Dimanche 17 février 2019 | Dernière mise à jour 23:26

Interview Sofia Essaïdi: «J'aimerais vivre à Genève»

La très belle chanteuse, danseuse et comédienne franco-marocaine est à Palexpo aujourd’hui, en vedette à Expo Juniors.

«Je fais un métier qui fait souffrir, dans lequel on ne vous comprend pas forcément.»

«Je fais un métier qui fait souffrir, dans lequel on ne vous comprend pas forcément.» Image: Visual Press Agency

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

On a découvert ses talents de chanteuse et de danseuse à la «Star Ac» en 2003 et notamment sa prestation glamour sur «Roxanne» de Police. Celle qui fut «Cléopâtre» dans la comédie musicale éponyme, candidate à «Danse avec les Stars» en 2011, juste derrière Matt Pokora, trace son chemin entre télé et cinéma. Elle s’est confiée avant sa visite à Genève, aujourd’hui à 18 h, à Expo Juniors.

Sofia Essaïdi, qui êtes-vous?

J’essaie de vivre mes rêves et ma passion: chanter, danser et jouer la comédie. Je m’étais fait la promesse de tout faire pour y arriver. J’y suis.

Votre premier souvenir?

Des souvenirs heureux en famille. J’ai eu la chance de grandir au Maroc, entourée et aimée. Nous vivions à Casablanca dans une belle villa avec un jardin, un chien qui courait. Maman m’emmenait à l’école et venait me chercher. Je mesure la chance que j’ai eue. J’y songe souvent avec un brin de nostalgie.

Etiez-vous une enfant sage?

Oui. Avec mes petits moments de rébellion. J’ai deux grands frères, il fallait que je m’impose. Nous avions un contrat avec mes parents: si j’avais de bonnes notes, je pouvais chanter et danser et comme je voulais cela plus que tout, je me suis forcément retrouvée bonne élève.

De quoi aviez-vous peur?

J’ai toujours eu une peur immense de perdre ma famille et ça continue. C’était presque maladif. Je pouvais passer des heures dans mon lit à imaginer le pire.

Dans l’enfance, quel fut votre plus grand choc?

Mon bac scientifique que je n’ai obtenu qu’avec la mention «assez bien». C’est l’un des plus gros échecs de ma vie. J’ai raté la mention bien de très peu. J’ai passé la soirée à pleurer alors que mes amis rigolaient en boîte. On s’est beaucoup moqué de moi. Je l’ai vécu comme une souffrance réelle.

D’où vient ce côté perfectionniste?

De mes parents et ma première prof de danse, Latifah Hajjaj. J’avais des cloques, je saignais, je pleurais et elle me disait: «Tu continues. Je ne veux pas le savoir!» J’ai compris plus tard. Elle m’avait enseigné la rigueur. Grâce à ça, j’ai appris à repousser mes limites.

Que font vos parents?

Mon papa est commandant de bord et ma maman est hôtesse de l’air. Elle a arrêté de travailler à la naissance de mon grand frère. Mon père nous associait à ses voyages. Nous sommes allés très loin avec lui.

Comment avez-vous gagné votre premier argent?

Je chantais dans une petite troupe amateur au Maroc. Un jour, pour la Bar Mitzvah du fils d’un ami, j’ai interprété trois chansons. J’ai gagné 1000 dirhams, soit 100 euros. C’était énorme à 17 ans. J’étais si fière.

Que vouliez-vous devenir?

Danseuse à 12 ans. La musique, c’est venu plus tard. J’étais très timide, je chantais dans mon coin. J’ai attendu l’âge de 15 ans pour trouver le courage de prendre des cours. Après ce fut une passion dévorante. Le goût du cinéma, c’est familial. Au Maroc, les films arrivaient 2 ou 3 mois après la France. On profitait des voyages de mon père qui se rendait au Canada ou à New York pour aller tout voir sur place.

L’amour pour la première fois. C’était quand et avec qui?

J’ai connu des amourettes pour avoir le cœur qui bat, mais je me suis toujours protégée. J’attendais mon histoire. Je savais qu’il n’y en aurait qu’une. C’est arrivé il y a quelques années. J’ai rencontré mon chéri et je suis heureuse. Récemment, je lui ai dit: «La vie doit être si douce à Genève, pourquoi pas ne pas y vivre un jour.»

