vous peur?

De rien. La tempête, la foudre, la nature hostile: pas grand-chose ne m’effrayait. Par rapport à mes copains, qui privilégiaient plutôt le confort, je me suis rapidement rendu compte que j’étais différent.

Dans l’enfance, quel fut votre plus grand choc?

Mon ombre. C’était chiant qu’elle me suive partout. Je ne comprenais pas ce prolongement de moi-même.

Votre mère vous disait-elle «je t’aime»?

Très souvent. Elle débordait d’amour à l’égard de ses enfants. Cet amour s’est renforcé après la perte de son mari. Elle s’est totalement sacrifiée pour sa famille.

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

En livrant des journaux, à 5 h du matin, à Johannesburg.

Que vouliez-vous devenir?

Pilote de chasse ou explorateur. Je dévorais les bouquins d’aventures. Gosse, je me souviens d’avoir écrit à Jacques-Yves Cousteau pour lui proposer mes services. Il ne m’a jamais répondu, et j’en ai été frustré.

L’amour pour la première fois, c’était quand et avec qui?

Oh, c’était tard! Ado, je n’ai pas eu de petite amie. Lorsque je suis rentré d’Angola, où j’étais en mission militaire, j’ai fréquenté une copine d’uni. On s’est dit que c’était une bonne idée «de le faire»…

Pour vous, c’est quoi, le vrai bonheur?

C’est quand tout est harmonie, quand l’émotionnel et le sentiment de liberté atteignent leur paroxysme. Ce n’est en tout cas pas en trifouillant dans la paperasse.

Votre plus belle qualité?

Le respect des gens. Je ne sais pas tricher, faire semblant.

Votre plus grand regret?

J’en ai beaucoup. Mes plus grands regrets sont liés à des mauvaises décisions, que je pensais raisonnables mais qui ne l’étaient pas. L’important est d’apprendre de ses erreurs, de ne pas les répéter.

Avez-vous déjà volé?

Oui, et je n’en éprouve aucune honte du moment que c’était par nécessité. Je n’avais que 50 francs en poche lorsque je suis arrivé en Suisse. J’ai vainement essayé de travailler contre de la nourriture. Je me suis alors rabattu sur les pommiers et poiriers valaisans pour survivre.

Avez-vous déjà tué?

En tant que membre des Forces spéciales de l’Afrique du Sud, j’ai participé à quelques conflits. C’est traumatisant de tuer quelqu’un, même si on n’a pas le choix.

Si vous aviez le permis de tuer quelqu’un, qui serait-ce?

Personne en particulier. Je dois cependant admettre que certains font tellement de mal à l’Humanité qu’ils ne méritent pas de vivre.

Avez-vous payé pour l’amour?

Alors là, jamais! Et je suis sincère. Payer ne débouche de toute façon jamais sur le «vrai» amour.

Avez-vous déjà menti à la personne qui partage votre vie?

Oui, pour me protéger. Vous me demandiez tout à l’heure si j’avais des regrets. Ces mensonges en font justement partie.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Je n’éprouve pas le besoin de passer un moment avec des stars de la chanson, du cinéma ou avec tout autre «people». Je préfère réserver ces moments de convivialité à mes filles et à mes proches.

Il y a tout de même quelqu’un qui vous a marqué plus que les autres?

Incontestablement Jean-Paul II. J’ai été très impressionné de parler avec lui. C’était difficile de le regarder dans les yeux.

Pour qui était votre dernier baiser?

Pour mes deux filles et pas plus tard qu’il y a quelques minutes.

Pourquoi avez-vous pleuré la dernière fois?

C’était lors de ma dernière expédition en Antarctique. J’étais au bout de mes ressources physiques. J’ai chialé comme un gamin.

De quoi souffrez-vous?

De la trahison des gens qui vous donnent une parole et qui ne tiennent pas leurs promesses.

Avez-vous déjà frôlé la mort?

Non, sinon je ne serais pas ici pour en parler… Je suis bien vivant, en chair et en os! Je vis sur le fil du rasoir, j’en suis conscient, mais je n’ai pas l’impression de frôler la mort. J’aime repousser mes limites, aller le plus loin possible. Ce serait moins marrant de ne pas rester constamment sur ce fil du rasoir.

Croyez-vous en Dieu?

Oui, mais pas au Dieu de l’église, de la religion. Je crois au Dieu créateur, inspirateur. Celui à qui je demande force et conseils lorsque je me sens en difficulté.

Votre péché mignon?

Les aventures, les sensations fortes. C’est presque une drogue.

Trois objets que vous emporteriez sur une île déserte?

Aucun. J’emporterais mes connaissances. Elles valent bien une centaine d’objets, non?

Combien gagnez-vous par an?

Euhhh… Attendez! (Ndlr: il tourne la tête et demande à son entourage.) Je gagne actuellement 120 000 francs par an. Franchement, je l’ignorais…

Pensez-vous que vous gagnez assez par rapport au travail que vous fournissez?

C’est presque trop. Et ça me permet même d’économiser un peu. Ça n’a pas toujours été le cas.

Qui sont vos vrais amis?

Des gens – comme Jean Troillet ou Fred Roux – qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes frissons que moi. Je n’en ai pas beaucoup. Un jour, mon père m’a dit: «Mike, mets tous tes amis dans une grande passoire et ajoutes-y un peu d’eau. S’il reste dix amis au fond de la passoire, c’est que tu n’as pas mis assez d’eau…» Avec du recul, c’est fou comme il avait raison!

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Le bonheur. Pour qu’ils évoluent et deviennent mes amis.

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Ce serait génial de lire ici les réponses de Shy’m. Une fille formidable. Nous avons partagé d’excellents moments ensemble. (Le Matin)

Créé: 13.01.2018, 09h16


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