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Interview indiscrète Ingrid Chauvin: «J’étais une grande rêveuse»

L’actrice respire le bonheur et se confie sur sa famille qu’elle espérait tant.

Image: AFP

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On devine un cœur qui s’affiche sur son téléphone. Et soudain un sourire radieux se dessine sur le visage d’Ingrid Chauvin. «Ma petite famille ne peut pas me suivre partout, on fait 80 dates dans différentes villes. Le moindre message me fait toujours cet effet-là», nous confie l’actrice de 41 ans. Un bonheur qu’elle va partager tout au long de notre entretien, sans oublier les moments plus sensibles.

Ingrid Chauvin, qui êtes-vous?

Je suis aussi forte que fragile, aussi timide dans la vie qu’extravertie sur scène. Je suis un paradoxe.

Votre premier souvenir?

Le soir je sortais de mon lit, je traversais la salle à manger à quatre pattes et je me cachais sous la nappe de la table pour regarder la télévision. Ou je m’installais dans un canapé et je m’amusais à lire un Elle… à l’envers (rires).

Étiez-vous une enfant sage?

À l’école, j’étais une grande rêveuse. Donc j’étais très sage, mais très absente. À la maison, je pouvais m’amuser des heures entières toute seule à m’inventer des histoires. Ma vocation de comédienne est venue très tôt.

De quoi aviez-vous peur?

Du noir. C’est même encore resté aujourd’hui, j’aime avoir un petit rayon de lumière.

Dans l'enfance, quel fut votre plus grand choc?

Le divorce de mes parents à 8 ans. Un grand traumatisme. Je me souviens de la complexité de ce changement de vie. C’est toujours délicat lorsqu’un juge vous demande si vous préférez vivre avec maman ou papa. C’est une blessure qui est restée jusqu’à aujourd’hui. J’ai voulu être vraiment sûre avant de me marier et de fonder une famille.

Quand est-ce que votre mari, Thierry Peythieu, vous a demandée en mariage?

(Elle éclate de rire.) Bon, d’accord, il l’a fait après deux mois de relation et on s’est marié après trois mois. Mais, quand on rencontre quelqu’un et qu’on a plus de 30 ans, on sait ce que l’on veut. On a eu cette chance d’être très honnêtes l’un envers l’autre, d’avoir la même philosophie de vie.

Votre mère vous disait-elle «je t'aime» enfant?

Il y avait beaucoup de pudeur, mais beaucoup d’amour aussi. C’est vrai qu’il y avait quelque chose qui me manquait de ce côté-là. Elle me le dit plus facilement aujourd’hui. J’avais plutôt ce genre de contact avec ma grand-mère maternelle. Elle était très présente car ma mère m’a eue à 17 ans. Elle était comme ma «maman».

Comment avez-vous gagné vos premiers sous?

J’ai fait des photos pour des coiffeurs. Je me suis retrouvée à 18 ans avec mon visage placardé dans le métro parisien.

Que vouliez-vous devenir?

Actrice ou vétérinaire. J’ai une grande passion pour les animaux. J’ai eu une petite chienne tibétaine pendant quinze ans qui me suivait partout. Même sur les tournages.

L'amour pour la première fois, c'était quand et avec qui?

À 16 ans avec un jeune homme qui s’appelait Terrence. Mais j’ai découvert quelque temps après qu’il avait menti. Il s’appelait Jean-Michel… Cela a été une grosse déception (rires). Un joli paquet cadeau avec, à l’intérieur, quelque chose de beaucoup moins bien.

Votre plus belle qualité?

Je suis extrêmement sensible et généreuse. Je peux facilement m’oublier pour faire plaisir aux autres. Ce qui est aussi un défaut.

Votre plus grand regret?

J’aurais adoré rencontrer mon mari dix ans plus tôt. On est tellement bien ensemble. On s’est vu pour la première fois lors d’une soirée TF1. Ce fut le coup de foudre.

Si vous aviez le permis de tuer quelqu'un, qui serait-ce?

Si on pouvait éliminer tous les terroristes… On ne se sent plus en sécurité nulle part.

Avez-vous payé pour l'amour?

Non. Je pense tout de suite aux femmes prostituées pour qui ça doit être difficile psychologiquement et physiquement… Mais, si je me mets à la place d’un homme, je préférerais sincèrement payer une femme plutôt que d’aller en violer une autre.

Déjà menti à votre mari?

Je dirais que je n’ai pas complètement dit la vérité (rires). Il s’agit de protéger la personne et d’éviter qu’elle ne s’inquiète. Cela ne sert à rien de savoir que telle personne m’a draguée.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Mon mari et mon fils, Tom (ndlr: il est né le 10 juin 2016).

Vos dernières larmes?

C’est plutôt bon signe car je ne me rappelle pas. Mais il y a des moments avec lesquels je lutte au quotidien.

De quoi souffrez-vous?

Du manque de ma fille (ndlr: Jade, décédée en mars 2014 à l’âge de 5 mois suite à un problème cardiaque). C’est un choc, une douleur qui reste là. On doit apprendre à vivre avec.

Avez-vous déjà frôlé la mort?

En 2003, on a fait de l’aquaplaning sur une autoroute et on a percuté une voiture garée sur la bande d’arrêt d’urgence. C’était un grand traumatisme et on avait dit à ma mère qu’il y avait un grand risque que je ne sois pas là le lendemain matin. Une commotion cérébrale, une fracture du rein… J’étais vraiment abîmée. C’était une expérience particulière. Mon père venait de mourir un mois avant et j’ai senti que j’allais le rejoindre. Je me suis vue au-dessus de mon corps et j’étais dans un bien-être absolu. Cela m’a rassurée sur la mort…

Croyez-vous en Dieu?

Je crois en quelque chose, mais je ne sais pas en quoi. Dans tous les cas, je remercie et je parle à quelqu’un.

Votre péché mignon?

Le tiramisu fait maison.

Trois objets que vous emportez sur une île déserte?

Sans mon fils et mon mari? Jamais je ne pars! Je prendrais mon téléphone pour FaceTime, un doudou de Tom et un de ma fille.

Pensez-vous gagner assez par rapport au travail fourni?

Je ne vais pas me plaindre quand on voit les conditions des populations en général. J’ai une chance extrême, même si mon métier est parfois compliqué.

Qui sont vos vrais amis?

Ils ne font pas partie du métier. J’ai l’impression que les relations sont plus vraies en dehors du show-business. Ce sont des gens que j’ai rencontrés avec mon mari.

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Je ne souhaite de mal à personne, je pense que la vie s’en chargera.

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Francis Huster, car je le vois mal parler d’autre chose que de la scène (rires).

Créé: 10.04.2017, 11h34

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