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Justice Rocancourt va porter plainte contre «Abus de faiblesse»

Christophe Rocancourt, «l'escroc des stars», va engager des poursuites pour atteinte à la vie privée contre le film «Abus de faiblesse» de la réalisatrice Catherine Breillat.

Image: Getty

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«Nous allons engager une action au fond contre ce film», a déclaré à l'AFP Maître Marcel Ceccaldi. «Christophe Rocancourt est un produit qui se vend, mais la question qui se pose est celle de la protection de l'image. C'est comme s'il était condamné à perpétuité à être le symbole de l'escroc. C'est une atteinte intolérable à ce qui constitue sa personne même».

L'action n'est pas un référé pour tenter de bloquer la sortie du film, en salles mercredi, a souligné l'avocat, pour qui «cette affaire mérite une action au fond». Il a estimé que le film violait clairement l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme qui protège «le droit au respect de la vie privée et familiale».

«Abus de faiblesse», que la réalisatrice présente comme une œuvre de fiction et non un «exutoire», fut d'abord un roman et aujourd'hui un film, avec Isabelle Huppert et le rappeur Kool Shen. Catherine Breillat y retrace sa rencontre en 2007 avec Christophe Rocancourt, qui a déjà purgé cinq ans de prison aux États-Unis pour avoir escroqué le tout-Hollywood sous divers pseudonymes.

La réalisatrice, victime d'un accident vasculaire cérébral deux ans plus tôt, lui propose un rôle dans un projet de film, «Bad Love», qu'elle doit tourner avec Naomi Campbell. Elle lui confie également l'écriture d'un scénario intitulé «La vie amoureuse de Christophe Rocancourt». A la signature de ce dernier contrat, elle lui remet 25 000 euros. Suivent, en l'espace d'un an et demi, douze autres chèques d'un montant total de 703 000 euros. Catherine Breillat a fini par l'accuser d'avoir profité de son état.

Christophe Rocancourt a été condamné en février 2012 à 16 mois de prison dont huit ferme, ainsi qu'à 578 000 euros de dommages et intérêts pour abus de faiblesse au préjudice de la réalisatrice.Me Ceccaldi a par ailleurs indiqué qu'il «étudiait la possibilité de saisir la commission de révision» à propos de la condamnation de son client, à la lumière de récentes déclarations de Mme Breillat à l'occasion de la sortie du film, «qui éclairent d'un jour nouveau ses poursuites, la nature de leur relation et le cadre dans lequel elle a été amenée à lui avancer ces sommes».

«Je n'ose pas dire que Mme Breillat n'a pas tout perdu (mais) ses relations avec Christophe Rocancourt lui auront permis d'écrire un livre et de faire un film», a dit l'avocat.

(afp/Le Matin)

Créé: 11.02.2014, 17h20

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