Jeudi 21 juin 2018 | Dernière mise à jour 23:42

Musique Nickelback, plus fort que la haine

Le groupe de rock canadien vient défendre son dernier album mercredi 13 juin à l’Arena de Genève. Rencontre.


Articles en relation

«Feed The Machine»

De Nickelback, disponible.

Le groupe joue ce soir à l’Arena de Genève. Infos et billets:
www.opus-one.ch

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Nickelback a la particularité d’être à la fois un des groupes les plus populaires et les plus détestés de la planète. En un peu plus de 20 ans de carrière, les rockers d’Alberta ont vendu plus de 50 millions d’albums et sillonné les scènes du monde entier. Ils sont aussi les souffre-douleur des critiques et du Web qui s’acharnent sur eux sans qu’on ne sache plus trop vraiment pourquoi.

N’en déplaise à ses détracteurs, le quatuor emmené par Chad Kroeger se porte très bien. Après les États-Unis, il est en tournée en Europe pour défendre son dernier album, «Feed The Machine», qui a été accueilli plutôt favorablement. Avant de faire escale le 13 juin à Genève, les Canadiens ont emballé leurs fans à l’O2 Arena de Londres avec un concert bien rodé et diablement efficace. Peu avant de monter sur scène, Mike Kroeger, bassiste de la formation et frère de Chad, s’est confié au «Matin» dans sa loge.

Mike, vous devez être soulagés d’être de retour sur scène. Il y a trois ans, votre frère se faisait opérer des cordes vocales.

Oui, on s’est arrêtés de travailler pendant un an. C’était terrifiant parce qu’on ne savait pas si Chad pourrait chanter de nouveau après l’opération. J’ai commencé à me demander ce que j’allais bien pouvoir faire de ma vie si je n’avais plus ce job. J’ai envisagé toutes sortes de choses dingues, comme de faire des études de droit pour devenir avocat ou être imprésario. Cette période a été très difficile pour moi donc je ne peux pas imaginer ce que mon frère a enduré. Chanter est sa raison d’être. Mais tout s’est bien passé et sa voix est plus puissante que jamais.

Qu’est-ce qui a inspiré «Feed The Machine»?<

Pendant l’enregistrement de cette chanson, il se passait pas mal de choses dans le monde. On a vu des gens dans différents pays se révolter contre leur gouvernement. Et en observant ce chaos, on a réalisé qu’un bon orateur sait dire les choses justes pour que les gens lui donnent le pouvoir. Mais aussi qu’on croit ce que cette personne nous raconte et qu’on met de côté notre scepticisme parce qu’on a désespérément envie de la croire. C’est de ça qu’il est question dans cette chanson.

Vous considérez-vous comme un groupe avec un message?

On a enregistré trop de chansons qui parlent de strip-teaseuses, d’alcool et de drogues pour être acceptés comme des commentateurs politiques. Il est difficile de chanter sur le fait de se faire tailler une pipe puis d’évoquer des problèmes géopolitiques! Personnellement, je ne suis pas intéressé par les chansons sur la fête, l’alcool et la drogue. J’ai écrit une bonne partie des textes de «Feed The Machine» et «Edge Of A Revolution» pour cette raison. Je pense à ces choses-là, mais Nickelback n’est pas connu pour ça et je ne m’attends pas à ce qu’il le soit.

Vous revenez avec du rock plus lourd dans votre dernier album. Pourquoi?

Nous nous sommes délibérément efforcés de faire un disque rock et de sonner comme un groupe rock parce que c’est comme ça que nous avons débuté. Certains ont dit que cet album est un retour aux sources. C’est l’objectif que nous nous étions fixé et je suis heureux que les gens l’aient entendu.

Avez-vous le sentiment de vous être un peu trop éloignés du rock au fil du temps?

Oui, je me demande si quand «How You Remind Me» est devenu un gros hit, nous ne sommes pas devenus un peu accros au succès pop. Mon frère est un très bon compositeur pop. Je pense qu’une fois qu’on comprend qu’on est doué pour ça, on a envie de toucher plus de gens avec ce type de chansons.

Comment vous expliquez-vous la haine dont le groupe est la cible depuis des années?

Nous ne sommes pas les premiers à nous retrouver dans cette situation. Lorsque ton groupe débute, tes fans pensent que tu es un secret et qu’ils sont les seuls à connaître ton existence. Tout le monde t’aime parce que tu es l’outsider. Et puis si tu as la chance d’avoir du succès, ces mêmes gens ne veulent plus entendre parler de toi parce que tu n’es plus un secret. Ils se sentent insultés parce que tu es partout et ont l’impression qu’on les force à t’écouter.

Avez-vous développé une carapace au fil du temps?

Lorsque des gens ont commencé à dire du mal de nous, cela nous a blessés. Et puis, au bout d’un moment, il est devenu clair que les gens ne pensaient plus par eux-mêmes et répétaient juste ce que d’autres disaient. Dans cette mentalité de troupeau, ce n’était plus tendance de nous aimer. C’était beaucoup plus branché de nous détester. À l’époque, on nous reprochait d’avoir vendu notre âme parce qu’on avait du succès. Et peut-être que certains avaient le sentiment que nous n’étions pas authentiques. Au fil du temps, on développe une carapace ou alors on devient juste réaliste.

C’est-à-dire?

Je me souviens qu’en grandissant, avant même que Chad et moi commencions à jouer ensemble, Bon Jovi était un groupe énorme. Tout le monde adorait et écoutait Bon Jovi. Et puis ils ont eu trop de succès au goût de certains. On n’aimait plus Bon Jovi, en fait ils étaient nuls. Et c’est ainsi que le meilleur groupe du monde est devenu cinq ans plus tard le plus terrible.

(Le Matin)

Créé: 13.06.2018, 07h17

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.