Jeudi 27 juin 2019 | Dernière mise à jour 09:30

#MeToo Isabelle Adjani: «Merci Weinstein!»

L'actrice tient à remercier le producteur, tout simplement parce qu’il a, malgré lui, libéré la parole des femmes, s’est-elle expliquée dans un entretien à «Elle».

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Aussi paradoxal que cela puisse paraître, Isabelle Adjani est reconnaissante envers Harvey Weinstein. Pour l’actrice, qui n’a jamais tari d’éloges sur le mouvement #MeToo, le producteur en disgrâce a permis, bien malgré lui, de libérer la parole des femmes. C’est bien pour ça qu’elle n’a pas hésité à s’exclamer «merci Weinstein!» lors d’un entretien accordé à «Elle».

Pour l’actrice, c’est une véritable changement de civilisation qui prend ses racines dans ce mouvement, et peu importe si certains tentent de minimiser son impact ou de le relativiser. «À tous ceux que ça lasse, je n’ai rien à dire, a déclaré l’actrice. Je ne supporte plus d'entendre des hommes, même s’il n’est pas question de leur faire un procès, lancer: «Oh, ça va, on ne peut plus rien dire aujourd'hui, on ne peut plus séduire!» J'ai envie de répondre: Mais modifie tes codes, affine-les, civilise-les, deviens subtil, ça ne va pas te déviriliser!»

Retard du côté français

Et à ce titre, Isabelle Adjani pointe un comportement bien français, ce qu’elle déplore. En effet, les Français auraient une «tendance au repli», une certaine «crispation» face à ce que «nous considérons comme hystérie du côté américain». Et de rappeler que les lois sur le harcèlement sont très récentes en France et très anciennes aux Etats-Unis. Un retard que l’actrice aimerait voir comblé. Et pour cela, il faut que des actes considérés auparavant sans grande importance soit jugés avec sévérité. «Le mal et le tort que l’on peut faire au développement de la féminité chez une jeune fille passent par des micros-incidents, et c'est fou de reléguer ça dans l’inoffensif», a-t-elle déploré.

Pour Isabelle Adjani, le mouvement #MeToo n’a pas ouvert un espace de punition mais bien plutôt de réparation où l’excuse doit s’imposer, bien plus que la dénonciation. Et de conclure: «On a ouvert l'espace de réparation et il faudrait s'en excuser? Pas question. C'est un service immense enfin rendu aux femmes, ça devrait être un service public.» (Le Matin)

Créé: 01.01.2019, 14h24


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