Mercredi 19 décembre 2018 | Dernière mise à jour 16:06

Interview John David Washington: Dans les pas de papa Denzel

L’acteur veut prouver qu’il a du talent et qu’il n’a pas besoin d’être pistonné.

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ord joueur de football américain durant son adolescence, c’est dans la comédie que l’athlète de 33 ans a décidé de faire sa reconversion, en suivant les traces de son père. Nous avons rencontré John David Washington à Las Vegas, peu avant le Festival de Cannes.

Vous avez 33 ans. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de suivre les traces de votre père à Hollywood?

Je voulais tracer ma voie de manière indépendante et justement, ne pas être vu comme le fils d’un grand comédien adoré qui a eu besoin d’être pistonné pour faire carrière.

Votre mère, Pauletta, est également une actrice. Vous deviez donc avoir cette passion dans le sang dès votre enfance, non?

Vous ne croyez pas si bien dire! J’ai caché ma passion pour le septième art même à mes parents. Jeune, j’avais appris par cœur toutes les répliques de papa dans son film «Glory». Maman a toujours été mon plus grand soutien.

Vous aviez tout de même un petit rôle dans «Malcolm X» dont votre père était la star…

Petit rôle est bien le mot car j’ai deux phrases dans ce film. J’avais 9 ans et envie d’expérimenter le travail sur un tournage. À la base, j’étais figurant et on m’a donné deux phrases. Mais si vous regardez ailleurs que l’écran 20 secondes, vous raterez mon passage (rires).

Y a-t-il un traitement de faveur lorsque vous tournez avec des copains ou des connaissances de votre père?

Certainement pas. C’est aussi pour ça que j’ai attendu des années avant de me lancer, je ne voulais pas qu’on dise que le fils de Denzel était un pistonné! Papa est le premier à pratiquer «l’amour vache» avec ses enfants. Il nous a toujours prouvé qu’il nous aimait, mais il est aussi le premier à nous remettre en place ou nous dire de faire nos preuves.

Le Festival de Sundance, la convention Cinemacon à Las Vegas puis Cannes pour le dernier film de Spike Lee: comment gérez-vous cet intérêt soudain?

C’est agréable de se sentir apprécié ou de voir l’intérêt du public, mais il n’y a qu’une chose qui importe pour moi: le travail. C’est d’ailleurs le premier conseil que papa m’a donné dans mon adolescence. Il m’a dit: «Quoi que tu veuilles faire plus tard, bosses et apprends.» Durant mes années de football comme à présent dans le cinéma, le but n’est pas d’être la star du stade ou de Hollywood. L’objectif est de se renouveler sans cesse, de faire un travail d’équipe et de donner le meilleur de soi. Je n’ai jamais été le meilleur athlète de ma génération au foot, ni le meilleur acteur, mais je sais rester concentré sur ce qui compte: apprendre son job jour après jour. Au foot, cela passait par un entraînement sérieux et intensif. À l’écran, c’est connaître ses répliques, rechercher les détails de la vie de son personnage pour l’habiter.

Est-il exact que Spike Lee vous a donné le rôle principal de «BlacKkKlasman» sans vous faire passer d’auditions?

C’est vrai, mais c’est souvent sa façon de travailler. Il choisit en faisant confiance à ses comédiens, ce qui n’empêche pas d’avoir une sacrée pression. Quand le grand Spike vous demande de lire un livre en vous disant: «Je veux que tu incarnes ce gars car je sais que tu peux le faire», le challenge est énorme. La plus grande peur est de le décevoir. Mais Lee donne une telle énergie dans son rôle de metteur en scène qu’il m’a aidé à prendre confiance en moi.

Et que raconte «BlacKkKlasman», en lice pour la Palme d’or?

Il s’agit de l’histoire vraie d’un policier du Colorado qui a réussi à infiltrer le Ku Klux Klan à la fin des années 1970. Ron Stallworth a été le premier officier noir qui a réalisé cet exploit avec l’aide de son partenaire, l’inspecteur Flip Zimmerman. Ils ont touché le KKK au plus haut niveau pour les empêcher de prendre le contrôle de la ville de Colorado Springs.

Est-ce la série TV «Ballers» qui vous a aidé à passer du foot au ciné?

Absolument. Dwayne Johnson a voulu produire une série qui mélange la fiction des coulisses du foot américain avec la réalité de cet univers. Nous avons terminé la production de la quatrième saison. La diffusion démarrera cet été. Incarner Ricky est un bon challenge depuis le début car je ne lui ressemble en rien. C’est aussi un moyen de mélanger mes deux passions: foot et comédie. (Le Matin)

Créé: 15.05.2018, 17h55

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