Avez-vous déjà volé?

Des bonbons, au Maroc. Je l’ai avoué à ma mère en sortant du magasin. Il y avait un poste de police à côté et elle m’a dit: «On va aller voir police pour les rendre.» Elle m’a fait si peur que je n’ai jamais récidivé.

Avez-vous déjà tué?

Non, mais on m’a tuée, en me tirant dessus dans un film. Moi, j’aimerais éradiquer l’injustice.

Avez-vous été victime de racisme?

Très peu. Lorsque j’ai fait la «Star Ac», j’ai reçu une ou deux lettres très racistes. Je n’ai pas voulu en faire une généralité. Je ne me suis rendu compte de cette réalité-là qu’en tournant «Aïcha» (ndlr de Yamina Benguigui, sur France 2). J’ai grandi dans la mixité au Maroc avec des Français, des Juifs, des Arabes, main dans la main. Plus tard, je suis tombée des nues en découvrant certaines choses en France.

Déjà payé pour l’amour?

Non. (Rires.) J’ai peut-être payé de ma personne pour que l’amour arrive là où j’avais envie qu’il arrive.

Avec qui aimeriez-vous passer une agréable soirée?

Cléopâtre! J’ai étudié son histoire avant de l’incarner pour la comédie musicale «Cléopâtre, la dernière reine d’Egypte» (ndlr 2009). Je rêverais de la connaître afin de démêler le vrai du faux.

Qui trouvez-vous sexy?

Mon chéri. Il est méditerranéen, grand, brun. Magnifique. Bref, sexy.

Pourquoi avez-vous pleuré la dernière fois?

Je vis dans l’émotion. Je pleure tout le temps pour des choses graves ou, comme parfois devant la télé, lorsque l’humain aide l’humain. Ces émissions dans lesquels permet à des gens de retrouver une maison.

De quoi souffrez-vous?

Je fais un métier qui fait souffrir, dans lequel on ne vous comprend pas forcément. Mais tout est relatif. Il m’apporte aussi des moments de bonheur incommensurables.

Qui est votre modèle dans la chanson française?

Francis Cabrel. J’adore cet homme, son art et sa discrétion. Dans quelques années, je me verrais bien prendre, comme lui, de la distance par rapport à ce métier.

Avez-vous frôlé la mort?

J’ai failli me noyer. Mon père, en héros, s’est jeté dans la piscine et m’a rattrapé par les cheveux deux secondes avant que je ne perde la vie. Je devais avoir 2 ou 3 ans.

Croyez-vous en Dieu?

Je crois en quelque chose. Je ne veux pas me dire que nous sommes seuls. Ce serait trop douloureux. La religion me fait très peur. Je n’aime pas ce que l’homme en a fait.

Votre péché mignon?

J’ai juré d’être un cordon-bleu d’ici quelques années. Là, je suis à Cabourg (ndlr lundi dernier) et je veux découvrir les bonnes tables. J’aime manger!

Trois objets culturels à emmener sur une île déserte?

Le film «Moulin Rouge», un disque de jazz de Jamie Cullum ou Diana Krall, la musique qui me fait vibrer. Un livre d’Amélie Nothomb ou Beigbeder. Sinon, un ouvrage de philosophie. J’ai lu Confucius récemment.

Combien gagnez-vous?

Les années ne se ressemblent pas, mais 2014 aura bon goût. J’ai enfin le courage de ne faire que ce que j’aime. Je parle de la musique. Je veux sortir du carcan dans lequel je me sens enfermée. C’est une liberté que j’ai enfin le courage de prendre.

Qui sont vos vrais amis?

Mes proches, mes amis d’enfance. Je ne me suis pas rapprochée des gens du métier. L’amitié a un sens et dans ce métier on en perd souvent le sens.

Que souhaitez-vous à vos pires ennemis?

Je n’en ai pas beaucoup. Je ne suis ni envieuse ni revancharde. Je ne leur souhaite rien de trop mauvais.

Ronflez-vous la nuit?

Non. Mais jusqu’à quand?

Qui aimeriez-vous voir répondre à ce questionnaire?

Vous! Je ne vous connais pas, mais vous m’êtes sympathique. J’adorerais en savoir plus sur votre vie. (Le Matin)

Créé: 28.03.2014, 07h15

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.