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Confidences Liam Neeson: «Il m'arrive de croire que je vais la revoir»

L’acteur vient pour la première fois en Suisse au Zurich Film Festival. Avant, il évoque sa carrière et sa femme disparue.

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Avant de rencontrer Liam Neeson, on s’attend à voir un gars ténébreux, un verre d’alcool dans une main, une cigarette dans l’autre. Mais c’est l’opposé qui nous attend. Le comédien tient une tasse de thé vert et mâchouille un cure-dent. Il a accepté de parler au «Matin» à Hollywood, juste avant sa venue, aujourd’hui, au Zurich Film Festival, où il vient présenter l’excellent thriller «Balade entre les tombes» qui sortira sur les écrans romands le 15 octobre.

Vous venez à Zurich présenter votre dernier film. Que pensez-vous de la Suisse?

Je suis né en Irlande, j’ai bourlingué dans toute l’Europe, mais je ne me souviens pas avoir mis une seule fois les pieds chez vous. Je fais tellement de sauts de puce d’un pays à l’autre, en promo, que j’en oublie parfois où je me trouve. Je peux entrer dans une chambre d’hôtel en me demandant dans quelle ville je suis. C’est dire!

Des envies particulières lors de votre séjour chez nous?

Je souhaite découvrir la vieille ville de Zurich et ses environs.

Vous incarnez le détective privé Matthew Scudder qui est engagé par un trafiquant de drogue pour retrouver le kidnappeur de son épouse. Comment vous identifiez-vous à ce rôle?

Il y a quelque chose de noble à jouer ce genre de héros, car il n’est pas sans défauts. Scudder est un ancien alcoolique… Je connais bien ce sujet, mais je vous passerai ces détails sombres (ndlr: il éclate de rire soudainement). Le matin, il a besoin de se donner une raison de vivre et se met à boire. Il a fait carrière dans la police et c’est l’antihéros parfait. Il y en a plein dans les commissariats.

Connaissez-vous des policiers comme lui?

Scott Frank, le réalisateur, dit qu’il faut parfois trouver le pire en soi pour être capable de faire le bien. Il a raison. Je connais un grand nombre de flics à New York. L’un d’eux, un proche, m’a aidé à mettre la main sur des dossiers de la NYPD concernant les tueurs en série. J’ai lu les méthodes des policiers pour les coincer. C’est fascinant. Ils doivent entrer dans la tête des criminels pour les trouver. Il faut avoir une forte personnalité, une grande éthique mais aussi un cœur solide pour surmonter ça.

Vous incarnez souvent des héros solitaires. Est-ce une manière de résumer votre personnalité?

Cela correspond surtout aux héros de mon adolescence. Gamin, en Irlande, j’étais fasciné par les films de Robert Mitchum. Plus tard, j’ai découvert Steve McQueen. Ces gars jouaient des personnages qui avaient un pied dans le camp des bons et un autre dans celui des méchants. Savoir avancer à la limite du bien et du mal me plaît. Qui sait ce que je serais devenu si je n’avais pas eu le théâtre et le cinéma dans ma vie. Est-ce que j’aurais pu mal tourner? Le destin m’a apporté le septième art à l’adolescence. Ça m’offre le luxe d’être un autre homme devant des caméras.

Vous enchaînez les thrillers depuis 10 ans. Est-ce un choix ou les seuls films que l’on vous propose?

C’est un mélange des deux. J’avais plus de 50 ans lorsque le premier «Taken» est sorti au cinéma en 2008. J’en ai aujourd’hui 62. Je pensais que cela serait un bon thriller européen sans prétention et c’est devenu l’un des plus gros succès financiers de l’année. Comme Hollywood déteste l’inconnu, on m’a proposé des dizaines de films similaires. Je suis flatté que l’on m’imagine dans la peau du héros solitaire, ça me fait retomber en enfance lorsque je regardais Charles Bronson.

Vos enfants Michael, 19 ans, et Daniel, 18 ans, sont grands. Comment conciliez-vous carrière et rôle de père?

C’est vrai que j’ai deux enfants… merci de me le rappeler. (Rires.) Je les soupçonne d’être heureux lorsque papa part en tournage. Ma belle-mère est formidable. Elle prépare ses valises et s’installe à la maison dès que je dois partir travailler. Mes enfants l’adorent, donc tout va bien. Ils sont habitués à me voir partir plusieurs semaines. J’ai fait cela depuis qu’ils sont bébés. L’un d’eux est même né lorsque j’étais sur un tournage!

 Cela fait 5 ans que votre épouse, l’actrice Natasha Richardson, est décédée dans un accident de ski au Québec. Est-ce plus facile d’en parler avec le temps?

Cela ne sera jamais facile. Il m’arrive encore de croire que tout ça n’est qu’un cauchemar et que je vais la revoir un jour. La seule différence, avec le temps, est que ces sentiments dépressifs sont moins fréquents qu’au début. Mais elle sera toujours en moi.

Avant son décès, vous aviez fait un pacte ensemble. Elle vous a fait promettre de ne pas la laisser dans le coma si cela devait lui arriver, exact?

C’est vrai. Elle a fait don de trois organes à la médecine. Plusieurs personnes vivent aujourd’hui grâce à elle. J’essaie toujours de me rappeler les moments heureux, les bonheurs que nous avons connus ensemble.

Avez-vous encore des rêves dans votre carrière?

J’adorerais donner la réplique à Denzel Washington. J’espère que nos chemins se croiseront un jour (ndlr: Liam tape sur la table en bois).

Etes-vous superstitieux? Pas vraiment. Mais toucher du bois est une habitude qui me suit depuis longtemps.

Créé: 30.09.2014, 07h42

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