Vendredi 14 décembre 2018 | Dernière mise à jour 09:46

Nouvelle vie Sonia Grimm: «L'année 2019 sera celle de la liberté»

L'artiste romande revient dès le 8 décembre avec le spectacle «Noël 2.0», quelques mois après la parution de son livre choc.

Sonia Grimm, «Noël 2.0».
Le 8 décembre 2018, Cort’Agora, Cortaillod (NE);
le 9 décembre, Recto Verso, Grône (VS);
les 15 et 16 décembre, Théâtre du Léman, Genève;
le 22 décembre, Auditorium Stravinski, Montreux;
le 23 décembre, CO2, Bulle (FR).
Infos et billetterie: www.sonia-grimm.com

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The show must go on. Sonia Grimm n'en finit pas d'être envoyée au tribunal par son ex-mari depuis la parution, en avril dernier, de son livre «Insoumises», où elle raconte les violences psychologiques, physiques et sexuelles qu'il lui faisait subir. Si elle est désormais au devant de la scène pour défendre la cause des femmes, la chanteuse retrouve enfin sa scène: celle des artistes.

Dès le 8 décembre, pour 11 représentations, Sonia Grimm propose le spectacle tous publics «Noël 2.0». Avec deux nouveautés: elle n'est plus accompagnée d'enfants et elle se produit devant un grand écran LED, avant de vivre une année 2019 qu'elle annonce comme «celle de la liberté». Rencontre dans la région de Nyon autour d'un café.

Où en êtes-vous dans vos procédures judiciaires?

J'ai gagné au tribunal cet été. Mais il (ndlr.: son ex-mari) a reposé la même plainte pour demander le retrait du livre et son interdiction. Il a aussi déposé une plainte pour diffamation et calomnie. Mais on n'a pas de nouvelles depuis.

Ça semble sans fin...

Il est condamné aux dépens et il ne paie pas. À mon avis, s'il n'arrête pas de porter plainte, c'est pour que j'aie encore et encore des frais d'avocat. C'est une façon d'essayer de me mettre la tête sous l'eau. Je ne suis pas loin de 100 000 francs de frais pour me défendre uniquement. Mais je me dis qu'au bout d'un moment il va se rendre compte que c'est peine perdue. Je suis très confiante.

Vous revenez avec «Noël 2.0». Ce spectacle aurait aussi pu s’appeler «Sonia Grimm 2.0».

C'est vrai, car c'est une page qui se tourne pour moi. Je vais recevoir les papiers du divorce ces prochains jours et je ne vois pas ce qu'il pourra faire après. L'année 2019 sera celle de la liberté. (Rires.)

Pourquoi avoir voulu arrêter les spectacles pour les tout petits?

C'est quand j'ai commencé à écrire des chansons que j'ai réfléchi à qui elles s'adressaient. Et je me suis rendu compte qu'elles ne s'adressent plus seulement aux tout petits. Avant, j'écrivais pour mes enfants. Mais ils ont grandi (ndlr.: ils ont 17 et 19 ans) et j'ai grandi, mon univers a changé.

Sur scène, vous n'êtes plus accompagnée d'enfants. C'est plus facile?

Disons que c'est plus abouti. Cela fait sept, huit ans que j'avais envie de faire un spectacle avec des illustrations sur un écran LED. Mais c'était hors de prix. Aujourd'hui, c'est abordable. Dans «Noël 2.0», il y a des images figuratives et des chansons avec des danseurs.

De quoi parle le spectacle?

Il dit beaucoup de choses sur tout ce dont j'ai vécu, qu'il faut toujours suivre ses rêves et que tout passe, même les pires moments. J'explique aussi que c'est génial d'avoir un écran géant: on peut tout faire apparaître, mais ce n'est pas ça la vraie vie. Il manque le touché, l'interaction. Une tablette ne remplacera jamais les vrais moments.

Vous sortez les grands moyens. La Suisse romande est-elle un marché suffisamment grand pour que vous rentabilisiez votre investissement?

Je fais beaucoup de choses moi-même: les vidéos, les chorégraphies, la mise en scène, la préparation des costumes et des choristes.

Depuis que vous avez révélé votre histoire dans votre livre, est-ce que vos fans vous regardent autrement?

J'ai l'impression qu'ils écoutent davantage les paroles de mes chansons. Elles ont un sens, des textes, et ils ne les écoutaient pas! C'était extrêmement frustrant. J'ai vécu des choses difficiles mais je n'écris pas des choses tristes. Au contraire: j'écris des choses positives pour donner du courage. Quand on ne va pas bien, on a besoin de trouver ce qui nous donne la niaque.

Qu'est-ce qui vous la donne à vous la niaque?

C'est ce spectacle. Je me sens comme enveloppée par les artistes qui sont avec moi sur scène. Avant, j'étais toujours inquiète pour les enfants: celui-ci a peur, celui-là ne sait pas où se mettre, celui-là encore a besoin de faire pipi. C'était beaucoup d'angoisse.

Au printemps 2019, reviendrez-vous comme d'habitude avec un nouveau spectacle?

Je ne sais pas, j'ai envie de laisser 2019 ouvert. Mon livre est sorti en France et il est en cours de traduction pour l'Allemagne. Je me rends compte de tout le bien que je fais en parlant de mon histoire. De plus en plus ça ressemble à une vie que j'avais avant et que je n'ai plu, je suis moins dans l'émotion.

Vous vous sentez investie d'une mission?

Oui. Qui va le faire si je ne le fais pas? De nombreuses femmes et même d'hommes m'ont dit qu'il fallait en parler et d'en faire plus. J'aimerais sensibiliser les jeunes dans les écoles au respect de soi, qu'ils apprennent à se défendre pour ne pas se faire avoir plus tard. Quand on se respecte soi-même on se sent beaucoup mieux.

Votre livre aura-t-il une suite?

J'y pense, oui. Quand on est parti, ce n'est pas fini. Moi, je vis le harcèlement judiciaire. J'aimerais expliquer aux gens ce que je fais concrètement pour m'en sortir, leur dire comment trouver la force. (Le Matin)

Créé: 05.12.2018, 10h44

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