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Interview indiscrète Richard Orlinski: «Je suis un éternel insatisfait»

En 2004, il a tourné le dos à sa carrière dans l’immobilier pour se sculpter une place dans l’art contemporain.

«Je voulais bien réussir à l’école, j’avais l’esprit de compétition. Les grosses bêtises sont venues plus tard»

«Je voulais bien réussir à l’école, j’avais l’esprit de compétition. Les grosses bêtises sont venues plus tard» Image: Laurence Rasti

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En 2004, il a tourné le dos à sa carrière dans l’immobilier pour se sculpter une place dans l’art contemporain.

Petit, Richard Orlinski voulait soigner les animaux. Finalement, c’est l’inverse qui s’est produit, lorsqu’il s’est mis à sculpter des crocodiles et des «King Kong» dans des matériaux précieux et aux couleurs pop. Certaines de ses œuvres valent des millions d’euros et les stars adorent, comme Sharon Stone qui fait partie de ses clients. Le Français de 51 ans est heureux de ses succès obtenus dans le monde de l’art contemporain, lui qui n’a pas grandi dans un milieu privilégié.

Richard Orlinski, qui êtes-vous?

Je suis quelqu’un d’atypique, qui casse les codes. Pour moi, l’art est quelque chose d’universel et on peut faire des ponts entre toutes les formes d’art, mais à quelque part, cela dérange. Je suis pour le partage, pour le travail d’équipe, des valeurs qui ne sont pas forcément dans l’air du temps.

Votre tout premier souvenir?

À 4 ans, je suis tombé amoureux d’une fille, Lydie, et j’avais décidé de faire ma vie avec elle.

Étiez-vous un enfant sage?

Non, pas vraiment, mais je voulais bien réussir à l’école, j’avais l’esprit de compétition. Les grosses bêtises sont venues plus tard. Je me suis fait renvoyer de plusieurs lycées.

Dans l'enfance, qui fut votre plus grand choc?

La relation très compliquée avec mon père. Il y a eu beaucoup de violence et ensuite le divorce de mes parents. Cela a été douloureux.

Votre mère vous disait-elle «je t'aime»?

Oui, je pense, je n’en ai pas trop le souvenir. Elle était très présente et très proche. Moi, je le dis beaucoup à mes quatre enfants.

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

En vendant du muguet pour le 1er Mai. Cela marchait superbien. Avec mes amis, on allait sur les marchés, dans les restaurants, dans la rue.

Que vouliez-vous devenir?

Tout petit, je voulais être vétérinaire, ensuite footballeur. Le foot était une passion, pour moi. Et j’ai eu des envies artistiques. Dans le cinéma, la musique.

L'amour pour la première fois, c'était quand et avec qui?

J’avais environ 13 ans et c’est avec une fille de ma classe. C’est un épisode que je raconte d’ailleurs dans mon livre.

Pour vous, c'est quoi le vrai bonheur?

La liberté. De pouvoir faire ce que l’on a envie, d’avoir les moyens de le faire. C’est une forme de plénitude qui est extrêmement compliquée à obtenir.

Dans votre travail de sculpteur, à quel moment savez-vous que vous pouvez lâcher prise et que l'oeuvre est terminée?

Presque jamais, je pense à les modifier tout le temps. Je suis un perfectionniste et un éternel insatisfait.

Quelle est la plus belle de vos qualités?

Je n’ai que des défauts… (rires.) Je vais dire le partage et la générosité dans la vie de tous les jours. J’ai toujours plus de facilité à donner qu’à recevoir.

Est-ce facile de vous faire plaisir?

Non. Les gens pensent toujours qu’il faut des choses incroyables. Je me satisfais de choses très simples. J’interviens beaucoup dans les hôpitaux pour enfants en organisant des ateliers. Ces échanges avec ces petits sont beaux, et c’est mieux que n’importe quel cadeau pour moi.

Votre plus grand regret?

J’en ai eu, à propos du fait d’avoir perdu beaucoup de temps pour en arriver là. Et j’ai compris que tout cela avait été nécessaire pour que mon projet arrive à maturation et que je suis aussi prêt.

Avez-vous déjà volé?

Oui. Plus jeune, je n’avais pas beaucoup d’argent, mais je fréquentais des gens fortunés qui volaient des trucs pour s’amuser, pour l’adrénaline. C’était pour se donner un côté bad boy. Moi, je suivais un peu le mouvement.

Si vous aviez le permis de tuer quelqu'un, qui serait-ce?

Je ne pourrais pas tuer. (Silence.) Enfin si, je pourrais tuer les gens qui s’en prennent à des enfants. Je me bats aussi contre la violence humaine, qui est le contraire de la violence animale: les animaux tuent pour se nourrir et nous, on tue pour n’importe quoi.

Avez-vous payé pour l'amour?

Oui, vers 18-19 ans. Les relations tarifées ne m’ont jamais intéressé. Il n’y a pas de jeu de séduction. Il manque quelque chose.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Avec vous? Ou alors Jean d’Ormesson. Il a tellement de choses à dire! Ou Fabrice Luchini. J’aimerais bien les rencontrer.

Qui trouvez-vous sexy?

Les femmes. (Rires.) Vous voulez des noms? Je sais apprécier un ensemble de qualités, surtout physiques, des corps bien proportionnés.

Avez-vous déjà frôlé la mort?

Oui, j’ai eu un accident avec la voiture de mon père, sur le périphérique, à Paris. J’ai raté une sortie, et j’ai fait des tonneaux. Un lampadaire a coupé la voiture en deux. Physiquement, je n’ai rien eu, à part des contusions.

Croyez-vous en dieu?

Non.

Quel est votre pêché mignon?

Le caviar. Sans modération.

Trois livres, CD, ou DVD que vous emmenez sur une île déserte?

Pour la musique, de l’electro pop. Pour les films, des choses comiques, avec de Funès ou des policiers avec Lino Ventura. Dans les films récents, ce serait «Les Tuche», ou «Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu», qui m’ont fait rire.

Combien gagnez-vous par an?

Je ne sais pas, cela varie tout le temps. J’ai des sources de revenus tellement différentes!

Pensez-vous que vous gagnez assez par rapport au travail que vous fournissez?

Ce n’est jamais assez. (Rires.) L’argent est un moyen pour réaliser des projets. Plus on en a, plus on peut partager des choses.

Qui sont vos vrais amis?

Laurent Baffie en est un. Je peux l’appeler à n’importe quelle heure.

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Andy Warhol, si c’était possible.

Créé: 22.06.2017, 13h49

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