Jeudi 27 février 2020 | Dernière mise à jour 00:31

Canada Harry, Meghan, leurs voisins et les paparazzis

Le couple voulait fuir la presse en se retirant de la monarchie. Mais des médias du monde entier les recherchent désormais au Canada.

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En justifiant sa décision de se mettre en retrait de la monarchie britannique, le prince Harry avait pointé du doigt les médias, qualifiés de «force puissante». Traumatisé par la mort de sa mère Lady Di alors qu'elle était pourchassée par des paparazzis à Paris, il espérait sûrement, avec le déménagement de sa famille au Canada, pouvoir reprendre le contrôle sur cette «horde de chiens».

Mais leur installation au Canada semble pour l'instant avoir produit l'effet inverse. Des journalistes venus d'Australie, des États-Unis et même du Japon se pressent sur l'île de Vancouver à la recherche du couple princier. Et des clichés de sa femme Meghan Markle, portant son fils âgé de huit mois sur un porte-bébé en promenant ses deux chiens, ont rapidement fait surface.

Tabloïds critiqués par les habitants

Le duc et la duchesse de Sussex ont immédiatement menacé d'engager des poursuites en justice après la publication de ces photos. Les tabloïds sont aussi sous le feu des critiques des habitants du coin, qui ne tolèrent guère ces intrusions dans la vie privée de leurs nouveaux voisins.

«C'est un endroit calme ici», assure Kathryn Sandberg, habitante de North Saanich, la petite communauté balnéaire où Harry, Meghan et Archie ont posé leurs valises. «Nous ne voulons pas que cela change», insiste-t-elle.

Une télévision locale a filmé un échange fleuri entre des résidents et Derek Shook, un photographe tentant d'obtenir quelques précieux clichés de l'ancienne actrice. «Est-ce que vous pensez qu'un mec comme vous fait quoi que ce soit pour cette communauté?» lui a-t-on lancé.

«Ils ne comprennent pas.» «C'est une histoire à résonance mondiale», défend le photographe, installé depuis onze jours dans la région, ajoutant n'avoir pas eu l'impression que Mme Markle se soit montrée très réticente face aux téléobjectifs. «Si elle avait voulu, elle aurait pu baisser la tête. Mais elle est restée droite et a souri, et s'est assurée que l'on puisse avoir notre photo.»

«Un intérêt énorme»

Amelia Brace est correspondante en Amérique du Nord pour le média australien Channel 7. Habituée à couvrir la zone depuis Los Angeles, elle est arrivée lundi dans la soirée sur l'île de Vancouver.

«La famille royale suscite un intérêt énorme en Australie. C'est toujours une de nos plus grosses histoires», explique-t-elle devant une vue superbe sur la maison temporaire du couple, où elle venait de tourner un direct. «Pour leurs premiers jours ici, je pense qu'il était attendu que le monde veuille voir à quoi ça ressemble», a-t-elle défendu. «Et malheureusement, ce n'est pas parce qu'ils ont pris de la distance avec la monarchie britannique, qu'ils ont quitté le devant de la scène», insiste-t-elle.

Un photographe pigiste guettait aussi le passage d'Harry et Meghan sur la route principale menant vers leur résidence, un boulot «compliqué», selon lui, le couple se déplaçant avec «plusieurs voitures».

Menaces peu effrayantes

Ses jumelles et son matériel posé sur le siège passager de sa grosse voiture blanche, le journaliste a confié ne pas être préoccupé par les menaces de poursuites judiciaires, citant les lois canadiennes sur les médias, qu'il juge plus flexibles qu'au Royaume-Uni ou ailleurs. «De ce que je comprends, tant que vous ne les suivez pas, ne les harcelez pas, n'enfreignez pas la loi... alors la presse est libre de couvrir» l'événement, a-t-il estimé, sous couvert d'anonymat.

Pour Christian Leblanc, un avocat spécialisé dans le droit des médias, les tribunaux canadiens sont en effet moins susceptibles d'intervenir dans de telles affaires qu'en Europe. Etant donné la notoriété d'Harry et Meghan «il sera difficile pour eux, au moins au début, d'invoquer toute atteinte à leur vie privée» s'ils sont dans un espace public, a-t-il jugé. (afp/nxp)

Créé: 23.01.2020, 07h35

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