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Amanda Lear «Miss Suisse devra être élégante!»

Elle siège dans le jury de Miss Suisse, est drôlissime dans «Divina» et flingue à tout va.

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Mannequin, comédienne, chanteuse: la volcanique Amanda Lear siégera au sein du jury de Miss Suisse, le 11 octobre à Berne. Elle est aussi au théâtre, en Suisse romande, dans la pièce de boulevard «Divina». L’occasion de lui donner la parole. Attention, ça balance pas mal depuis Paris.

Vous multipliez les dates en Suisse romande dans «Divina». Pourquoi?

Le public suisse aime le théâtre. A Paris, ce n’est pas évident en ce moment. Les gens n’ont pas d’argent, ils boudent. Tous les directeurs de théâtre se plaignent.

Championne du théâtre de boulevard, ne feriez-vous pas une excellente tragédienne?

J’y arriverai. Je n’ai pas l’intention de ne faire que de la grosse vanne comme Chantal Ladesou ou Florence Foresti. Pierre Palmade a fini de m’écrire une pièce. On va vers beaucoup d’émotion. C’est la tragédie des actrices comiques que de vouloir faire du «vrai théâtre». Jacqueline Maillan s’y était essayée, ça n’a pas marché.

Vous êtes à fleur d’émotion dans votre album de reprises d’Elvis.

Il m’a fallu 30 ans de carrière et 16 disques pour qu’un producteur me dise: «Vas-y, chante». On m’a donné un véritable orchestre, des cuivres et des cordes. Je n’avais vu que des synthés. Les maisons de disques exploitent ma voix grave, sans nuances. Je n’allais pas faire du disco jusqu’à 90 ans!

Pourquoi Presley?

On était toutes amoureuses. Dali m’a fait remarquer le profil grec de Presley. Il ressemblait à Apollon ou à l’Hermès de Praxitèle. Il m’a raconté qu’Elvis lui avait fait cadeau de ses chemises avec des strass sur les épaules. Dali adorait tout ce qui brillait, il peignait dans son studio avec une vieille chemise du King tachée de peinture et ça m’impressionnait. J’aime le côté Las Vegas kitch de Presley. Ses films également quand il danse avec Ann Margret ou joue avec Ursula Andress.

Ursula Andress est invitée à l’élection de Miss Suisse à Berne. Vous êtes dans le jury cette année.

Avec Emmanuel-Philibert de Savoie, Orianne Collins et Jade Jagger, la fille de Mick, notamment.

Votre vie est parsemée de rencontres avec de grands musiciens comme Bowie ou Brian Jones des Rolling Stones.

Il y a eu aussi Roxy Music, Brian Eno, Elton John. Dimanche j’étais encore avec Boy George à Paris. Il veut remixer un de mes titres. Je connais tous ces gens-là. Et même Kraftwerk ou Alan Parsons. «On adorerait travailler avec vous», me disent-ils. Les Pet Shop Boys rêvent de me ressusciter: ils sont champions dans les chanteuses mortes! (Elle éclate de rire.)

Vous êtes arrivée au dernier défilé Gaultier, acclamée comme une superstar

J’ai eu très peur. Je crains la foule. Ils sont très gentils, mais à 30 centimètres de mon visage, je me méfie d’un coup de canif, des gens qui me tirent les cheveux.

Qu’est-ce que l’élégance vestimentaire pour vous qui êtes un ancien mannequin?

J’ai été l’égérie de Paco Rabanne, Mary Quant, Givenchy, Riccardo Tisci, j’ai défilé pour Jean Paul Gaultier il y a deux ans encore. L’élégance, c’est ce qui ne se voit pas disait Coco Chanel. Aujourd’hui, au premier rang des défilés, vous avez Kim Kardashian et Kanye West. Les stars américaines de rap, on dirait qu’elles sortent d’un show de strip-tease porno. Tous seins, tous culs dehors. Le bling bling, se faire remarquer, n’est pas l’élégance. L’élégance, c’est tout le contraire. C’est celle du cœur et de l’attitude avec laquelle on traverse la vie.

Ce sera un critère à Miss Suisse?

Miss Suisse, il ne faut pas seulement qu’elle soit belle. Il faut qu’elle ait aussi la beauté de l’âme, du cœur et un comportement adéquat. Elle va représenter la Suisse à l’étranger. Les gens oublient cela. Ils ne voient que le côté physique. Or, c’est un tout. De temps à autre, on voit une femme très élégante avec des cheveux gris, toute simple, avec un rang de perles et on se dit: «Qu’est-ce qu’elle est chic!» Less is more: moins on en fait, mieux c’est.

Quel regard portez-vous sur la génération issue de la télé-réalité?

J’ai fréquenté des grands de ce monde. Musiciens, intellectuels, hommes de lettres. Je ne sais pas si Nabilla croise beaucoup de grands écrivains ou des gens vraiment très intéressants? C’est le problème. Tout ça s’est démocratisé, c’est le résultat de la télé-réalité. Et ça fait énormément de mal au show-biz.

Vous êtes sans âge, adepte d’une discipline stricte.

Le public paie pour vous voir au mieux de votre forme. Il faut lui en donner pour son argent. Lorsque je vois arriver des acteurs dix minutes avant le lever de rideau à moitié bourrés, je ne comprends pas. C’est insupportable.

Malgré les revers de fortune, vous aimez intensément la vie.

C’est vrai… Je suis assez contre le suicide (rires). On y pense des fois, moi je dis non. Les gens veulent se tuer pour un oui ou pour un non. La vie continue. A mes copines qui se désespèrent d’être seules, je dis: «Ton mari t’a quittée pour une plus jeune, tu as une pension alimentaire? Tu peux t’acheter une jolie robe».(Rires.) Il y a toujours un côté positif.

Comment regardez-vous l’affaire Hollande-Trierweiler?

Tout le monde jette la pierre à cette pauvre femme, la plus détestée de France. Se faire jeter pour une femme est terriblement humiliant. Shakespeare a écrit: «Hell has no fury like a woman scorned»: l’enfer n’a pas de fureur qui égale celle d’une femme dédaignée. La vengeance? Ça ne lui apporte rien ou alors beaucoup d’argent, mais ne lui rend pas Hollande. Mon petit ami m’a trompée avec une Miss Météo - je dis toujours que toutes les Miss Météo sont des salopes de toute façon - (Rires). Je l’ai jeté il y a 5 ans, on ne se voit plus. Ni bonjour, ni bonsoir: terminé! Pour moi, la meilleure vengeance, c’est le dédain.

Créé: 02.10.2014, 07h55

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