Lundi 17 décembre 2018 | Dernière mise à jour 07:36

Récit Jonas Schneiter: «Ici, nous avons vu l'extrême pauvreté»

L’animateur de Couleur 3, accompagné de quatre gymnasiennes romandes, a fait son premier voyage d’ambassadeur de Terre des hommes au Kosovo.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Les gens du Kosovo sont très accueillants, ils nous laissent entrer chez eux, posent pour des photos, nous parlent de leurs enfants. Je ne sais pas si à Lausanne ce serait possible.» Jonas Schneiter, l’animateur de «Namasté» sur Couleur 3, va d’émotion forte en émotion forte depuis qu’il a atterri à Pristina lundi pour son premier voyage humanitaire avec Terre des hommes (TdH), dont il est l’ambassadeur.

«Ce séjour m’a vite permis de casser tous les préjugés qu’on entend sur ce pays», se réjouit-il au bout du fil. Jusqu’à hier, il était accompagné de quatre étudiantes du gymnase de Burier (VD), Marta Zaragoza, 16 ans, Viviane Blanc, 17 ans, Semira Ibrahim-Mohammed, 18 ans, et Yuna Zhu, 18 ans, ambassadrices des droits de l’enfant après avoir gagné un concours de TdH grâce à un projet commun initié par Marta.

Moment fort pour le groupe: la visite mercredi dans la ville de Gjakovë, du quartier, avec centre de santé et école, construit par des ONG pour loger les familles les plus vulnérables, issues des minorités roms, ashkalis et égyptiennes.

Le défi de la scolarisation

«Nous avions depuis lundi, à juste 2 heures de vol de la Suisse, vu des situations de grande pauvreté. Mais, là, c’était l’extrême pauvreté, regrette Jonas, 24 ans. Ce qui marque en arrivant, c’est la foule d’enfants qui nous attendaient. Au Kosovo, près d’un tiers de la population a moins de 30 ans. Dans ce tiers, la plupart sont des enfants. L’énorme défi à Gjakovë, c’est qu’ils aillent à l’école et ne décrochent pas à cause du manque d’argent. L’école est gratuite, mais, quand ils étudient, ils ne rapportent pas d’argent à leur famille. Trop rares sont donc ceux qui terminent leur scolarité.»

La Vaudoise Marta Zaragoza, qui souhaite faire un bachelor en relations internationales pour travailler dans l’humanitaire, est déjà bénévole en Suisse pour TdH.

Ce voyage au cœur de l’action lui a fait réaliser sa chance: «Chez nous, on peut étudier, avoir des bourses. Ici, ils ont bien moins de chances d’arriver à l’uni.» Elle précise, du haut de ses 16 ans: «Nous avons vu des choses dures. Mais on essaie de faire la part des choses. Il n’y a rien qui ne puisse être digéré.»

Future sage-femme

Sa camarade Semira explique sa motivation: «J’ai, depuis petite, cette vocation d’aider. J’ai grandi en Erythrée. Ce n’était pas pareil, mais ce n’était pas facile. Je veux devenir sage-femme. Peut-être dans un contexte humanitaire.»

Les gymnasiennes sont rentrées hier en Suisse avec un regard changé. «Je ne promets rien, mais, oui, j’ai envie de m’engager davantage», dit Viviane, future ingénieure en génie civil ou architecte. Et Yuna, inscrite à l’EPFL pour la rentrée, d’ajouter: «Je veux dire à tout le monde à quel point le Kosovo est beau, il faut le visiter.»

Jonas Schneiter poursuit, lui, son voyage dans ce pays à la mortalité infantile la plus élevée d’Europe. «Je suis très sensible aux droits de l’enfant, car je ne suis pas si loin de leur âge et que, quand on est confronté à l’actualité, il y a cette dimension insupportable de voir un enfant souffrir. Et au Kosovo, où ils sont si nombreux, il n’y a pas encore de lois pour les protéger.» (Le Matin)

Créé: 03.07.2015, 15h05

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.